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La nuit souvent je dors
Dans mon lit souvent je dors,
Mais quand je ne rêve pas
Je repense à ces trésors
Cachés sous mes falbalas.Mon vieux pilou pelucheux
Protège ce corps jeté
Dans un esprit curieux
Au creux de mon cher passé.J’espère encore un chaland
Au futur antérieur
Quand nous aurons pris le temps
D’un instant de pur bonheur.Installons un baldaquin,
Un merveilleux ciel de lit
Où perdre nos regards coquins
Après les joies de la nuit.Alors on frappe à ma porte :
C’est le livreur de Bo-Bun
À qui d’une voix accorte
Je dis : « Fly me to the moon » ! -
Diogène et moi
De son tonneau Diogène avait cherché un homme.
Moi, la femme, j’aurais aimé qu’il fût un baume
à mon désir, cet homme, le doux gentil en somme,
pelotant notre amour en un beau jeu de paume.Parfois j’ai rencontré en sautant une haie
sur ma route au hasard un peu d’humanité
qui procura chez moi ce vain traité de paix
trop vite rejeté par manque d’équité.Ô ils n’ont pas manqué toutes ces bonnes pâtes
de me faire la cour, reluquer mes appas
comme ce gros toutou qui dans son bol d’eau lape.À Paris, au musette où danser rue de Lappe
croiserons nos égos avant notre trépas
pour un dernier tango — à moins que tu t’en tapes ! -
Il n’a pas inventé la poudre
Il n’a pas inventé la poudre
Ni même la bombe atomique :
Une ignorance pathétique,
De guerre ce n’est pas un foudre !Il ne pollue pas la planète,
Respecte la couche d’ozone
Et de la flore et de la faune
Il en conçoit comme une Mecque !Le réchauffement climatique
Ne lui doit rien assurément
Son pouvoir d’achat et l’argent
De tout cela il ne se pique !Mon chat serait-il un peu bête ?
Dans quelle galaxie vit-il ?
Jamais ne se fait de la bile,
Que se passe-t-il dans sa tête ? -
L’homme est un loup pour l’homme
L’homme est un loup pour l’homme et je sais des barzoïs
attendant de ma part qu’on sonne l’hallali
afin de l’égorger dans sanglante partie
où l’effluve se mêle à mon eau de monoï.Quel fier lévrier russe et digne du Bolchoï
poursuivant l’Ysengrin dont l’étoile pâlit
devant ces canidés avant toute ordalie
chantée par le trouvère en belle langue d’oïl !Ô toi le loup trop lourd qui toujours nous rabaisse,
attention à mes chiens quand détachant leur laisse
je libère l’ardeur vers quoi tend leur duo.Je veux de l’amour fou, pas d’ersatz romantique,
car le féminicide — aux dires du bourreau —
ne serait que le fruit d’un amour pathétique ! -
Sonnet du sansonnet
Le ciel s’emplit soudain d’un étrange froufrou :
L’étourneau sansonnet, virtuose en parade
Imite les accords d’une cloche malade
Et jette à ce vent d’août ses refrains de quat’ sous.La voix en son gosier de bel imitateur
Tantôt grave et profonde, ou bien vive en cascade
Fait écho au passé d’une plainte en ballade
Qui devient, sans sonnet, promesse de bonheur.Moi, pauvre rimailleuse exprimant sa détresse
Je rêve du velours de rimes en souplesse
Que l’art accorderait à toute strophe inquiète,Car lui, le sansonnet réinvente un sonnet
Et de son bec jaillit la musique concrète
Quand moi je la trahis – roupie de sansonnet ! -
Au pays des hommes nus
C’est au pays des hommes nus
Que maints Apollons callipyges
De leur séant faisaient la pige.
On n’y était jamais déçu !J’avais descendu l’Amazone
Sur la pirogue balancière,
Moi, l’orpailleuse braconnière
Enivrée de milliers d’arômes.De ces Adams au Paradis
Je vis entre les frondaisons
Nombre de bijoux polissons
Qui me mirent en appétit.J’accostai sur la rive ô gué !
Et sortant mon harmonica
Je déclenchai une bronca,
Ma bouche rêvant de baisers.Monde superbement divin,
Romantique, passionné
Sans qu’aucune naïveté
Jetât son voile puritain.Nos ébats firent des émules
Et bientôt la forêt bruissa
De mille cris de cette ola
Qu’un sort puissant, en joie, stimule.L’or m’attendait un peu plus loin.
Je dus quitter ce doux pays
Où les cent hommes m’ont bénie.
Cela, vous en êtes témoins.Il paraît que ces hommes nus
Vivent toujours nus, mais parés
De pépites d’or en collier,
Cet or qui leur fut dévolu.On dit que la belle orpailleuse
Qui s’arrêtait le long du fleuve
Y honorait avant qu’il pleuve
Ces myrmidons cherchant la gueuse. -
Je suis une harpie
Je suis une harpie enfermée dans la cage
qui lui sert de prison à la vue du regard
des benêts de l’enfer se pensant de passage
alors qu’ils sont cloués sur leur vie de hasard.Une sorcière en moi un peu anthropophage
se repaît al dente d’une âme à manger tard
par un tour de magie, dont le triste apanage
demeure vers minuit le foutraque bazar.Sans qu’on me le concède une goule pas sage
sommeille dans ma tête et je vous prie de croire
qu’en suçant votre sang avec toute sa rage
elle aura de vos corps l’héritage des hoirs.Pourtant si je pouvais enfin tourner la page
à Brocéliande, calmer mon désespoir
dans les bras de Merluche, un enchanteur hors d’âge
entouré de ses fées chatoyantes en moire. -
Mon idéal
Je veux de l’idéal retrouver l’harmonie
dans la sphère céleste où file mon étoile
qui éclaire mon âme au cœur de cette nuit
vers l’ailleurs de l’esprit quand le corps met les voiles.Une folle équipée projette sur la toile
le désir sensuel pour qui aime la vie
d’un film au ralenti faisant dresser les poils,
l’émotion palpable au soir des ressentis.Malgré le temps qui passe en cette année bénie,
je m’enchante un instant, transi jusqu’à la moelle,
du bonheur absolu sublimant mes envies.Tu vois que malgré tout en spectateurs ravis
de notre impéritie à attiser le poêle
nous nous réchaufferons sous notre ciel de lit. -
De l’amour
L’amour est ainsi fait qu’on en demande encore,
ce qui n’est pas le cas de la mort et pour cause !
J’ai connu des amants qui se donnaient la mort,
mais jamais des défunts voyant la vie en rose.Les danses macabres n’ont plus cours aujourd’hui
ni les karaokés dans tous les mausolées,
car tous les bals perdus préféreraient la vie
même dans les EHPAD aux rythmes syncopés.Alors me direz-vous, quid des petits bisous
au fin fond de la Creuse qui n’aspire qu’à rejoindre
la Seine sans façon et son cœur d’amadou ?J’en conclus in fine par un appel aux feux
de l’amour du prochain où l’on sent toujours poindre
des bribes de folie malgré la mort en creux ! -
Le tatou au bois du loup
C’est un tatou au bois du loup
qui vivait sans aucun tabou
quand il entraînait au taillis
une qu’acceptait la saillie.Ce mammifère placentaire
se rengorgeait tellement fier
d’une Amérique tropicale,
lui, le fossile aux mille écailles.J’avoue que mon ami tatou
de goût ne commet pas de faute
lorsqu’il se roule dans la boue.Moi qui arbore mes tattoos
dont mes avant-bras sont les hôtes,
je veux danser comme un Papou ![mes-vues]
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Suicide en direct
Je marche dans la vie comme on marche la nuit.
Un maigre réverbère éclaire mon ennui
et la brume d’hiver hante mon insomnie
lors que mes pleurs brûlants submergent la minuit.La corde pour me pendre, elle attend au salon
devant un pauvre rhum arrangé sans-façon
et j’écoute, égaré, le vieux bandonéon
qui expire, asthmatique, un air de baryton.Que c’est triste à mourir ce flot de nostalgie
à tordre la tripe d’une mélancolie
dont un vain ressenti affuble ses envies.J’escalade et je pousse un petit tabouret
gigotant dans le vide accroché à l’étai
et je le sens déjà, mon squelette qui brait. -
Au marché de Noël
Au marché de Noël j’ai compris que l’amour,
entre ces beaux sapins enneigés de paillettes,
m’attendait à l’échoppe où un décor de fête
arrosée de vin chaud célébrerait ce jour.Et comme chaque année tu paraîtrais encore
au milieu des flonflons, du parfum de cannelle,
toi mon fantôme aimé qui te ferais la belle
le vingt-cinq au matin d’une nuit d’hellébore.Tu m’étais revenu au terme de l’Avent
pour repartir trop vite avant la Saint-Sylvestre,
mais du rêve enchanté, j’en aurais pour longtemps.Un air d’accordéon m’entêtait sans détour
et l’odeur de ton corps se mêlant à l’orchestre
nous entraînait au feu d’un hivernal retour. -
La rose de Noël
La rose de Noël scellera son destin,
elle qui n’eut jamais un soupçon de parfum
dans notre galaxie élaborant la fin
d’une tendre hellébore au froid dans le jardin.Le soleil, nous dit-on, avalera la Terre
de son feu infernal pour un festin de pierre
après avoir tout bu ce qu’il restait de mer
avant de suicider le système solaire.Dans mon vaisseau spatial au gré de la fortune,
je guette ce traîneau qui passe sur la lune
vide de toute idée, n’en cherchant trouducune.Un zombie rouge et blanc, tiré par des squelettes
de rennes foudroyés, mais toujours à la fête,
me fait un doigt d’honneur qui enchante ma tête. -
Noël à Prague
Je ne t’ai pas trop cru quand tu m’as dit : je t’aime !
Pourtant à Varsovie, ou bien peut-être à Prague,
comme nous en Bohème, tu m’y offris la bague,
déclaration d’amour devant un café crème.La ville aux mille tours et aux mille clochers
résonne pour nous deux en ce soir de Noël
quand un parfum d’encens à ton odeur se mêle
au risque d’une église en son miserere.Bras dessus, bras dessous, piétons sur le pont Charles,
lumières reflétées sur ton eau, Vitava !
un baroque désir fait alors que tu parlesplus tard dans cet hôtel, de mettre à l’unisson
la fête des enfants au cœur de notre ébat
pour l’étreinte propice au tendre nourrisson. -
Un Noël idéal
Le Noël idéal, c’est Noël sans Noël,
Le Noël idéal, c’est Noël sans la crèche,
La crèche sans Jésus, et Jésus sans son prêche,
Le sapin dénudé, la fin de Jingle Bells !Le Noël idéal, c’est sans les magasins,
Les vitrines tristes qui ne consomment pas
L’énergie qui nous pompe au soir d’un bon repas !
Occultez la lumière et le rite ambrosien !La magie de Noël ou l’esprit de Noël,
Ils s’en foutent, pas vrai ? Ils ne croient plus en rien,
Mais leur opium à eux reste aussi irréel !Ils se vouent à l’enfer, l’industrie culturelle !
Moi, pour un nous, je garde un réveillon païen :
Un Noël sans Noël ne serait plus Noël !
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Dinde et chapon farcis
C’était en décembre, le vingt-quatre je crois :
la dinde était farcie et la mamie aussi ;
prostate du chapon a redonné l’envie
aux grands-parents tout nus devant leur feu de bois.Ils ont deux heures à perdre avant que les enfants
débarquent. Quant à eux, leurs jouets bien rodés,
en toute impunité ils peuvent s’adonner
au plaisir de l’amour sous le sapin qui sent.Bonne-maman ce jour s’étonne, mais n’oppose
aucune résistance en se félicitant
de la contraception que vaut la ménopause.Sainte nuit ! risque aucun que Marie pas niquée
découvre deux Jésus ; ni que les vieux amants
y voient l’Évangile d’anciens culs paniqués ! -
Stances de Noël

La météo n’a pas menti :
il neigera bien sur Paris.
Mon feu de bois déjà crépite,
le beau sapin est saprophyte
et les chants de Noël résonnent
de YouTube sur le smartphone !Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.La dinde et ses marrons mijotent ;
j’envoie les soucis aux pelotes ;
il faudra que tout soit parfait ;
une bûche glacée au frais
et notre amour renouvelé
dès le matin par nos baisers.Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Il a accusé réception
de notre lettre où sans façon
nous lui avons recommandé
de remplir nos petits souliers
sans oublier les chocolats
pour égayer notre repas.Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Le foie gras d’oie et de canard
que nous dégusterons pénard
avec les huîtres et le saumon,
les Saints-Jacques venant du Mont.
Le champagne coulant à flot
explosera nos caberlots.Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Ne t’inquiète pas mon aimée.
Les dividendes cette année
sont conséquents et lors sereins,
nous emprunterons dès demain
les pistes de Haute-Savoie
dans la poudreuse et dans la joie.Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Nous pousserons jusqu’à Genève
chez ce banquier portant nos rêves
vérifier que le coffre fort
ne fera pas l’envie à tort
aux pauvres qui complaisamment
se vautrent dans le dénuement !Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Je n’ai pas l’âme d’un berger.
Si les brebis sont fatiguées,
je leur conseille quelques brasses
dans la piscine qui décrasse
– piscine privée et couverte –
où retrouver un corps alerte !Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Refaisons l’amour, mon amour !
Dépouillons-nous de nos atours,
ça ne coûte rien et les pauvres
vivant à Paris ou Hanovre
peuvent prétendre à un orgasme
s’ils veulent sortir du marasme.Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Tu crois que fatigue et tracas
oblitèrent les fins de mois
et entament la libido ?
Je reconnais que c’est ballot
et je les plains de tout mon cœur,
ces pauvres, rétifs au bonheur !Pourtant il manque quelque chose,
mais je ne saurais dire quoi.Les derniers seront les premiers
et les plus pauvres, bons derniers,
découvriront que les enfers
rétabliront l’égalité.
En attendant, nous on s’empiffre
au son du hautbois et des fifres !Ah bon… il manquait quelque chose ?
Moi, je ne saurais dire quoi ! -
Tintin aimait Milou
Tintin aimait Milou qui lui ne l’aimait pas.
Le drame est racinien, la folie meurtrière,
car je l’ai vu sombrer, le petit reporter.
Mais revenons au fait et narrons pas à pas.Le chien kiffait l’alcool, le capitaine Haddock
comme la tomate s’acoquine à la farce ;
Dupond fourrant Dupont au meilleur de leurs farces ;
le cidre pétillant dans le creux de sa moque.Tintin tua Milou par une nuit sans lune
et il se suicida d’un coup de Trafalgar.
Lors, moi je reste seule à pleurer pour des prunes.Je vivrai recluse sans amis, sans amours,
Ressentirai-je un jour, ici ou quelque-part,
Le salto de ma vie, l’ivoire de ma tour ? -
De-ci de-là
J’allais de-ci de-là au gré de ma folie
embouchant la trompette éclatante et rebelle,
car il était écrit que seule l’utopie
transporterait mon âme en faisant la part belleà ce chemin boueux qui engluait mes pas
et crottait les souliers que j’avais achetés
en solde sur le tard afin que l’on n’ait pas
du bébé l’eau du bain, une vie à jeter.Alors ce qu’il advint et vous le devinez
éclata au grand jour pour mon plus grand malheur
devant l’aréopage où mon cœur ravinése délocalisait vers un pays d’accueil
dont je garde l’adresse en mon for intérieur
faute de le nommer et d’éviter l’écueil. -
Serpente le ruisseau
Serpente le ruisseau entre deux rangées d’arbres
d’un bois pétrifié qui ressemble à du marbre
comme si un désert en sa douce oasis
rafraîchissait le feu d’éléphantiasis !Il fait beau ce matin sur les quais de la Seine
et de la Tour d’Argent, je domine la scène
où j’irai me baigner après le déjeuner
en regrettant un peu les superbes palmiers.Un chameau ne dit mot en attendant les flots
de touristes badins qui montent sur son dos
et dont le souvenir m’arrache tant de larmes.De retour à Paris j’envisage déjà
de boire un lait de chèvre au souk frais de Djerba
avec quelques dattes pour déposer les armes ! -
Dans la chaleur de l’amour
Oui, toute la journée il avait fait grand frais ;
si glaciale la nuit quand je me réveillai.
La lune et la gelée irradiaient le jardin ;
le givre couvrirait les vitres au matin.Le chat me rejoignit sur le tard sous les draps
me gratifiant déjà de ses tours d’apparat
comme seul un félin déploie ses sortilèges
en toutes les saisons, qu’il pleuve, vente ou neige.Un feu triste dans la cheminée se mourrait
et, malgré ma robe de chambre, je pelais
de froid au risque, certes, je le sentais bien
de rejoindre la mort qui rôdait dans le coin.Comme je souhaitais revivre le printemps
quand le corps se délie et que d’un cœur battant
une sève nouvelle a pénètré le bas,
mais aussi par le haut au hasard des frimas !Le corbeau, imprégné dès sa sortie de l’œuf,
de ses pattes menues calligraphiait de neuf
sur la terre blanchie ses rêveries d’oiseau
et moi je commençais à jouer des appeaux.L’armée des ombres fuit aux premières lueurs
D’une aube dissipant des ténèbres la peur ;
et alors en mon être une voix s’éleva
afin de lui donner, au poème, le la.La brouette grinçait en rapportant le bois
qui sécha tout l’été au gré fou du noroît
dessous son appentis et, qu’aujourd’hui enfin,
des braises bienvenues voueraient à son destin.C’est un ange qui passe et lors je me demande
si le côté obscur de ma vie se débande
au profit d’une joie qui glorifie mes sens
et surjoue en mon for poétique naissance.Je marche sur les mains et d’un salto arrière,
lâche prise en mon douar, cette intime clairière
où je peux folâtrer à l’abri des regards
en attendant l’amour que j’espère gaillard !Je veux le vent qui souffle, toujours, encor’ plus fort,
qu’il assène la pluie aux cris des mandragores !
Je veux de la tempête et geindre de plaisir
bien au chaud dans tes bras retrouvés où gésir. -
En ce jour lumineux
En ce jour lumineux je parcours en rêvant
cette carte du tendre où je me perds souvent
avec mon amoureux aux petits soins pour moi
sans pour autant qu’il croît maîtriser mon émoi.Quelques bourgeons épars annoncent le printemps
et je me vois déjà courir comme une enfant
poursuivie par l’amour qui me tendrait les bras
en riant à l’avance au lin de nos beaux draps.Qu’il fait bon ce matin chanter l’alléluia
des corps se réveillant au terme des frimas
quand le jardin prépare un bouquet de parfums.Nous oublierons un temps les guerres à venir
afin de libérer ces mille et un plaisirs
dont la douce inconstance offrira le festin.