Recueil – Diane : collection bleue 2025

  • Entre vignes et rosiers

     

    Entre vignes et rosiers

     

    Dans la vague émeraude qui s’étend dans le soir
    délivrée des émois qui importunent mon âme
    entre vignes et rosiers , je me noie du regard

    Nous avons allumé le premier feu de l’année
    face à la cheminée , ensemble nous regardons
    la flamme qui danse, encore un peu désordonnée

    La dernière pivoine qui pleurait au jardin,
    dépouillée de ses pétales tristes et froissés
    le coeur brûlé , vaincue, en a perdu son satin

    Sur mon épaule, à quoi penses-tu , tête posée,
    suivant de tes yeux embués, cils un peu humides
    les nuages qui lentement s’enfuient de l’été

    Ta main cherche la mienne, l’appelant au secours,
    l’assurance revient, tu la portes à ta bouche
    je voudrais, là, à cet instant, l’y garder toujours

    Demain le sais- tu, sera un matin rayonnant
    j’enfilerai ma robe de fine toile blanche
    et nous partirons rire et musarder dans les champs

    Puis comme souvent, je m’accrocherai à ton bras,
    tu me diras : regarde, regarde le soleil,
    il marche sur la colline, et nous attend, là-bas….

    Pages : 1 2

  • Etreintes

     

    Les étreintes du coeur
    Sont les plaintes des corps
    Qui ont peur du malheur
    A l’idée de la mort
    Crainte trop tôt atteinte 
    Les tourbillons d étreintes 
    De sens et d’indécences 
    Sont nos gorgées d’absinthe 
    Elles ont l’incandescence 
    De demeurer en soi
    Tempêtes et orages 
    N’éteindront pas le feu 
    Posons là nos bagages 
    Laissons là nos adieux 
    Dans tes bras fais moi loi …
  • My darling Clémentine

    Je la hais, oui je la honnis,
    j’exècre son anatomie

     Je la plains, pire j’l’a méprise
    cette prude et fausse Héloise

    j’la claque, la mords, et puis la griffe,
    j y flanquerais même un coup de canif 

    à cette vieille peau ridée
    qui s’prend encor pour un’ beaute

    qui drague sec comme une malade
    tous les petits jeunots en rade

    et même aussi les pauvres vieux
    à qui elle fait les doux yeux

    les éblouit de sa culture
    et se fait payer en nature

    ils tombent tous dans ses filets
    tellement ils sont gros benêts

    Je la hais, oui je la honnis
    J’exècre son anatomie

    J’la pouss’rais bien en la rivière
    mais elle s’rait foutue la mémère

    d’appeler un de ses amants
    collé à elle comm’ un aimant’

    qui plongerait pour la sauver
    même s’il ne sait pas nager

    c’est ell’ qui l’ ramènerait à terre
    mouillé et tout nu comme un ver

    com’ dans la chanson de Montand
    Il pense qu’il a toujours seize ans

    jouant les amours enfantines
    pour les beaux yeux d’une Clémentine 

    qui finira par se lasser
    et c’est sûr se fera doubler

    par plus jolie et plus sexy
    c’est moi qui vous le garantis

    j’la dénonc’rai à son mari
    Je la hais oui je la honnis

    J’exècre son anatomie

    Pourquoi penser que je m’énerve
    et que je sors de ma réserve?

    oh c’est pas de la jalousie
    les jeunes ? C’est pas mon ambroisie

    mais ça me fait grande douleur
    de les voir faire les jolis cœurs 

    accepter tous de cramoisir
    trop vite se laisser séduire 

    par un’ quêteuse de caresses
    en mal de mâle et de tendresse 

    lui en faut un autr’ tous les jours
    mêm’ pas foutus d’lui faire l’amour

    Je la hais oui je la honnis
    J’exècre son anatomie 

    Alors qu’elle aille donc se farcir
    un bon vieil australopithèque

    et prendre au moins quelque plaisir
    dans sa belle bibliothèque !

  • Je ne sais pas pourquoi

    Non, je ne sais pas pourquoi 

    j’aime sentir près de moi

    le soir tout juste tombé

    la caresse des voilages

    brodés de fins fils de soie

    flottant devant la croisée

    quand la lune est en voyage

     

    Non plus, pourquoi je préfère

    la lueur des réverbères 

    reluisant sur les pavés

    solides, droits et debout

    en eux portant la lumière

    de leurs grands bras haut dressés 

    en colliers ombrant mon cou

     

    Les gouttelettes de pluie

    sont perles qui me sourient 

    sur la grande baie vitrée 

    la rue sombre est toute nue 

    mais surtout j’aime la nuit 

    alors qu’elle détricote 

    ses pelotes mordorées 

    d’étoiles si décousues 

     

    Non je ne sais pas pourquoi….

     

     

  • Ne vaut-il pas mieux ?

     

    Ne vaut-il pas mieux humer l’odeur des fleurs
    plutôt que se noyer en tourments et pleurs
     
    Ne vaut-il pas mieux traverser un orage
    lorsque par moment on perd foi en son âge
     
    Ne vaut-il pas mieux revivre chaque instant
    lorsque tremble la flamme au souffle du vent
     
    Ne vaut – il pas mieux vivre pour une danse
    rire de tout sans choir en désespérance
     
    Ne vaut-il pas mieux ? …le souci est bien là
    il faut  pour cela croire très fort en soi 
     
    Bien sûr, j’aurais pu vous dire: oui il vaut mieux
    être riche bien portant que vieux malade

    Las, un brillant farceur me doubla de peu
    dans cette pitoyable pantalonnade

  • Les deux pies

    Deux célèbres mi-divas mi-anges
    autour d’un cake aux fruits 
    petit doigt sur un thé à l’orange
    bavardaient comme pies 
    plutôt que sympathiques mésanges
     
    Jacasser serait plus juste grammaire
    tant semblaient animés 
    les sujets occupant leur dessert
    cherchant à s’amuser
    tout en clabaudant de concert
     
    Passa un ténor de leurs amis
    souriant avec grâce
    tout en saluant ses deux amies
    qui s’en alla prendre place
    aux cotés d’une chanteuse finie

    Lors quelle ne fut pas sa surprise
    d’entendre dans la salle 
    et dès ses premières vocalises,
    pluie de douces et amicales  
    marques d’une assistance conquise                
     
    La chanteuse lançait moult oeillades
    prodiguait compliments
    au héros qui sous ses roucoulades
    comme un adolescent
    rosissait devant la pintade

    Fini le concerto,
    pour ne point paraitre impoli
    envers la dolce soprano
    il l’encensa, mais que ce fût dit,
    elle manquait de vibrato
     
    Nos deux amies outrées
    par tant de gracieusetés,
    en restaient ahuries,
    provenant du ténor, leur ami 
    encourageant la médiocrité
     
    C’est ainsi que naquit 
    au cours d’un merveilleux opéra
    l’usage tout pourri
    couvrant de fleurs de piètres divas
    en échange de flatteries

  • Tangos de mots

    Les tangos de mots

     

    Psalmodie de mots
    songes mensongers
    tanguent un tango
    les sens à l’envers
    ils soufflent des vers
     
    Comme des ganchos
    l’envers en descente
    tout en bas du dos
    car tous ces noirs cœurs
    et ressentis mentent
    danseurs voleurs d’heures
     
    Cuisante morsure
    danse qui ravage
    venin ou brûlure
    ode morte née
    au bord du naufrage
    la vague est lancée
     
    Puis,

    Tango cherchant grâce                                                                         les danseurs en nage                                                                     quêtent sauvetage                                                                             et font volte face

     

                                                                                

  • Cœurs de violettes

     

    Cœurs de violettes

    Il était d’un âge où l’on n’y croit déjà plus

    La vie accorde aux blessures de sentiments

    Des pansements pour déchirures non voulues

    Qu’elle recoud sur des corps presque sénescents

     

    Le soleil de l’été s’invita de fanfare

    Son regard avait croisé des yeux primevère

    Tous sens ravivés, abandonnant son cafard

    Il vit palpiter un chemisier entr’ouvert

     

    Une Lolita en robe volubilis

    Lui octroya quelques frôlements des plus nets

    De la chair il connut le plus doux des supplices


    La lune pudique, rabaissa sa voilette,

    Assez pour cacher les caresses de leurs mains

    L’amour est sans loi pour les cœurs de violettes

  • La femme réverbère


    Elle est debout, droite et fière 
    Même usée, même fatiguée
    Elle veille, dans le silence de l’obscurité 
    C’est la femme réverbère 
     
    Elle éclaire, en été comme en hiver
    Sa précieuse communauté 
    De sa lumière , de sa réalité 
    Cest la femme réverbère 
     
    Elle a connu les coups de foudre 
    Les nuits de brume, les pluies d’eclairs 
    Elle a survécu à la poudre
    C’est la femme réverbère  
    Le petit Prince a allumé une étoile 
    Elle n’est pourtant qu’éphémère 
    Lorsqu’elle s’endormira , sous la lune sa féale 
    On pleurera la femme réverbère 
  • Vers de contact

    Vers de contact

    Tôt ce matin j’ai reçu
    Dans ma boîte de partage
    Puisque lettre il n’y a plus
    Un envoi de E-message
    Cinq ou six vers de contact

    …écrits ma foi avec tact

    Je lus avec vif plaisir
    Des mots bleus très gracieux
    Ça me fit presque rosir
    ils étaient un peu vieux- jeu
    D’ailleurs on n’ose plus faire

    …de peur d’avoir l’air pépère


    Je pris ma plus belle plume
    Ou plutôt mon cher clavier
    Pour clavarder de coutume
    Avec grande aménité
    Je proposai – pourquoi pas –
    Curiosité intacte

    …un bon verre de contact !

     

     

  • Portrait détonnant


    On la dit Diane qui tonne
    elle est la blonde qui bougonne
    quand on la tance ou la sermonne

     

    On la connaît très désireuse
    de se faire un peu curieuse
    sur des pensées un peu douteuses

     

    Elle souffle brise ou tempête
    pas un oiseau qui ne l’arrête
    ses flèches sont poison ou fête

     

    Car des mots doux elle mitonne
    au besoin se montre friponne
    parfois ça marche, et ça cartonne

     

    On la dit Diane qui tonne
    elle est la blonde qui bougonne
    mais qui (presque) toujours pardonne !

    ***

  • Farce au vinaigre

    Il lui avait dit..

    Qu’ils n’se quitteraient jamais
    Qu’la vie sans elle
    Jamais il ne pourrait
    Elle y croyait
    Qu’il était de bonne foi
    Pourtant lui-même il n’y croyait pas

    Une chanson un peu à mi-chemin
    Entre les Choses de la vie
    Hélène et son refrain
    Et J’te le dis quand même
    Mais Bruel s’est enfui
    Les ruptures sont des rengaines

    Il est parti
    Sans trop savoir pourquoi
    Juste une envie
    De s’promener sans loi
    Ni comment faire
    Seul avec son hautbois

    Il avait dit
    Après toi plus personne
    T’es la dernière
    Je n’suis qu’un abruti
    Faudrait que j’me raisonne
    Et qu’ j’arrête mes chimères

    C’était pas un bon plan
    Il se faisait des idées
    Sur le ramage d’une cocotte
    Se prit pour Don Juan
    Avec une austère dulcinée
    Ne fut que pauvre Quichotte

    Bien sûr il est revenu
    Ne sachant trop quoi dire
    Cette fois c’était tout vu
    Elle serait la dernière
    Bien sûr elle le crut
    Et fit mine d’en rire

    Mais l’attendait avec un revolver….

  • Fée clochette

    Fée clochette

    Fée je ne suis pas
    Clochette pas davantage
    J’en suis bien déçue

    Mais bonheur je vous souhaite
    Par ce modeste tanka

  • L’inconnu dans la vitrine

     

    Je suis séduite par le portrait
    d’un homme que je ne connais point
    il est toujours un peu en retrait
    muet, qui m’interpelle néanmoins

    Il m’apparaît aimable et doux
    ses yeux sont malice et chaleur
    bref je lui trouve un charme fou
    et lui conterais volontiers mes malheurs

    Je le croise dans la vitrine chaque jour
    de la librairie de mon quartier
    ne sachant s’il est le dernier Goncourt
    ou bien futur espoir du roman policier

    Peut- être , qui sait, aurai -je la chance
    de le voir descendre de son perchoir
    un soir de grande affluence
    pour me dédicacer son dernier polar

    En signant de son habile crayon
    la première page de son ouvrage
    il me demanderait mon prénom
    que je lui confierais sans ambages

    Nos regards se croiseraient
    il ne saurait en être autrement
    nous partirions dans son cabriolet
    destination que je tairais, évidemment …

  • Tu es partie Diane Keaton

    Je suis en pleurs je suis en deuil

     

    Mon amie ma sœur mon idole
    Celle qui campait Annie Hall
    Jaî perdu ma sainte patronne
    La belle la grande Diane Keaton
     
    Je suis en pleurs je suis en deuil 
     
    Elle était drôle elle était chic
    Jouant autant drame et comique 
    S’habillant femme ou bien garçonne
    La simple et libre Diane Keaton
     
    Je suis en pleurs je suis en deuil 
     
    Refusant toute nostalgie 
    Toujours tout au long de sa vie 
    Muse aimée de Woody Allen
    Riant ensemble à perdre haleine
     
    Je pleure ce nom qui résonne
    Tu étais mon double, Diane Keaton 
     
  • Le joueur de saxophone

    J’ai, je l’avoue souvent pensé :
    ce garçon doit être un peu fou
    semant paroles insensées 
    ici et là, un peu partout 

    Perdu jour et nuit dans ses rêves,
    la tête au milieu des étoiles
    amoureux il cueillait sans trêve 
    toutes les roses de la toile 

    Il arpentait tous les chemins, 
    des plus directs jusqu’aux moins sûrs
    espérant parvenir enfin 
    guérir ses anciennes blessures 

    Hélas il se fit enchaîner
    par beaucoup plus futé que lui.
    Dans une toile d’araignée 
    se prit les mots dans le tapis 

    On ne sait pas ce qu’il advint 
    du papillon au piège pris
    et tout ce dont je me souviens 
    sont ses mots de musique épris 

    Il jouait je crois du saxo  
    c’était pour lui heures magiques
    assis sur un banc en solo 
    il passait des moments uniques 

     

     

  • J’aurais voulu être ..

    (Pastiche )

    Une actrice …

    J’ai du succès dans mes poèmes
    et sans user de stratagèmes
    j’ai même eu d’la chance en amour

    Je vis dans un bel univers
    ne vois pas les choses à l’envers
    ai toujours le sens de l’humour

    J’ai réussi et j’en suis fière
    pourtant je n’ai qu’un seul regret
    je n’fais pas c’que j’aurais dû faire :

    ……

    J’aurais voulu être une actrice
    de cinéma j’ suis amatrice
    pour pouvoir fair’ mon numéro
    me trouver belle comm’ Bardot   ( jeune )

    Les Keaton et puis les Kruger
    toutes les Diane de la terre
    pourraient aller se rhabiller
    par Paramount je serais sacrée

    J’aurais voulu être une actrice
    pas pour des statuett’ factices
    mais m’inventer tout plein d’histoires
    et ramasser tous les Oscars

    J’aurais voulu séduir’ les hommes
    des gars de Paris ou de Rome
    de séries noir’ et films d’auteurs
    qui voudraient tous fair’ mon bonheur

    Ils seraient tous à mes genoux
    m’offriraient champagne et bijoux
    je n’aurais qu’à l’ver le p’tit doigt
    pour qu’ils me mènent au Nirvana

    Mais je n’s’rai jamais une actrice
    d’ailleurs c’est pas pour ça qu’ j’existe
    je n’suis qu’une pauvre écrivaillonne
    qui versifie et puis crayonne

    J’ai pas trouvé de milliardaires
    j’me  contente de mes réverbères
    la nuit qui  m’sourient sur la toile
    Ils croient que je suis une étoile …⭐️

     

  • Ils ne m’écoutent pas

     


    Je ne sais toujours pas 

    comment arrêter un nuage 

    ni coincer une goutte de pluie 

    je dois me faire à l’idée 

    qu ils ne m’écoutent pas !

     

    Gogyohka  ( poésie japonaise en cinq lignes )

  • Les pimpesouées

    Les pimpesouées

    Connaissez vous ces chichiteuses
    délicates saintes nitouches
    si guindées si ennuyeuses
    détestant qu’on les effarouche

     

    Connaissez vous ces minaudeuses
    aux conversations gourmées
    comme au vieux temps des précieuses
    prenant de grands airs affectés 
     

    Connaissez vous ces ridicules
    qui pour se faire remarquer
    et protéger leur pédoncule
    se la jouent vraie pimpesouée

     

    Moi , j’en ai croisées quelques unes
    par des soupirants courtisées
    admirateurs de clair de lune
    qui se prenaient à en rêver !

  • Allô ? win…


    Allo ? Win !


    J’ai un petit jardin privé
    qui me cause bien grand souci
    très encombré de fleurs fanées
    J’y dépense ma pauvre vie
    à vouloir les exterminer

    Et voyez-vous..

    Je dois lutter pour le soustraire
    aux nombreuses plantes voraces
    qui dévorent tout son espace
    lors ce faisant trop limité
    où je peine à trouver ma place

    Je dois vous faire confidence..

    Je vais devoir utiliser
    un poison très sophistiqué
    pour enfin regarder crever
    tout’ cette engeance parasite
    volant mon rôl‘ de favorite

    Ce soir c’est Halloween…

    Couleront depuis mon chaudron
    les gouttes de ma potion
    qui vont me permettre d’user
    de mon droit de propriété 
    sans crainte m’y faire voler

    Par quelque sorcière obstinée
    ce bien très ardemment conquis
    qu’est mon jardin en Arboisie

  • Pour parler de ma Lorraine


    Pour parler de ma Lorraine

    Avec mes p’tits mots

    Je voudrais rester sereine

    Avec ces chameaux

    Qui ne parl’ que de la plaine

    De leur Saint-Malo dondaine

    Ho ho ho

    Couchers vespéraux …


    Ils sont amoureux des vagues

    Plages et rochers

    Du vent qui leur fait des blagues

    Et les fait rêver

    Pensent-ils une seconde

    A tous ces lorrains du monde

    Ho ho ho

    Qui n’ont qu’ des sabots !


    Et tous ces lorrains du monde

    Pour se prélasser

    Hélas n’ont pour eau profonde

    Et les faire chanter

    Que la baignoire de leur blonde

    Et ses mains qui vagabondent

    Ho ho ho

    Dans leur balnéo !


    En parlant de ma Lorraine

    Avec mes p’tits mots

    Je n’attrap’ pas la migraine

    J’entends les oiseaux

    Qui dans mon jardin les graines

    Picor’ et m’font souveraine

    Ho ho ho

    Viv’ les passereaux !


    Pour parler de ma Lorraine

    Je vais boire un pot

    Bar de l’Hôtel de la Reine

    C’est pas Saint-Malo

    Mais un peu la fêt’ foraine

    J’ m’y prends même pour Diane Dufresne

    Avec mon accent d’Lorraine

    Ho ho ho

    Avec mes sabots 

  • Dans ton oldsmobile

    Je voudrais, un soir où la vie bascule

    m’en allant l’âme très tranquille

    passer par un vert préambule

    J’aimerais traverser un vestibule

    puis entrer dans une presqu’île

    brodée de prés de renoncules

    Je pourrais ravie , peut-être incrédule

    circuler en papamobile

    avec des amis funambules

    Il seraient vêtus comme points-virgules

    sautillant joyeux volubiles

    sur de fins nuages de tulle

    Viendrait mon ultime et fier crépuscule :

    conduite dans ton Oldsmobile

    quel clap de fin en majuscule !

  • Je ne suis pas puritaine…mais

    Je ne suis pas puritaine
    quelle aubaine, mais ça m’gêne
    car je ne supporte pas
    qu’en public on déballât
    ce qui est vulgarité

    au propre et au figuré


    Je ne suis pas très austère
    ni mégère ni mémère
    j’admets qu’il faut du talent
    pour fair’ passer des relents
    que n’renieraient pas les pots
    de chambre ou de lavabo


    Je ne suis pas pudibonde
    juste blonde et furibonde
    mais je n’aim’ pas le grossier
    ni l’obscène ou l’outrancier
    je ne suis pas dans le vent
    c’est navrant oui c’est navrant


    Je ne suis pas monastique
    je vous jure que j’réplique
    pas non plus mélancolique
    c’est là que ça se complique
    m’a dit le psychanalyste
    que c’est triste que c’est triste …


    Je n’suis pas non plus coincée
    et …si dans l’intimité
    on m’chuchote des mots crus
    rien que par moi entendus
    je ne dis pas qu’en ce cas
    je n’serais pas en émoi….

    … oui en émoi ..!

  • Alcool frelaté

    Il avait jeté une eau pure
    Pour jouir, ivresse éphémère

    Et pensant faire une coupure
    D’une existence un peu trop floue
    En oublier son doux- amer
    Las le vieil alcool fut sans goût

    Il n’y trouva aucun plaisir
    La potion était trop fade
    Lui prit une envie de vomir
    Sans magie, pleine de pépins,
    Désir foudroyant de noyade
    Le tenta d’en finir enfin.

    Une ultime soif d’eau-de-vie ,
    Qu’il n’imaginait plus possible.  
    Lors, lui fit retrouver l’ envie 
    Inespérée, qui vint d’ailleurs
    D’un bonheur cru inaccessible
    Entraînant sourires et pleurs

    Il suffit quelquefois d’y croire
    Guidé par une bonne étoile
    Près de la fontaine de vie :
    Ne pas boire dans un ciboire
    Dissimulé derrière une toile
    Rempli du poison de l’ennui

  • Jusqu’au bout de la nuit

    Le soir, au bord de l’eau s’allument les lanternes
    Un mirage à l’envers dans le miroir se cerne
    Leur reflet se fige comme dans un tableau
    Dessinant les contours frissonnants des flambeaux

    Les réverbères s’offrent aux pas nonchalants
    Tendrement ils éclairent le cœur des amants
    L’ombre solitaire du promeneur errant
    S’éclipse en traversant sur les pavés brillants

    Un poète rêvant appuyé sur un banc
    A coté de sa belle à demi nue riant
    Écrivit quelques vers jusqu’au bout de la nuit
    Tremblant et ému … sur sa plume s’endormit

  • Ligne de fuite

    Ligne de fuite


    Prisonnière consentante

    D’une parenthèse ouverte

    J’avance sur une ligne

    De points en suspension

    Que je ne sais terminer

    Je marche sur un fil

    En équilibre instable

    Dans un espace vivant

    Aux fantômes insaisissables

    Que je tente de retenir

    Demeurant vagabonde

    Sur un chemin de ronde

    Sans aucun point final

    Ni le moindre fanal

    Quelquefois un soupir

    Une onde de vent

    Un éclair de plaisir

    Viennent rompre et troubler

    Un silence cruel et ouaté

    Renonciation d’un moment

    Je la vis, la respire, la bois

    Les yeux grands ouverts

    Comme un poison crucifiant

    Au gré des souvenirs

    Et tous les secrets de soie

    Cachés sous les primevères

    De mon jardin d’hiver

    Perspective sans fin

    D’une floraison réduite

    A une lente ligne de fuite 

  • Rosa rosa rosam

    rosa rosa rosam

    rosae rosae rosa

    rosae rosae rosas

    rosarum rosis rosis

    C’est la chanson des roses fanées

    qui de tous sont abandonnées

    voisines presque moribondes

    qui souvent sont si seules au monde

    celles qui sont poussées sans amour

    savent qu’elles ne seront jamais

    le rendez- vous des beaux clooney

    ou seulement pour un p’tit café

    dans la cuisine d’vant leur télé

    et qui rêvent…..

    qu’ elles seront peut- être, un jour

    La rose élue d’un jardinier

    comme une Lady Chatterley

    arrosée par un doux Merlin

    doté de pouvoirs magiciens

    qui feront fleurir leur calice

    afin que leurs pétales rosissent

    rosa rosa rosam

    rosae rosae rosa

    rosae rosae rosas

    rose à rhum rosissent rosissent !

  • L’hiver arrive…

    La brume tord les verges d’or
    j’ai déjà un peu froid aux mains, 

    à trop  jouer les picadors 
    sur les feuilles de mon jardin

    Je laisse s’enfuir mon regard
    là, vers un arbre à papillons, 

    ses grappes mauves en retard
    s’écroulent en accordéon

    Odeurs de cannelle et d’orange 
    thé noir et gâteau de Savoie 

    doux délices qui en mélange
    se suffisent et font .ma joie

    Dans la soirée à l’Opéra 
    nous irons applaudir
    Mireille,
    sur le retour tu me diras
    « T’as de belles boucles d’oreilles « 

    Je les retrouverai demain
    reposant sur la cheminée

    le feu sera bien sûr éteint
    une autre flamme rallumée

    L’hiver nous arrive, oui, à grands pas…

  • Chutt

    « Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier. Elle met plus de temps, mais elle finit toujours par arriver.  » 

    Faut il savoir, ne faut il pas,  je ne sais pas très bien encore
    ce que peut cacher votre bla-bla ,
    la question, je le crains fort,
    ne se pose pas comme cela

    Il est des feintes que l’on sait , d’autres non , goutte l’on n’y voit 
    Il est des plaintes que l’on tait
    : ce temps impossible, je crois 
    qui nous rendrait plus que parfait

    Le destin est magicien car il connaît secrètement
    presque tout de nos lendemains, très bon gardien sur le moment 
    néanmoins, parfois incertain

    Il pose deux doigts sur nos yeux et deux autres sur nos oreilles
    soyons miséricordieux, le dernier sur lèvres vermeilles,

    qui nous dit « tais toi »….il vaut mieux !

  • Mes odeurs de Noël

    La porte de la cuisine

    s’entrouvre en catimini 

    au bonheur de mes narines

    Une odeur de pain d’épice 

    trois carrés de chocolat 

    fondant dans la casserole

    se mêlent, presque complices

    en bouquet de fumerolles

    Des coquilles de marrons

    gisent, signes de délices

    annonçant les macarons

    les pommes au four embaument

    l’orange amère s’immisce

    La bas, au fond du salon

    lumières et couleurs bleues

    enguirlandent le sapin 

    qui joyeux cligne des yeux

    Mon enfance me revient

  • Cristalle moi !

    Écris moi des cristaux

    Des choses merveilleuses

    Allons dans ton château

    J’y rêverai heureuse

    Écris moi des flocons

    Légers tout en dentelle

    Ils seront tourbillon

    Doux à ma jarretelle

    Écris moi des étoiles

    Qui luiront dans mes yeux

    Enlève tous ces voiles

    Embrumant un ciel bleu

    Écris moi de la neige

    Pose la sur ma main

    Et l’année qui s’achève

    Sera valse san fin...

  • Longtemps après qu’elle a disparu …(gogyöhka)

    Un volcan s’est éteint 

    au petit matin

    ses cendres fumeront encore longtemps

    soufflées par un vent

    nommé liberté 

  • Le facteur coccinelle

    Sur le portail de la maison,

    J’ai trouvé ce matin, posée
    figée comme une sentinelle
    attendant d’être remarquée
    une petite coccinelle

    Elle était message d’espoir
    livré en douce à mon adresse
    pas du Stendhal ni du Beauvoir
    tache rouge et noir de tendresse

    Une petite voix monta:
    je vais me poser sur ta main
    et je te conduirai à lui
    Il t’attend au bout du chemin

    SI tu le trouves de ton choix
    pour te plaire il saura toujours
    t’aimer, et cela prouvera…
    que j’ai bien posté son Discours

    Que sa Méthode avait du bon
    et que j étais un bon facteur
    pour bien conduire ma mission
    et livrer le courrier du coeur

    Puis elle déploya ses ailes
    de rouge et noir je me couvris
    et m’envolai haut avec elle
    vivre le reste de ma vie…

  • Doux frissons et doigts gelés

    C’est la balade hivernale,
    ciel couleur de patinoire
    pavés et trottoirs glissants

    La nuit va bientôt tomber
    sur le fin brouillard du soir
    voiles noirs, voiles blancs

    Dans les flaques d’eau dormante
    se reflètent les grands arbres
    tête en bas désespérant 

    Mais s’amusent nos doigts gelés
    sur nos chers et vieux claviers
    clac clac en nous écrivant

  • Le soir

    Je n’écris que le soir.


    Quand tout est paisible autour de moi
    A la pâleur des lumières tamisées.
    De la rue montent les bruits
    Qui se faufilent à pas feutrés.
    A peine perçoit-on

    Le léger clapotis de la pluie
    Qui vient en tapinois
    Caresser le trottoir.

    La nuit, calme et silence
    Me sont exfoliations.
    Se débarrasser des strates inutiles.
    Et puis tout à loisir
    Choisir mes divagations
    Mes envies de folies

    Ou de pensées futiles.
    Désirs de liberté ou même de claustration.
    Étrange sentiment d ambivalence .

    J’écoute la nuit et je la respire
    C’est le soir que le vent
    Promène le parfum de le rue
    C’est le soir que flotte l’odeur
    D’herbe mouillée du jardin d à côté
    Que je rêve d’acquérir

    En bas c’est la ville
    Je la connais au millimètre
    Des talons de femme claquent

    Et résonnent
    Moderato cantabile
    Une voiture démarre dans l’obscurité
    La lueur d’un réverbère frissonne
    Juste sous ma fenêtre
    Curieuse sensation de sécurité.

    Mais le vent est tombé.
    Il est temps
    De chercher à accrocher la lune
    Et de trinquer
    A la bonne fortune


    Viens , buvons un verre de Chianti ..

  • S.I.A.

    Je ne connais rien de plus sexy

    De plus sensuel, de plus lucky 

    Que ce sentiment indescriptible 

    Que me produit , si si , c’ est possible 

    La naissance de divins frissons 

    Écoutant des conversations 

    Bien plus qu’admirer l’avantageux 

    Et fin profil d un beau ténébreux 

    Une impression d’être subjuguée 

    Par la pensée qui m’est prodiguée

    Et, débordant d’un esprit brillant

    M’est bien davantage un aimant

    Que la physionomie plaisante 

    Des séducteurs de salles d attente 

    A bas les attraits artificiels

    Vive l’intelligence naturelle

    La Sexy Intelligence Agency

    Sapiosexuelle, j’en suis !

  • Arpèges

    Je pianote a tempo
    quelques notes de prosodie
    des arabesques en solo
    entendez-vous cette mélodie
    je la martèle crescendo

    Je voudrais que ma plume
    souffle mes voeux dans le vent
    et que volent vers vous en écume
    des triolets de printemps
    virevoltant dans la brume

    Je voudrais être l’héroïne
    fée diaphane du poète
    pourquoi pas votre adrénaline
    ou petite blondinette
    qui sous votre toit s’enracine

    J’imaginerais alors
    votre sourire sur mes arpèges
    dans le silence qui endort
    au creux d’une nuit qui nous protège
    à la lueur d’un photophore

  • Don Juan les Pins

    Séducteur ostensible, il est roi en sa cour
    Séduisant au possible et charmeur hors concours
    Un langage moelleux qui attire sans mal
    Par ses mots mielleux les dames en mal de mâle

    Il n’a qu’un seul défaut, il n’est pas très fidèle
    Prieur attitré de nombreuses Citadelles
    Il est parfois voyou, s’égare dans les tours
    Où il joue du biniou de nuit comm’ de jour

    Mais le bel amoureux ne l’est pas bien longtemps
    Et au fond de ses yeux, on ne voit sentiment
    Don Juan d’opérette, chasseur de poulettes

    Il sait bien qu’un jour ,il faudra rendre monnaie
    Payer de sa personne et s’offrir au rabais
    A tous ces pauvres cœurs qu’il a réduits en pièces

    J’aurais pu succomber, c’est vrai je vous l’accorde
    Mais aucun ne ressemblait à Harrison Ford …

  • Mes fantômes bien-aimés

    Mes fantômes bien-aimés

     

    La nuit je chasse les fantômes

    Qu’ils soient sexy ou paltoquets

    Je n’ai pas besoin de diplômes

    Pour les traquer ni de brevets

     

    Alors depuis que je suis môme

    Je cours partout hors mon chevet

    Mais mes genoux étant douillets

    Ne sors sans mon mercurochrome

     

    C’est donc couverte d’hématomes

    Que je guette les Ecossais

    -Réputés être mignonnets-

    Toujours parfumée au Lancôme

     

    La nuit je chasse les fantômes…

  • Délacement

    Délacement
    La nuit a chassé mon fardeau
    de peurs et d’espoirs tricotés
    j’avais délacé mes rideaux
    embrumés de fils étoilés
    A l’aube il a plu des cristaux
    de nacre et perle dégelés
    la nuit a chassé mon fardeau
    de peurs et d’ espoirs tricotés
    Le jour inventa ses joyaux
    colliers de plaisirs démodés
    baisers ruisselants en cadeaux
    mon âme enfin apaisée
    La nuit a chassé …
    Diane d’Orléans ☺️
  • Cochère forever

     

    Cochère forever

    A l abri sous la porte cochère
    Je regarde pleurer les nuages
    Ils me sont subsidiaires
    Tant une tendre pluie
    Caresse mes images

    Quelques gouttes         

    De souvenirs réveillés
    Perlent en médaillon
    Le crépuscule était notre allié
    Nous n’en avions aucun doute

    Des ombres éclairaient la rue
    Nous refusant le plaisir
    Enfantin, de nous cacher

    Trempés, transis, et repus
    De baisers, même pas volés

    Pour compter les secondes
    Entre blancs éclairs
    Et coups de tonnerre
    Nous étions seuls au monde
    Seul le ciel refusait de se taire

    D’un chuchotis magique
    Du souffle coquin du vent
    Renaît une petite musique
    Dont je me souviens 
    Etrangement à présent

    Je vénère les vieux porches
    Leurs vieilles portes me hantent
    Les soirs de pluie
    Où des fées se changent en torches
    Et ré-enchantent mes longues nuits

     

     

  • Rallumer nos étoiles

    ( inspiré par le texte Utopie de Charlie )

     

    Rallumer nos étoiles

    Il est grand temps de rallumer nos étoiles
    Au lieu d’allumer et poser des bougies

    De déverser tant de larmes sur la toile
    En attendant en pleurs que cesse le bruit

    Il est temps de hisser très haut la grand voile
    Et de quitter les terrains de sang rougis

    Quitte à prendre ferme et à rebrousse poil
    Tous les imbéciles et les abrutis

    Il est grand temps de rattraper nos étoiles
    Avant qu’elles ne pleuvent en confettis

    Et qu’au lieu de n’entendre que cris et râles
    Dans chaque pays l’on revienne à la vie

  • Saint Tartarin

    J’ai une chère amie
    dont le charmant mari
    me fait, en confiance,
    part de ses confidences

    Ignorant -le bandit-
    que je connais aussi
    sa naïve maîtresse
    objet de ses caresses

    Qui, et c’est mon avis
    subit, trop asservie
    la visite assidue
    de cet individu

    Je n’en crus pas mes yeux
    lorsque, peu scrupuleux
    assis dans ma voiture
    sans aucune censure

    M’exhiba la perlouse
    destinée à l’épouse
    choisie avec grand soin
    par ce cher Valentin

    Je le pressai de dire
    ce qu’il allait offrir
    comme cadeau de prix
    à sa fidèle amie

    Elle? mais puisque je l’aime
    rien d’autre que moi même !
    elle ne manque de rien
    ça lui suffira bien …!

    Je haussai le sourcil
    stoppai l’automobile
    éjectai le goujat
    il ne sait pas pourquoi…

     

  • Ils ne m’écoutent pas ( gogyohka)

     

    Je ne sais toujours pas

    Comment arrêter un nuage

    Et coincer une goutte de pluie

    Il faut me ranger à l’idée

    Qu ils ne m’écoutent pas