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FILD

FILD
D’EOBB A BLEUE D’HELIX
sans oublier ROSE
Véronique ALLIX (A2L9)
Il s’agit de réunir ici,
FACE ET PILE DE MOTS = de la poésie écrite sur facebook
INCAS YE SUR L’OR ET YE = de la poésie issue de mes cahiers
LEURS AND MY TIME = ‘des poèmes à partir des leurs’
DEUX PARTS ET D’AUTRES = « des poèmes au fil de l’eau »
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Avec le soutien d’IGOR ET SES PREMIERS CHAPITRES
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Puzzle poétique pièce 1
Il y avait en moi, des traits qui partaient vers le haut, comme des bras et des bouées pour respirer dans l’eau et dans le cou, des galaxies, des oiseaux de paradis, une fleur aussi, elle tentait de retenir quelque chose, un équilibre je crois – et si elle n’était pas là, je tomberais tellement souvent, je serais si peu debout – un œil plus bas pour regarder la Terre sous mes pieds et des drapeaux pour voler et puis des traits en pointillés, pour donner du volume et de l’unité – je ne suis pas sûre pour les oiseaux de paradis, peut-être des hippocampes.
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Puzzle littéraire pièce 2
Dans la pénombre, je connais la vallée, c’est un effondrement, il y a cette clôture en fil barbelé qui n’a pas bougé, cette autre un peu plus loin que la futaie a brisé près de la rivière, cette vieille cabane de planches qui se remplit d’eau l’hiver, en contrebas, j’ai glissé, si brusquement, ma main n’a pas touché les racines ou les branches, dans la pénombre, une hauteur impressionnante, des sons qui ne remontent pas, je m’installe au premier rang, des couleurs se mettent à danser, j’ai marché dessus, des chevaux s’empilent, des acrobates se tiennent en équilibre et cet éléphant, ce visage en profil qui semble ne vouloir jamais tomber, je connais la vallée, elle est souterraine, elle a gardé les traces d’une géologie, des géodes bleues, blanches et rouges qui remontent à la surface avec les plis de la Terre, j’ai marché sur celle qui ouvre son ventre, je reste au premier rang encore un peu puis je remonte, dans la pénombre, la vallée n’est plus la même et je regarde tout alentour, tout est différent mais, je n’ai pas peur, la nouvelle année respire le merveilleux.
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Puzzle littéraire pièce 3
C’est juste une émotion qui passe, tu regardes les arbres, des navires arrivent, tu n’iras pas là-bas, c’est une bonne année mais, elle n’est pas faite pour toi, il tourne le soleil, il éblouit, faut pas pleurer tu sais, un hiver plus froid, l’eau sera glacée et tu pourras traverser, toi qui n’aimes pas l’hiver, il épousera ton émotion pour te marier, tu paries ma belle, c’est juste une émotion qui passe, tu regardes les brumes, des navires, pour San Francisco, pour je ne sais où en fait, c’est la première destination en tête, va savoir et puis zut, un coup de pagaie, je n ‘ai pas peur de toi, roule dans mon ventre autant que tu veux, je vais rouler avec toi, je serai crocodile, je serai pirate et je poserai ma patte et je poserai ma griffe et je poserai mon pied sur ta terre et je serai tienne et tu seras moi, ne t’en déplaise, tu seras mienne et je serai toi.
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Siffle et flotte
« Siffle et flotte
je siffle sous la flotte
les marches de pierres foulées sont glissantes
l’oiseau qui se précipite passe au-dessus de ma tête
mon pardessus est trempé
plus bas, l’Anglin se jette
un angle différent
j’ai peur de cette eau qui me remplit
je secoue les pieds
mes bottes en touche
je vais rentrer
mais la pierre de mes os est fragile
et je découvre le poids de mon corps
qui plante mon axe en rotation
mon regard se trouble
il pleut l’oxygène que le poisson adore
ses petits yeux
ses moustaches
je ne sais plus si je suis dessus ou si je suis dessous
à l’intérieur de moi ou à l’extérieur du monde
mes brassées
l’eau qui roule
le moulin, la truitelle et l’écrevisse
les souvenirs d’un château et d’un feu d’artifices
le vent dans l’embrasure
une marche qui servit de seuil
des cheveux longs
tout est bleu
et mes yeux hésitent entre l’oiseau et le poisson
si je rencontrais la matière entre les deux…
en attendant, je sifflote »