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Entre vignes et rosiers
Entre vignes et rosiersDans la vague émeraude qui s’étend dans le soir
délivrée des émois qui importunent mon âme
entre vignes et rosiers , je me noie du regardNous avons allumé le premier feu de l’année
face à la cheminée , ensemble nous regardons
la flamme qui danse, encore un peu désordonnéeLa dernière pivoine qui pleurait au jardin,
dépouillée de ses pétales tristes et froissés
le coeur brûlé , vaincue, en a perdu son satinSur mon épaule, à quoi penses-tu , tête posée,
suivant de tes yeux embués, cils un peu humides
les nuages qui lentement s’enfuient de l’étéTa main cherche la mienne, l’appelant au secours,
l’assurance revient, tu la portes à ta bouche
je voudrais, là, à cet instant, l’y garder toujoursDemain le sais- tu, sera un matin rayonnant
j’enfilerai ma robe de fine toile blanche
et nous partirons rire et musarder dans les champsPuis comme souvent, je m’accrocherai à ton bras,
tu me diras : regarde, regarde le soleil,
il marche sur la colline, et nous attend, là-bas….Etreintes
Les étreintes du coeur
Sont les plaintes des corps
Qui ont peur du malheur
A l’idée de la mortCrainte trop tôt atteinteLes tourbillons d étreintes
De sens et d’indécences
Sont nos gorgées d’absinthe
Elles ont l’incandescenceDe demeurer en soiTempêtes et orages
N’éteindront pas le feu
Posons là nos bagages
Laissons là nos adieuxDans tes bras fais moi loi …My darling Clémentine
Je la hais, oui je la honnis,
j’exècre son anatomieJe la plains, pire j’l’a méprise
cette prude et fausse Héloisej’la claque, la mords, et puis la griffe,
j y flanquerais même un coup de canifà cette vieille peau ridée
qui s’prend encor pour un’ beautequi drague sec comme une malade
tous les petits jeunots en radeet même aussi les pauvres vieux
à qui elle fait les doux yeuxles éblouit de sa culture
et se fait payer en nature
ils tombent tous dans ses filets
tellement ils sont gros benêtsJe la hais, oui je la honnis
J’exècre son anatomie
J’la pouss’rais bien en la rivière
mais elle s’rait foutue la mémèred’appeler un de ses amants
collé à elle comm’ un aimant’qui plongerait pour la sauver
même s’il ne sait pas nagerc’est ell’ qui l’ ramènerait à terre
mouillé et tout nu comme un ver
com’ dans la chanson de Montand
Il pense qu’il a toujours seize ansjouant les amours enfantines
pour les beaux yeux d’une Clémentinequi finira par se lasser
et c’est sûr se fera doublerpar plus jolie et plus sexy
c’est moi qui vous le garantisj’la dénonc’rai à son mari
Je la hais oui je la honnisJ’exècre son anatomie
Pourquoi penser que je m’énerve
et que je sors de ma réserve?oh c’est pas de la jalousie
les jeunes ? C’est pas mon ambroisiemais ça me fait grande douleur
de les voir faire les jolis cœursaccepter tous de cramoisir
trop vite se laisser séduirepar un’ quêteuse de caresses
en mal de mâle et de tendresselui en faut un autr’ tous les jours
mêm’ pas foutus d’lui faire l’amourJe la hais oui je la honnis
J’exècre son anatomieAlors qu’elle aille donc se farcir
un bon vieil australopithèqueet prendre au moins quelque plaisir
dans sa belle bibliothèque !Je ne sais pas pourquoi
Non, je ne sais pas pourquoi
j’aime sentir près de moi
le soir tout juste tombé
la caresse des voilages
brodés de fins fils de soie
flottant devant la croisée
quand la lune est en voyage
Non plus, pourquoi je préfère
la lueur des réverbères
reluisant sur les pavés
solides, droits et debout
en eux portant la lumière
de leurs grands bras haut dressés
en colliers ombrant mon cou
Les gouttelettes de pluie
sont perles qui me sourient
sur la grande baie vitrée
la rue sombre est toute nue
mais surtout j’aime la nuit
alors qu’elle détricote
ses pelotes mordorées
d’étoiles si décousues
Non je ne sais pas pourquoi….
Ne vaut-il pas mieux ?
Ne vaut-il pas mieux humer l’odeur des fleurs
plutôt que se noyer en tourments et pleurs
Ne vaut-il pas mieux traverser un orage
lorsque par moment on perd foi en son âge
Ne vaut-il pas mieux revivre chaque instant
lorsque tremble la flamme au souffle du vent
Ne vaut – il pas mieux vivre pour une danse
rire de tout sans choir en désespérance
Ne vaut-il pas mieux ? …le souci est bien là
il faut pour cela croire très fort en soi
Bien sûr, j’aurais pu vous dire: oui il vaut mieux
être riche bien portant que vieux maladeLas, un brillant farceur me doubla de peu
dans cette pitoyable pantalonnadeLes deux pies
Deux célèbres mi-divas mi-anges
autour d’un cake aux fruits
petit doigt sur un thé à l’orange
bavardaient comme pies
plutôt que sympathiques mésanges
Jacasser serait plus juste grammaire
tant semblaient animés
les sujets occupant leur dessert
cherchant à s’amuser
tout en clabaudant de concert
Passa un ténor de leurs amis
souriant avec grâce
tout en saluant ses deux amies
qui s’en alla prendre place
aux cotés d’une chanteuse finieLors quelle ne fut pas sa surprise
d’entendre dans la salle
et dès ses premières vocalises,
pluie de douces et amicales
marques d’une assistance conquise
La chanteuse lançait moult oeillades
prodiguait compliments
au héros qui sous ses roucoulades
comme un adolescent
rosissait devant la pintadeFini le concerto,
pour ne point paraitre impoli
envers la dolce soprano
il l’encensa, mais que ce fût dit,
elle manquait de vibrato
Nos deux amies outrées
par tant de gracieusetés,
en restaient ahuries,
provenant du ténor, leur ami
encourageant la médiocrité
C’est ainsi que naquit
au cours d’un merveilleux opéra
l’usage tout pourri
couvrant de fleurs de piètres divas
en échange de flatteriesTangos de mots
Les tangos de mots
Psalmodie de mots
songes mensongers
tanguent un tango
les sens à l’envers
ils soufflent des vers
Comme des ganchos
l’envers en descente
tout en bas du dos
car tous ces noirs cœurs
et ressentis mentent
danseurs voleurs d’heures
Cuisante morsure
danse qui ravage
venin ou brûlure
ode morte née
au bord du naufrage
la vague est lancée
Puis,Tango cherchant grâce les danseurs en nage quêtent sauvetage et font volte face
Cœurs de violettes
Cœurs de violettes
Il était d’un âge où l’on n’y croit déjà plus
La vie accorde aux blessures de sentiments
Des pansements pour déchirures non voulues
Qu’elle recoud sur des corps presque sénescents
Le soleil de l’été s’invita de fanfare
Son regard avait croisé des yeux primevère
Tous sens ravivés, abandonnant son cafard
Il vit palpiter un chemisier entr’ouvert
Une Lolita en robe volubilis
Lui octroya quelques frôlements des plus nets
De la chair il connut le plus doux des supplices
La lune pudique, rabaissa sa voilette,Assez pour cacher les caresses de leurs mains
L’amour est sans loi pour les cœurs de violettes
La femme réverbère
Elle est debout, droite et fièreMême usée, même fatiguéeElle veille, dans le silence de l’obscuritéC’est la femme réverbèreElle éclaire, en été comme en hiverSa précieuse communautéDe sa lumière , de sa réalitéCest la femme réverbèreElle a connu les coups de foudreLes nuits de brume, les pluies d’eclairsElle a survécu à la poudreC’est la femme réverbèreLe petit Prince a allumé une étoileElle n’est pourtant qu’éphémèreLorsqu’elle s’endormira , sous la lune sa féaleOn pleurera la femme réverbèreVers de contact
Vers de contact
Tôt ce matin j’ai reçu
Dans ma boîte de partage
Puisque lettre il n’y a plus
Un envoi de E-message
Cinq ou six vers de contact
…écrits ma foi avec tact
Je lus avec vif plaisir
Des mots bleus très gracieux
Ça me fit presque rosir
ils étaient un peu vieux- jeu
D’ailleurs on n’ose plus faire
…de peur d’avoir l’air pépère
Je pris ma plus belle plume
Ou plutôt mon cher clavier
Pour clavarder de coutume
Avec grande aménité
Je proposai – pourquoi pas –
Curiosité intacte
…un bon verre de contact !Portrait détonnant
On la dit Diane qui tonne
elle est la blonde qui bougonne
quand on la tance ou la sermonneOn la connaît très désireuse
de se faire un peu curieuse
sur des pensées un peu douteusesElle souffle brise ou tempête
pas un oiseau qui ne l’arrête
ses flèches sont poison ou fêteCar des mots doux elle mitonne
au besoin se montre friponne
parfois ça marche, et ça cartonneOn la dit Diane qui tonne
elle est la blonde qui bougonne
mais qui (presque) toujours pardonne !***
Farce au vinaigre
Il lui avait dit..
Qu’ils n’se quitteraient jamais
Qu’la vie sans elle
Jamais il ne pourrait
Elle y croyait
Qu’il était de bonne foi
Pourtant lui-même il n’y croyait pasUne chanson un peu à mi-chemin
Entre les Choses de la vie
Hélène et son refrain
Et J’te le dis quand même
Mais Bruel s’est enfui
Les ruptures sont des rengainesIl est parti
Sans trop savoir pourquoi
Juste une envie
De s’promener sans loi
Ni comment faire
Seul avec son hautboisIl avait dit
Après toi plus personne
T’es la dernière
Je n’suis qu’un abruti
Faudrait que j’me raisonne
Et qu’ j’arrête mes chimèresC’était pas un bon plan
Il se faisait des idées
Sur le ramage d’une cocotte
Se prit pour Don Juan
Avec une austère dulcinée
Ne fut que pauvre QuichotteBien sûr il est revenu
Ne sachant trop quoi dire
Cette fois c’était tout vu
Elle serait la dernière
Bien sûr elle le crut
Et fit mine d’en rireMais l’attendait avec un revolver….
Fée clochette
Fée clochette
Fée je ne suis pas
Clochette pas davantage
J’en suis bien déçueMais bonheur je vous souhaite
Par ce modeste tankaL’inconnu dans la vitrine
Je suis séduite par le portrait
d’un homme que je ne connais point
il est toujours un peu en retrait
muet, qui m’interpelle néanmoinsIl m’apparaît aimable et doux
ses yeux sont malice et chaleur
bref je lui trouve un charme fou
et lui conterais volontiers mes malheursJe le croise dans la vitrine chaque jour
de la librairie de mon quartier
ne sachant s’il est le dernier Goncourt
ou bien futur espoir du roman policierPeut- être , qui sait, aurai -je la chance
de le voir descendre de son perchoir
un soir de grande affluence
pour me dédicacer son dernier polarEn signant de son habile crayon
la première page de son ouvrage
il me demanderait mon prénom
que je lui confierais sans ambagesNos regards se croiseraient
il ne saurait en être autrement
nous partirions dans son cabriolet
destination que je tairais, évidemment …Tu es partie Diane Keaton

Je suis en pleurs je suis en deuil
Mon amie ma sœur mon idoleCelle qui campait Annie HallJaî perdu ma sainte patronneLa belle la grande Diane KeatonJe suis en pleurs je suis en deuilElle était drôle elle était chicJouant autant drame et comiqueS’habillant femme ou bien garçonneLa simple et libre Diane KeatonJe suis en pleurs je suis en deuilRefusant toute nostalgieToujours tout au long de sa vieMuse aimée de Woody AllenRiant ensemble à perdre haleineJe pleure ce nom qui résonneTu étais mon double, Diane KeatonLe joueur de saxophone
J’ai, je l’avoue souvent pensé :
ce garçon doit être un peu fou
semant paroles insensées
ici et là, un peu partoutPerdu jour et nuit dans ses rêves,
la tête au milieu des étoiles
amoureux il cueillait sans trêve
toutes les roses de la toileIl arpentait tous les chemins,
des plus directs jusqu’aux moins sûrs
espérant parvenir enfin
guérir ses anciennes blessuresHélas il se fit enchaîner
par beaucoup plus futé que lui.
Dans une toile d’araignée
se prit les mots dans le tapisOn ne sait pas ce qu’il advint
du papillon au piège pris
et tout ce dont je me souviens
sont ses mots de musique éprisIl jouait je crois du saxo
c’était pour lui heures magiques
assis sur un banc en solo
il passait des moments uniquesJ’aurais voulu être ..
(Pastiche )
Une actrice …
J’ai du succès dans mes poèmes
et sans user de stratagèmes
j’ai même eu d’la chance en amour
Je vis dans un bel univers
ne vois pas les choses à l’envers
ai toujours le sens de l’humourJ’ai réussi et j’en suis fière
pourtant je n’ai qu’un seul regret
je n’fais pas c’que j’aurais dû faire :……
J’aurais voulu être une actrice
de cinéma j’ suis amatrice
pour pouvoir fair’ mon numéro
me trouver belle comm’ Bardot ( jeune )Les Keaton et puis les Kruger
toutes les Diane de la terre
pourraient aller se rhabiller
par Paramount je serais sacréeJ’aurais voulu être une actrice
pas pour des statuett’ factices
mais m’inventer tout plein d’histoires
et ramasser tous les OscarsJ’aurais voulu séduir’ les hommes
des gars de Paris ou de Rome
de séries noir’ et films d’auteurs
qui voudraient tous fair’ mon bonheurIls seraient tous à mes genoux
m’offriraient champagne et bijoux
je n’aurais qu’à l’ver le p’tit doigt
pour qu’ils me mènent au NirvanaMais je n’s’rai jamais une actrice
d’ailleurs c’est pas pour ça qu’ j’existe
je n’suis qu’une pauvre écrivaillonne
qui versifie et puis crayonneJ’ai pas trouvé de milliardaires
j’me contente de mes réverbères
la nuit qui m’sourient sur la toile
Ils croient que je suis une étoile …⭐️Ils ne m’écoutent pas
Je ne sais toujours pascomment arrêter un nuage
ni coincer une goutte de pluie
je dois me faire à l’idée
qu ils ne m’écoutent pas !
Gogyohka ( poésie japonaise en cinq lignes )
Les pimpesouées
Les pimpesouées
Connaissez vous ces chichiteuses
délicates saintes nitouches
si guindées si ennuyeuses
détestant qu’on les effarouche
Connaissez vous ces minaudeuses
aux conversations gourmées
comme au vieux temps des précieuses
prenant de grands airs affectés
Connaissez vous ces ridicules
qui pour se faire remarquer
et protéger leur pédoncule
se la jouent vraie pimpesouée
Moi , j’en ai croisées quelques unes
par des soupirants courtisées
admirateurs de clair de lune
qui se prenaient à en rêver !Allô ? win…
Allo ? Win !
J’ai un petit jardin privé
qui me cause bien grand souci
très encombré de fleurs fanées
J’y dépense ma pauvre vie
à vouloir les exterminerEt voyez-vous..
Je dois lutter pour le soustraire
aux nombreuses plantes voraces
qui dévorent tout son espace
lors ce faisant trop limité
où je peine à trouver ma placeJe dois vous faire confidence..
Je vais devoir utiliser
un poison très sophistiqué
pour enfin regarder crever
tout’ cette engeance parasite
volant mon rôl‘ de favoriteCe soir c’est Halloween…
Couleront depuis mon chaudron
les gouttes de ma potion
qui vont me permettre d’user
de mon droit de propriété
sans crainte m’y faire volerPar quelque sorcière obstinée
ce bien très ardemment conquis
qu’est mon jardin en ArboisiePour parler de ma Lorraine
Pour parler de ma LorraineAvec mes p’tits mots
Je voudrais rester sereine
Avec ces chameaux
Qui ne parl’ que de la plaine
De leur Saint-Malo dondaine
Ho ho ho
Couchers vespéraux …
Ils sont amoureux des vagues
Plages et rochers
Du vent qui leur fait des blagues
Et les fait rêver
Pensent-ils une seconde
A tous ces lorrains du monde
Ho ho ho
Qui n’ont qu’ des sabots !
Et tous ces lorrains du monde
Pour se prélasser
Hélas n’ont pour eau profonde
Et les faire chanter
Que la baignoire de leur blonde
Et ses mains qui vagabondent
Ho ho ho
Dans leur balnéo !
En parlant de ma Lorraine
Avec mes p’tits mots
Je n’attrap’ pas la migraine
J’entends les oiseaux
Qui dans mon jardin les graines
Picor’ et m’font souveraine
Ho ho ho
Viv’ les passereaux !
Pour parler de ma Lorraine
Je vais boire un pot
Bar de l’Hôtel de la Reine
C’est pas Saint-Malo
Mais un peu la fêt’ foraine
J’ m’y prends même pour Diane Dufresne
Avec mon accent d’Lorraine
Ho ho ho
Avec mes sabots
Dans ton oldsmobile
Je voudrais, un soir où la vie bascule
m’en allant l’âme très tranquille
passer par un vert préambule
J’aimerais traverser un vestibule
puis entrer dans une presqu’île
brodée de prés de renoncules
Je pourrais ravie , peut-être incrédule
circuler en papamobile
avec des amis funambules
Il seraient vêtus comme points-virgules
sautillant joyeux volubiles
sur de fins nuages de tulle
Viendrait mon ultime et fier crépuscule :
conduite dans ton Oldsmobile
quel clap de fin en majuscule !
Je ne suis pas puritaine…mais
Je ne suis pas puritaine
quelle aubaine, mais ça m’gêne
car je ne supporte pas
qu’en public on déballât
ce qui est vulgarité
au propre et au figuré
Je ne suis pas très austère
ni mégère ni mémère
j’admets qu’il faut du talent
pour fair’ passer des relents
que n’renieraient pas les pots
de chambre ou de lavabo
Je ne suis pas pudibonde
juste blonde et furibonde
mais je n’aim’ pas le grossier
ni l’obscène ou l’outrancier
je ne suis pas dans le vent
c’est navrant oui c’est navrant
Je ne suis pas monastique
je vous jure que j’réplique
pas non plus mélancolique
c’est là que ça se complique
m’a dit le psychanalyste
que c’est triste que c’est triste …
Je n’suis pas non plus coincée
et …si dans l’intimité
on m’chuchote des mots crus
rien que par moi entendus
je ne dis pas qu’en ce cas
je n’serais pas en émoi….… oui en émoi ..!
Alcool frelaté
Il avait jeté une eau pure
Pour jouir, ivresse éphémère
Et pensant faire une coupure
D’une existence un peu trop floue
En oublier son doux- amer
Las le vieil alcool fut sans goûtIl n’y trouva aucun plaisir
La potion était trop fade
Lui prit une envie de vomir
Sans magie, pleine de pépins,
Désir foudroyant de noyade
Le tenta d’en finir enfin.Une ultime soif d’eau-de-vie ,
Qu’il n’imaginait plus possible.
Lors, lui fit retrouver l’ envie
Inespérée, qui vint d’ailleurs
D’un bonheur cru inaccessible
Entraînant sourires et pleursIl suffit quelquefois d’y croire
Guidé par une bonne étoile
Près de la fontaine de vie :
Ne pas boire dans un ciboire
Dissimulé derrière une toile
Rempli du poison de l’ennuiJusqu’au bout de la nuit
Le soir, au bord de l’eau s’allument les lanternes
Un mirage à l’envers dans le miroir se cerne
Leur reflet se fige comme dans un tableau
Dessinant les contours frissonnants des flambeauxLes réverbères s’offrent aux pas nonchalants
Tendrement ils éclairent le cœur des amants
L’ombre solitaire du promeneur errant
S’éclipse en traversant sur les pavés brillantsUn poète rêvant appuyé sur un banc
A coté de sa belle à demi nue riant
Écrivit quelques vers jusqu’au bout de la nuit
Tremblant et ému … sur sa plume s’endormitLigne de fuite
Ligne de fuite
Prisonnière consentanteD’une parenthèse ouverte
J’avance sur une ligne
De points en suspension
Que je ne sais terminer
Je marche sur un fil
En équilibre instable
Dans un espace vivant
Aux fantômes insaisissables
Que je tente de retenir
Demeurant vagabonde
Sur un chemin de ronde
Sans aucun point final
Ni le moindre fanal
Quelquefois un soupir
Une onde de vent
Un éclair de plaisir
Viennent rompre et troubler
Un silence cruel et ouaté
Renonciation d’un moment
Je la vis, la respire, la bois
Les yeux grands ouverts
Comme un poison crucifiant
Au gré des souvenirs
Et tous les secrets de soie
Cachés sous les primevères
De mon jardin d’hiver
Perspective sans fin
D’une floraison réduite
A une lente ligne de fuite
Rosa rosa rosam
rosa rosa rosam
rosae rosae rosa
rosae rosae rosas
rosarum rosis rosis
C’est la chanson des roses fanées
qui de tous sont abandonnées
voisines presque moribondes
qui souvent sont si seules au monde
celles qui sont poussées sans amour
savent qu’elles ne seront jamais
le rendez- vous des beaux clooney
ou seulement pour un p’tit café
dans la cuisine d’vant leur télé
et qui rêvent…..
qu’ elles seront peut- être, un jour
La rose élue d’un jardinier
comme une Lady Chatterley
arrosée par un doux Merlin
doté de pouvoirs magiciens
qui feront fleurir leur calice
afin que leurs pétales rosissent
rosa rosa rosam
rosae rosae rosa
rosae rosae rosas
rose à rhum rosissent rosissent !
L’hiver arrive…
La brume tord les verges d’or
j’ai déjà un peu froid aux mains,
à trop jouer les picadors
sur les feuilles de mon jardinJe laisse s’enfuir mon regard
là, vers un arbre à papillons,
ses grappes mauves en retard
s’écroulent en accordéonOdeurs de cannelle et d’orange
thé noir et gâteau de Savoie
doux délices qui en mélange
se suffisent et font .ma joieDans la soirée à l’Opéra
nous irons applaudir Mireille,
sur le retour tu me diras
« T’as de belles boucles d’oreilles «Je les retrouverai demain
reposant sur la cheminée
le feu sera bien sûr éteint
une autre flamme ralluméeL’hiver nous arrive, oui, à grands pas…
Chutt
« Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier. Elle met plus de temps, mais elle finit toujours par arriver. »
Faut il savoir, ne faut il pas, je ne sais pas très bien encore
ce que peut cacher votre bla-bla , la question, je le crains fort,
ne se pose pas comme celaIl est des feintes que l’on sait , d’autres non , goutte l’on n’y voit
Il est des plaintes que l’on tait : ce temps impossible, je crois
qui nous rendrait plus que parfaitLe destin est magicien car il connaît secrètement
presque tout de nos lendemains, très bon gardien sur le moment
néanmoins, parfois incertainIl pose deux doigts sur nos yeux et deux autres sur nos oreilles
soyons miséricordieux, le dernier sur lèvres vermeilles,
qui nous dit « tais toi »….il vaut mieux !Mes odeurs de Noël
La porte de la cuisine
s’entrouvre en catimini
au bonheur de mes narines
Une odeur de pain d’épice
trois carrés de chocolat
fondant dans la casserole
se mêlent, presque complices
en bouquet de fumerolles
Des coquilles de marrons
gisent, signes de délices
annonçant les macarons
les pommes au four embaument
l’orange amère s’immisce
La bas, au fond du salon
lumières et couleurs bleues
enguirlandent le sapin
qui joyeux cligne des yeux
Mon enfance me revient
Cristalle moi !
Écris moi des cristaux
Des choses merveilleuses
Allons dans ton château
J’y rêverai heureuse
Écris moi des flocons
Légers tout en dentelle
Ils seront tourbillon
Doux à ma jarretelle
Écris moi des étoiles
Qui luiront dans mes yeux
Enlève tous ces voiles
Embrumant un ciel bleu
Écris moi de la neige
Pose la sur ma main
Et l’année qui s’achève
Sera valse san fin...
Longtemps après qu’elle a disparu …(gogyöhka)
Un volcan s’est éteint
au petit matin
ses cendres fumeront encore longtemps
soufflées par un vent
nommé liberté
Le facteur coccinelle
Sur le portail de la maison,
J’ai trouvé ce matin, posée
figée comme une sentinelle
attendant d’être remarquée
une petite coccinelleElle était message d’espoir
livré en douce à mon adresse
pas du Stendhal ni du Beauvoir
tache rouge et noir de tendresseUne petite voix monta:
je vais me poser sur ta main
et je te conduirai à lui
Il t’attend au bout du cheminSI tu le trouves de ton choix
pour te plaire il saura toujours
t’aimer, et cela prouvera…
que j’ai bien posté son DiscoursQue sa Méthode avait du bon
et que j étais un bon facteur
pour bien conduire ma mission
et livrer le courrier du coeurPuis elle déploya ses ailes
de rouge et noir je me couvris
et m’envolai haut avec elle
vivre le reste de ma vie…Doux frissons et doigts gelés
C’est la balade hivernale,
ciel couleur de patinoire
pavés et trottoirs glissantsLa nuit va bientôt tomber
sur le fin brouillard du soir
voiles noirs, voiles blancsDans les flaques d’eau dormante
se reflètent les grands arbres
tête en bas désespérantMais s’amusent nos doigts gelés
sur nos chers et vieux claviers
clac clac en nous écrivantLe soir
Je n’écris que le soir.
Quand tout est paisible autour de moi
A la pâleur des lumières tamisées.
De la rue montent les bruits
Qui se faufilent à pas feutrés.
A peine perçoit-onLe léger clapotis de la pluie
Qui vient en tapinois
Caresser le trottoir.La nuit, calme et silence
Me sont exfoliations.
Se débarrasser des strates inutiles.
Et puis tout à loisir
Choisir mes divagations
Mes envies de foliesOu de pensées futiles.
Désirs de liberté ou même de claustration.
Étrange sentiment d ambivalence .J’écoute la nuit et je la respire
C’est le soir que le vent
Promène le parfum de le rue
C’est le soir que flotte l’odeur
D’herbe mouillée du jardin d à côté
Que je rêve d’acquérirEn bas c’est la ville
Je la connais au millimètre
Des talons de femme claquentEt résonnent
Moderato cantabile
Une voiture démarre dans l’obscurité
La lueur d’un réverbère frissonne
Juste sous ma fenêtre
Curieuse sensation de sécurité.Mais le vent est tombé.
Il est temps
De chercher à accrocher la lune
Et de trinquer
A la bonne fortune
Viens , buvons un verre de Chianti ..S.I.A.
Je ne connais rien de plus sexy
De plus sensuel, de plus lucky
Que ce sentiment indescriptible
Que me produit , si si , c’ est possible
La naissance de divins frissons
Écoutant des conversations
Bien plus qu’admirer l’avantageux
Et fin profil d un beau ténébreux
Une impression d’être subjuguée
Par la pensée qui m’est prodiguée
Et, débordant d’un esprit brillant
M’est bien davantage un aimant
Que la physionomie plaisante
Des séducteurs de salles d attente
A bas les attraits artificiels
Vive l’intelligence naturelle
La Sexy Intelligence Agency
Sapiosexuelle, j’en suis !
Arpèges
Je pianote a tempo
quelques notes de prosodie
des arabesques en solo
entendez-vous cette mélodie
je la martèle crescendoJe voudrais que ma plume
souffle mes voeux dans le vent
et que volent vers vous en écume
des triolets de printemps
virevoltant dans la brumeJe voudrais être l’héroïne
fée diaphane du poète
pourquoi pas votre adrénaline
ou petite blondinette
qui sous votre toit s’enracineJ’imaginerais alors
votre sourire sur mes arpèges
dans le silence qui endort
au creux d’une nuit qui nous protège
à la lueur d’un photophoreDon Juan les Pins
Séducteur ostensible, il est roi en sa cour
Séduisant au possible et charmeur hors concours
Un langage moelleux qui attire sans mal
Par ses mots mielleux les dames en mal de mâleIl n’a qu’un seul défaut, il n’est pas très fidèle
Prieur attitré de nombreuses Citadelles
Il est parfois voyou, s’égare dans les tours
Où il joue du biniou de nuit comm’ de jourMais le bel amoureux ne l’est pas bien longtemps
Et au fond de ses yeux, on ne voit sentiment
Don Juan d’opérette, chasseur de poulettesIl sait bien qu’un jour ,il faudra rendre monnaie
Payer de sa personne et s’offrir au rabais
A tous ces pauvres cœurs qu’il a réduits en piècesJ’aurais pu succomber, c’est vrai je vous l’accorde
Mais aucun ne ressemblait à Harrison Ford …Mes fantômes bien-aimés
Mes fantômes bien-aimés
La nuit je chasse les fantômes
Qu’ils soient sexy ou paltoquets
Je n’ai pas besoin de diplômes
Pour les traquer ni de brevets
Alors depuis que je suis môme
Je cours partout hors mon chevet
Mais mes genoux étant douillets
Ne sors sans mon mercurochrome
C’est donc couverte d’hématomes
Que je guette les Ecossais
-Réputés être mignonnets-
Toujours parfumée au Lancôme
La nuit je chasse les fantômes…
Délacement
DélacementLa nuit a chassé mon fardeaude peurs et d’espoirs tricotés
j’avais délacé mes rideaux
embrumés de fils étoilésA l’aube il a plu des cristaux
de nacre et perle dégelés
la nuit a chassé mon fardeau
de peurs et d’ espoirs tricotésLe jour inventa ses joyaux
colliers de plaisirs démodés
baisers ruisselants en cadeaux
mon âme enfin apaisée
La nuit a chassé …Diane d’Orléans
Cochère forever
Cochère forever
A l abri sous la porte cochère
Je regarde pleurer les nuages
Ils me sont subsidiaires
Tant une tendre pluie
Caresse mes imagesQuelques gouttes
De souvenirs réveillés
Perlent en médaillon
Le crépuscule était notre allié
Nous n’en avions aucun douteDes ombres éclairaient la rue
Nous refusant le plaisir
Enfantin, de nous cacherTrempés, transis, et repus
De baisers, même pas volésPour compter les secondes
Entre blancs éclairs
Et coups de tonnerre
Nous étions seuls au monde
Seul le ciel refusait de se taireD’un chuchotis magique
Du souffle coquin du vent
Renaît une petite musique
Dont je me souviens
Etrangement à présentJe vénère les vieux porches
Leurs vieilles portes me hantent
Les soirs de pluie
Où des fées se changent en torches
Et ré-enchantent mes longues nuitsRallumer nos étoiles
( inspiré par le texte Utopie de Charlie )
Rallumer nos étoiles
Il est grand temps de rallumer nos étoiles
Au lieu d’allumer et poser des bougiesDe déverser tant de larmes sur la toile
En attendant en pleurs que cesse le bruitIl est temps de hisser très haut la grand voile
Et de quitter les terrains de sang rougisQuitte à prendre ferme et à rebrousse poil
Tous les imbéciles et les abrutisIl est grand temps de rattraper nos étoiles
Avant qu’elles ne pleuvent en confettisEt qu’au lieu de n’entendre que cris et râles
Dans chaque pays l’on revienne à la vieSaint Tartarin
J’ai une chère amie
dont le charmant mari
me fait, en confiance,
part de ses confidencesIgnorant -le bandit-
que je connais aussi
sa naïve maîtresse
objet de ses caressesQui, et c’est mon avis
subit, trop asservie
la visite assidue
de cet individuJe n’en crus pas mes yeux
lorsque, peu scrupuleux
assis dans ma voiture
sans aucune censureM’exhiba la perlouse
destinée à l’épouse
choisie avec grand soin
par ce cher ValentinJe le pressai de dire
ce qu’il allait offrir
comme cadeau de prix
à sa fidèle amieElle? mais puisque je l’aime
rien d’autre que moi même !
elle ne manque de rien
ça lui suffira bien …!Je haussai le sourcil
stoppai l’automobile
éjectai le goujat
il ne sait pas pourquoi…Ils ne m’écoutent pas ( gogyohka)
Je ne sais toujours pas
Comment arrêter un nuage
Et coincer une goutte de pluie
Il faut me ranger à l’idée
Qu ils ne m’écoutent pas
Cougar à toi !
Une sphinge ailée, au joli corps léonin
Se pensant plus futée que les autres humains
Défia un garçon, sûre qu’il ne saurait
Pas résoudre l’énigme qu’elle poseraitMal lui en prit , puisque le jouvenceau, madré
Trouva la solution : lui mit sous le nez
De dépit et rage elle courut sur le champ
Du douzième étage se jeter en hurlantL’infortuné héros dut satisfaire au gage:
Vous parlez d’un cadeau, cruel et sans partage.
Car il épousa sa mère, gain du pari
Cougar elle était, on ne lui avait pas dit !Je vais pécher…
Je le sens, je vais pécher…
c’est la fin du carnaval.
les masques sont tombés
chacun descend de son chevalHier encore on mangeait gras
crêpes gaufres beignets
et cætera
ne seront plus autorisésll va falloir faire carême
boire de l’eau ou bien du thé
ne plus pouvoir dire je t aime
enfin ne plus s’amuserPrier jeûner jusqu’à Pâques
peut-être même davantage
afin d’avoir droit , en vrac
au chocolat à tous les étages
Heureusement pauvre mécréante
je ne vais pas me priver
de ces douceurs tentantes
alors je vous le dis sans barguignerBien chers amis croyants
vous m’accorderez votre pardon
car je vais pécher, c’est évident
ça je le sais, je suis votre poisonpréféré….dans toute sa déclinaison
[La Galerie de Diane] portrait N°1 : le despoétique
Loin d’ici, était une fois
Un salon -so chic – et feutré
Peuplé de doctes invités
Tous s’il en est , bien élevés
Où l’on pratiquait l’entre-soiLes compliments élogieux
Fusaient ravis de toutes parts
Envoyés tels des caviars
Par flagorneurs et superstars
Se prenant très au sérieuxLas, le divin propriétaire
De ce très poétique lieu
Était l’on sait fort sourcilleux
Et se comportait tel un dieu
Seul à bord de son ministèreLors, il se trouva que certains
Gentils membres, appréciés
De (presque) tous les encartés
Osèrent mal se distinguer
Le critiquant avec grand soinDiable ! bien grand mal leur en prit
Le grand timonier ombrageux
Ne faisant ni une ni deux
Les exila sans un adieu
Avec le plus grand des méprisMoralité de cette fable :
Mieux vaut dire leurs vérités
Aux despotes mal éclairés (malgré les réverbères)
Et garder pleine liberté
Loin de flatteurs peu estimables***Ni de Fontaine ni de BruyèreJ’aime esquisser les caractèresC’est mon dada ma façon d’faireJe n’suis pourtant pas ecoloMais je trouve ça rigolo ![La Galerie de Diane] portrait N°2 : le beau-parleur
Hier encore
Elle a versé toutes les larmes de son corps
Il serait temps, peut-être, d’aller voir ailleurs
Car bientôt ne coulera qu’un fleuve de pleurs
Et prenne pour de bon ses jambes à son cou
Pour s’éloigner enfin de ce sinistre fou
Coléreux qui la couvre de mots pas très classe
Comme si elle n’était que sinistre bécasse
Il lui faudrait montrer un peu plus de courage
Pour se sortir enfin de ce noir marécage
Où elle s’ est enfoncée si bas chaque jour
Noyée d’avoir avalé tous ses mots d’amour
Las il n’était que beau – et encore -parleur
Voleur de vie, voleur de cœur, juste coureur
De jupons démodés lui passant sous le nez
Ne le faisant, qu’avec grand peine s’enflammer
Mariolle aux défauts et gros vices cachés
Juste bon, s’il l’on peut dire, qu’être jeté
Au rayon de ces trop ternes objets trouvés
Qu’on ne souhaite à personne d’aller chercher
Il finira ses jours sous le joug de sa mère
Qui lui bouffa la vie avant qu’il soit pubère
Avec pour seul ami son antique trombone
Qui le distrait un peu de sa triste bobonne
Portrait executé avec un couteau trempé dans le vitriolTriste cire qui coule sur une vie de fumerollesQui ne furent jamais que paroles…paroles…Habillons nos crépuscules
Habillons nos crépuscules
Trouver de la beauté
dans les rides qui enluminent
les chairs épanouies
et les peaux qui se parcheminent
en rondeurs de la vie
Blanchir le temps qui passe
goûter à la maturité
sourire d’un visage
d’un galbe de hanche froissée
d’un sein lourd plus très sageDonner à la vieillesse
et aux corps déjà alanguis
la torpeur qu’ils méritent
le simple droit au ramolli
d’un plaisir qui palpite
Arrêtons de nier
la fuite de nos molécules
exhibons nos merveilles
et habillons ces crépuscules
nos couchers de soleilsNi encre, ni larmes, ni ors
Je l’avoue ,Je suis handicapée du cerveau
Et quelquefois un peu du styloVoyez -vous , je ne sais pas écrireDe choses qui ne veulent rien direLes encres les larmes et les orsJ’ai peu de goût pour ces métaphoresMon langage est celui que voilàAuthentique et pas de tralalasPourtant,J’aimerais bien voiler de mystèreEt d’un subtil sens caché, mes versEn déshabillant ma poésieDe ses oripeaux de fantaisieJe tombe souvent en pâmoisonDécouvrant de troubles oraisonsOu sonnets parfaitement troussésDe mots que je n’aurais pas trouvésHélas,Les miens sont à ce point ostensiblesSimples et tellement prévisiblesQue l’on devine dès le débutQu’il n’y aura point d’inattenduD’avance l’on me voit arriverJe ne marche que très peu masquéeSur mes deux pieds je suis plus à l’aisePour vous narrer toutes mes fadaisesAlors ,Amis , c’est en toute humilitéQue je suis venue me confesserSi d’une rose n’ai pas l’éclatJe vous en prie ne m’en veuillez pas !Clap de fin
Générique
Il y a toujours
un nouveau départ
un nouvel ami, un dernier amourCe moment
le seul où l’on est serein
que l’on voudrait prolonger
qui nous laisse espérer
que tout ira bien
qu’ il n’y aura jamais de fin
Ce moment
entre mortel et éternel
quand il n’y a, au fond,
de place réelle
que pour l’éphémère
voire l’intérimaire
Et d’ailleurs,
au début du début
c’est souvent déjà fichu
les ingrédients de fin
sont inclus
dans le festin
Les acteurs
du film tragique,
tous inscrits au génériquejusqu’à son terme
savent qu’ils mourront
en chantant « on ferme »
Sur une musique
ils danseront
la même rythmique,
en revoyant la bande -annonce
qui n’était que
questions-réponses
Y aura-t-il un nouveau retour
un nouvel ami, un dernier amour
un nouveau départ ..
Clap ….
THE ENDHumphrey et moi
Humphrey et moi
J’ai rencontré Humphrey sur le quai de la gare
il me suivait de près, je croisai son regard
Il avait les yeux noirs le chapeau enfoncé
sur un front furibard et des joues burinées
Par un drôl’ de hasard côte à côte placés
dans ce train banlieusard me mis à rêver
déjà je le voyais près de mon accoudoir
contre moi se frôler comme dans un boudoir
Etais- je une cougar , me pensai- je amusée
ou bien une Beauvoir en mal d’égalité
toujours est-il qu’Humphrey, en Bacall de bazar
Me trouva , à vue d’nez , digne de son cigare,
gare Saint-Lazare, sortîmes enchantés
filant dans le brouillard nous primes la journée…Saxofrage
Il joue souvent du saxo debout
Pour lui susurrer quelques mots doux
Mais pour ne pas que cela se sache
Dans un endroit discret il se cache.
Là, il laisse sa main sur sa an-anche –
Et sa bouche sur son bec se pen-enche-
De son âme il tire des frissons
Ce sera sa dernière passion .
Elle , sa compagne au piano
Lui, sur le corps du ténor solo
Des doigts qui courent sur un clavier
Un duo à quatre mains est né .
Et pourtant, il ne restera pas.
Sur un air de ”ne me quitte pas”
Pourtant , puisque maintenant il part,
La gardera toujours en sa mémoire…
Toi poésie
C’est la journée mondiale de la Poésie..
Toi… poésie
Je n’ai pas toujours
envie de te voir
là où tu es
je n’ai pas non plus
le goût de te lire
là où tu n’apparais pas
je ne suis pas d’avance
sensible à ton absence
Mais
je sens ta présence
dans les choses, dans les mots,
dans le cri des oiseaux
la clarté du jour qui bruit
la couleur d’un bijou
dans la brume de la nuit
et l’éclat brut d’un caillou.
Mais
je te sais, je t’entends
dans la musique du vent
la chaleur d’un regard
la vue d’une fleur
cueillie au hasard
les battements de ton coeur
le doux parfum d’une voix
la caresse d’une soie
Parfois
la paresse est en moi
égare mon esprit
vers des pensées bancales
mais toi Poésie
tu réveilles l’original
des êtres et des choses
eau vive en métamorphose
Alors
tu me mets à nu
tu es échographie
de mon intérieur
tu es la seule qui
sais que je suis nue
sous mon pull Mayflower
tissé d’épithètes
et quelques attributs
je n’ai pas toujours
la rime du bonheur
il faut que ça rie
ou bien que ça pleure
Car
j’aime le clair du soleil
et la lune qui s éteint
lampe de mon ciel
au petit matinEt puis tu éteindras…
Pourquoi restes- tu là , à parler avec moi
A penser comme moi , à compter sur tes doigts
A observer nos gestes, et nos mains qui tremblent
Et ce temps qui nous reste, à le passer ensemble
Un jour, ou bien un autre , avant que nos corps sombrent
Et tu verras, cela adviendra, la pénombre
Qui nous guette, arrivant sans prévenir, un soir
Nous prendra par le bras pour nous dire au revoir
Nous fermerons les yeux, tous deux en même temps
En rêvant au pays où nous rirons longtemps
Puis toujours amoureux nous nous endormirons
Allons…n’y pensons pas, chante moi Salvador
Raconte moi encor tes exploits au Grand Nord
Et puis tu éteindras …avant que je n’aie froid .
Parenthèse
Prisonnière consentante
D’une parenthèse ouverte
J’avance sur une ligne
De points en suspension
Que je ne sais terminer
Acrobate sans ombrelle
Comme en équilibre instable
Dans un espace rempli
D’ombres insaisissables
Que je tente de happer
Demeurant la vagabonde
Delà un chemin de ronde
Sans espoir de point final
Non plus du moindre fanal
Pour m’éclairer un instant
Une bourrasque de vent
Ou un éclair de plaisir
Viennent rompre et déchirer
Le silence ouaté
Renoncement d’un moment
Je le respire, le bois
Avec les yeux grands ouverts
Le poison me crucifie
Au gré de mes souvenirs
Des tendres secrets de soie
Cachés sous les primevères
De mon vieux jardin d’hiver
Reste toujours en attente
la parenthèse fermante..
Le moulin sans elle
C’était un vieux célibataire
qu’avait des airs de militaire
il habitait dans un moulin
où il faisait moudre son grainUne nuit de grosse tempête
une aile se brisa tout net
que faire d’un moulin sans ailes ?
s’écria -t -il priant le ciel !C’est alors qu’entra la fermière
piaillant comme dans volière
sa plus proche et jeune voisine
qui passait chercher sa farine :-Mais où sont donc passées vos ailes
s’écria toute émue la belle
elles vous protégeaient si bien
Monsieur mon cher et bon voisin ?-Hélas hélas je n’ai plus rien
je tourne en rond depuis l’matin
pleura notre célibataire
je suis sans but depuis hier-Si vous voulez je puis un brin
vous donner un p’tit coup de main
lui rétorqua la demoiselle
en sautillant comme gazelle-Avec plaisir, dit le grigou
se voyant le prochain chouchou
entreprit de s´faire bichonner
comme l’amour promis dans l’pré…Mais il n’avait pas tout prévu
l’accorte et gentille venue
ne voulait pas -telle une sole-
dev’nir meunière à la cass’roleEn geste et la mettant tout’ nue
car outre ses ailes , le nord
il avait perdu : c’est alorsqu’ il voulut la manger tout’ crue
Hardiment notre paysanne
illico lui colla calotte
n’ ayant rien d’une courtisane
releva presto sa culotteEn fit grand bruit jusqu’au chemin
de noms d’oiseaux et de rapaces
traita le meunier, de gredin,
et d’autres encor plus salacesDe l’histoir’ tout le voisinage
entendit bien longtemps parler
voire même bien davantage
jusque fin du mois puis d’annéeDon quichotte n’ y fut pour rien
Daudet n’ y mit ses pieds et mains
que pour entrer comme au musée
et y puiser quelques idéesAinsi le moulin vermoulu
finit détruit, puis fut vendu
un marchand qui passait par là
n’en fit qu’un tas de petit bois …Encore
Je veux profiter encore
pendant que mes doigts bougent
du moment présent
voir la pluie valser dehors
entendre siffler
la bouche du vent
une rose rouge
aux pétales séchés
entre deux pages du temps
Je veux respirer
l’odeur câline
des pommes sucrées
et celle du thé
infusant
dans la proche cuisine
de mon excentrique voisine
de palier adorant
ses petits plats mitonner
Je veux savoir que,
chaque soir
au clair de ma lune
dans le noir,
une main douce et opportune
ferme ce volet blanc
fatigué et geignard
claquant rituellement
vers minuit moins une
Enfin, au fond de ma chaumine
bien à l’abri
je veux pouvoir
espérer que la vie ,
un jour -très tard-
sur un air de Gershwin
ne finisse sans que j’aie
mes envies et souhaits
tous assouvis
[la galerie de Diane]Portrait N°3 les pleureuses
Parce que
Là..je m’ennuyais tristement
En parcourant quelques écrits
Maigres poèmes larmoyants
Rien pour ravauder mon envieEt que
Ne consultant plus que factures
Mon courrier, rien de superflu
Après café et confiture
Tout autre travail suspenduCar
La poésie ? Toute noyée :
Pluies de pleurs, pluies d’ors et de cire
N’en finissaient plus de couler
Tout en ne voulant plus rien direHélasJe ne rencontrais que NephtysToujours sur son navire ancréeEn prise aux peines et supplicesLe vague à l’âme bien encréOrDe l’ennui, naquit l’habitude
Du vide, le manque d’aiguillon
On ne lit pas sans lassitude
Les mêmes mots le même ton
DoncM’en fus guetter la fantasy
La joie de vivre en sabayon
Me réfugier en galaxie
Constellée de joyeux lurons ***Alors
Prenant ma plume, j’écrivis
Sourcil et petit doigt en l’air
Puis au travail je me remis
A la lueur des …réverbères !***mais finalement pas trop joyeux en ce moment[la Galerie de Diane] portrait n°4 : les masqués
C’était un grand théâtre à ciel ouvert,
Comme à Venise, un jour de carnaval
L’on y déambulait, masqué de pair
Et dansait, en chantant le madrigal.
Colombines et marquises gloussaient,
Faisant aux troubadours la révérence
Des princes perruqués flattés, riaient
Charmés par si profonde déférence.
Un soir de pluie, un vent vint à souffler,
Balayant la comédie au passage
Jupons, couvre-chefs, egos boursouflés ,
Et masques volèrent, cruels présages.
L’un après l’autre, danseurs et danseuses
D’étonnement en surprise tombèrent
Dépités de fin si peu glorieuse
A laquelle l’on ne s’attendait guère.
S’il faut une morale à cette histoire,
Elle est me semble- t -il compréhensible:
La vérité regarde le miroir
Et n’y voit personne d’irrésistible.
Entre deux
Entre deux
Que se cache t il
dans cet espace
un entre deux
une angoisse
ce blanc, ce vide, ce trou
cette petite place
dans un grand flou
un point d’interrogation
bloquant toute respiration
Un silence
sans patience
un entre -deux
mais entre quoi
un entre soi
sous le même toit
entre deux choses
sans osmose
entre deux chaises
mal à l’aise
entre deux mots
souvent de trop
et deux extrêmes
en carême
Entre une heure ou deux
y a t il un milieu?
dans ce triangle
des Bermudes
où l’on se perd
en solitude
peinant à créer
dans les lieux
un lien obligé
sans aucun feu
Liaison
sans passion
entre deux maux
à fleur de peau
entre deux êtres,
sans se connaître
Entre deux raisons,
sans rime ni trait d’union
entre eux deux c’est ennuyeuxConfettis de peine
Je pense et écris en français, voici donc un haïku à la française :
Confettis de peines
Les cendres de l’an passé
N’ont plus rien à direPoirot and Co.
Dédicace à notre admin Marc avant l’apocalypse !
Je suis fan de Poirot et de ses godillots
Ses nœuds très papillons et noirs chapeaux melons
Suis folle de Hastings, Capitaine en smoking
Impeccable costume en plein coeur de la brume
Duo très élégant, styles très différents
Mais follement « so chic » comme tout britannique
Or belge est Hercule, mais jamais ridicule
Quant au fringant Arthur, O my god quelle allure !
Châteaux tout en décors , de ladies et de lords
On les voient trottiner polis et raffinés
Atmosphère années folles, j’y ai mes idoles
Art Déco et cellules grises ….heure exquise !
Répit
Répit nocturne
Surgit d’abord le vide.
Cloque qui éclate de souvenirs arides
chevauchant un fil écarlate,
de résurgences épuisées
qui s’accrochent, s’étirent ,
se tordent, balayées
dans un ruisseau de soupirs .
Et un instant de répit
le silence qui suit
et sourit.
Vient la nuit qui protège .
La nuit qui couture et abrège
la vivace boursouflure,
jusqu’à la prochaine incision,
c’est à ce moment précis,
là, sous perfusion,
que se diffuse l’oubli.
Je deviens, enfin,
une Pénélope à gorge bleue
En parlant de ma Lorraine
Pour parler de ma Lorraine
Avec mes p’tits mots
Je voudrais rester sereine
Avec ces chameaux
Qui ne parl’ que de la plaine
De leur Cotentin dondaine
Ho ho ho
Couchers vespéraux …
Ils sont amoureux des vagues
Brumes et rochers
Du vent qui leur fait des blagues
Et les fait rêver
Pensent-ils une seconde
A tous les lorrains du monde
Ho ho ho
Qui n’ont qu’ leurs sabots !
Et tous ces lorrains du monde
Pour se prélasser
Hélas n’ont pour eau profonde
Et les faire chanter
Que la baignoire de leur blonde
Et ses mains qui vagabondent
Ho ho ho
Dans leur balnéo !
En parlant de ma Lorraine
Avec mes p’tits mots
Je n’attrap’ pas la migraine
J’entends les oiseaux
Qui dans mon jardin les graines
Picor’ et m’font souveraine
Ho ho ho
Viv’ les passereaux !
Pour parler de ma Lorraine
Je vais m’offrir une quiche
Bar de l’Hôtel de la Reine
C’est pas Utah’beach
Mais un peu la fêt’ foraine
J’ m’y prends même pour Diane Dufresne
Ho ho ho
A l’heur’ de l’apéro
Qu’il fit du vent
Dans la tiédeur du jardin aux lilas
s’évaporent des parfums malicieux
un vent subtil les emporte
en habille de tendres et vaporeux
sillages de falbalas.
La brise imprègne tous les alinéas
par virgules, soupirs ã chaque étage
odeur voluptueusement blanche
des fleurs perlées dans le feuillage
de mon cher et vieux seringa.
J’aime deviner et cajoler nos ombres
courir en fripons abordages
liés enroulés encordés
encroisés de branchages
étroitement tressés par la pénombre
J’aime sentir les étoiles à ma porte
cognant joyeusement la chamade
riant aux éclats d’éclairer
l’impudique amoureuse effeuillade
à travers l’obscurité nous suivant en escorte
Les astres attacheront notre halte
dénouant les jupons de la lune
sur son ciel septième perchée
elle voilera notre couche opportune
d’or de nuit et de bleu cobalt
C’est pourquoi vous comprendrez
que je prie Dieu souvent
qu’ Il fît du vent…
Le temps ( haïku)
le temps passe vite
et parfois ne change rien
il faut protesterDernier bal (Gogyōka)
Je ne sais pas ce que j attends
Du temps qui danse autour de moi
Il est un cavalier extravagant
Un pas en avant deux pas en arrière
Arrive l’heure du dernier bal
Le fil de faire
Au fil de la vie
bien souvent, j’ai souri
puis au fil du temps
défilèrent les ansLe long fil des jours
me rattrapa toujours
et au fil des heures
pleura, souvent, ma douleurDe fil en aiguille
suis devenue béquille
pourtant le fil de faire
consiste à ne pas se taireSur le fil du rasoir
j’eus peur de déchoir
mais un fin fil de soi
me retint grâce à toiLe fil du destinest parfois très chafouin
quant au fil d’Ariane
il te conduisit à…Tire tire l’aiguille ma fille
Impair et passe
Impair et passe …ou impasse et paire ?
Au fond d‘une impasse perdue dans la ville
Loin de Stanislas j’’aime mon exilDes arbres en deuil laissent à leurs pieds
Leurs robes brunes de feuilles froisséesRemplissant l’espace, veillant sur la rue
Ils font la grimace de se montrer nusTu me prends la main et non sans audace
Me chante un quatrain, je ris de ta grâce
Mon numéro neuf t’ ouvre grand les brasCe n est pas du bluff ni Wikipédia
Tu n’es pas obligé d’y resterNi durablement de t’y installerNe te reste qu’à aimer mon palace
Non, pas dans l’av’ nue , moi…c’est une impasse !Oiseau blessé (haïku)
L’oiseau dans ma main
tremble de toutes ses plumes.
j’entends son cœur battre
Nuit cruelle, nuit rebelle, nuit vautour
Qu’elles sont cruelles ces nuits, lorsque lavé
le fond de teint qui ne recouvrait qu’en surface
la journée , et en masquait les sombres pensées,
oblige, dès lors, à voir les choses en face
Tout ce que l’on espère taire au fond de soi
prend un malin plaisir à remonter de force
las.. si l’on veut croire que « ça » n’existe pas
rien à faire ..il faudra bien que craque l’écorce
Idées noires, doutes rongeurs, pis, assassins,
se verront croître et embellir sur l’oreiller
mille fois retourné en de nerveuses mains
sans parvenir à trouver la sérénité
Il faudra supporter jusqu’à l’aube en patience
pour qu’après un répit de sommeil agité
renaisse un semblant de prise de confiance
mêlant lueurs du jour et de lucidité
Jusqu’à la nuit prochaine, tous rêves absents,
la même punition reviendra, têtue,
remuer obsessions et ressentiments
nous laissant corps et âme vides , le coeur nu
Bus à impériale
Un anglais, élégant et bien mis, assis solennel et flegmatique,
se tenait impassible et stoïque ,
la main posée sur son parapluie.
En face une lady, l’œil chafouin, l’examine avec insistance.
Surpris, puis inquiet, il commence
à se demander pourquoi sa présence
Intéresse si fort sa voisine, et de sa main gantée étudie
toute sa personne , puis vérifie
sa tenue jusques à ses bottines
Remontant la main dessus son front il sursaute ..quelle histoire !
Oh my God! s’était levé, toisant Sir Edward
un sourcil d’ indignation…
Car, coupable inattention, dans l’échoppe spécialiséeen bottes, il avait oublié
son immanquable chapeau melon
Front et tête nus, de honte vert, il n eut point d’autre solution,pour éviter l’humiliation
que de descendre à Grosvenor Square !
Pourquoi pas
Depuis ma plus tendre jeunesse
Je cherche à comprendre pourquoi
Oui pourquoi veux- je donc sans cesse
Savoir ce qu’on n’explique pasPourquoi toujours chercher du sens
A toute chose et coetera
Faudrait-il que je m’en dispense
Refusant qu’il n’y en ait pasPourquoi ne suis je pas capable
D’admettre que les injustices
Soient quelque part envisageables
Au seul motif d’un bénéficePourquoi m’est-il inacceptable
De renoncer aux arguments
Empêchant l’esprit raisonnable
De lâcher prise sur le champ–Tu poses trop de questions –
Me répétait souvent ma mère
Ecartant les discussions
Dérangeant trop sa propre sphèrePapa, lui, faisait son possible
Et trouvait la bonne réponse
Pour m’être enfin plus accessible
Sans me passer une semonceVous, pourquoi êtes vous partis
Loin, sans moi , comme des voleurs
Pourquoi l’on meurt, pourquoi l’on vit
Pourquoi supporter le malheurMais vois, il se fait déjà tard
Ceci n’est pas très poétique
Ne suis pas dame Yourcenar
Ce n’est que vaine rhétoriqueViens , raconte moi une histoire
Un instant pour me faire rire,
Ou joue moi un air de guitare
Là, aide moi à m’endormir…Pourquoi pas ?
Coeurs de violettes
Il était d’un âge où l’on n’y croit déjà plus
La vie accorde aux blessures de sentiments
Ses pansements pour déchirures non voulues
Qu’elle recoud sur des corps presque sénescents
Le soleil de l’été s’invita de fanfare
Son regard avait croisé des yeux primevère
Tous sens ravivés, abandonnant son cafard
Il vit palpiter un chemisier entr’ouvert
Une Lolita en robe volubilis
Lui octroya quelques frôlements de satin
De la chair il sut le délicieux supplice
La lune pudique, rabaissa sa voilette,
Assez pour cacher leurs deux cœurs de violettes
L’amour n’a pas de loi pour vous prendre la main
Histoire d’eau
Un air de clapotis
de plus en plus précis alerte mon ouïeMais d’où vient donc ce bruit
j’écoute, m’ en approche, m’y voilà, j’y suisFichu radiateur
il m’a déjà fait l’coup du tuyau gaz-ouilleurUn filet de pluie molle
tombe sur mon tapis de livres couvre -solDans la bibliothèque
des gouttes d’eau rongent la tête de Houell’ becqAllons, tant pis pour lui
c’est de toutes façons un bouquin mal écritVite, mes doigts s’agitent ,
vite une serviette , vite stopper la fuiteAh zut, on est dimanche
je dois, sans le plombier me retrousser les manchesVoilà…plus de plic ploc
or voici qu’à la porte, j’entends un toc tocAu moins ne pleut -il plus
entrez donc, je vous prie très cher voisin LuluJe vous offre un porto
maintenant qu’à l’abri nous ne prendrons plus l’O !La dame de la côte
Mon Dieu, je suis bien mal fichue
Hier dans mon jardin j’ai chu
Un côte me suis cassée
Me voilà bien handicapée
Je geins et pleure à en mourir
Cabrel pourrait presque le dire ,
Ou comm’ dirait ma petit’ fille
Là, je suis au bout de ma vie
Pourquoi suis je allée à grands pas
A la poursuite de mon chat
Lequel pour cause de blessure
Sortir ne devait pas, c’est sûr !
Non, non, je n’ai pas fait les guerres
Ni aujourd’hui, ni mêm’ naguère
Je suis très brave dans la vie
J’ai pourtant fait l’amour aussi
Mais , chers amis, je vous en prie
Pour de la grande poésie
Ne comptez pas sur ma raison
Et mon greffier est en prison
Portes-fenêtres
Ils peuvent ouvrir ou fermer
se faire portes ou fenêtres
pour faire le bien ou mal-être
ils sont parfois des murs
comme des armures
avec lesquels on cogne
comme un bec de cigogne
ils sont armes ou amour
larmes ou velours
meurtriers ou câlins
bêtes ou malins
ce sont des chansons
remèdes ou poisons
il y a ceux qui font vivre
qui nous rendent ivres
d’autres qui tuent
tellement inattendus
ceux qu’il faut dire
ceux qu’il faut taire
et , selon le rôle
cela peut être drôle
ou cruel et loupé
car parfois caché
dans un regard , un sourire
ils y a ceux , enfin,
que l’on n’a pas su écrire
mais il n’est jamais trop tardpour ces mots,
oui ces quelques mots
peut-être les plus importants,
que l’on aurait dû dire
avant…Nos jeunes années
La pluie fine et tiède du soir
recouvre les rues de silence
c’est l’heure entre chien et loup
où tous les souvenirs vont boire
et se font loups-garous
mordant nos âmes en somnolence
Je pense au tableau noir de l’école
un chiffon a laissé en instance
des traces de craie en bâtons
mouillées de pleurs en auréoles
par dessus devoirs et leçons
et tant de soupirs d’impatience
Les saisons ont si vite passé
le soleil est en mode partance
et voyant notre enfance s’enfuir
l’été finit toujours par faner
trot tôt achevé et puis partir
avec nos souvenirs de vacances
La lune se couche, désabusée
en son déshabillé transparent,
les étoiles une à une s’endorment
reflétant inlassablement
les lueurs de nos jeunes années
et la couleur de nos bleus uniformes