C’était un vieux célibataire
qu’avait des airs de militaire
il habitait dans un moulin
où il faisait moudre son grain
Une nuit de grosse tempête
une aile se brisa tout net
que faire d’un moulin sans ailes ?
s’écria -t -il priant le ciel !
C’est alors qu’entra la fermière
piaillant comme dans volière
sa plus proche et jeune voisine
qui passait chercher sa farine :
-Mais où sont donc passées vos ailes
s’écria toute émue la belle
elles vous protégeaient si bien
Monsieur mon cher et bon voisin ?
-Hélas hélas je n’ai plus rien
je tourne en rond depuis l’matin
pleura notre célibataire
je suis sans but depuis hier
-Si vous voulez je puis un brin
vous donner un p’tit coup de main
lui rétorqua la demoiselle
en sautillant comme gazelle
-Avec plaisir, dit le grigou
se voyant le prochain chouchou
entreprit de s´faire bichonner
comme l’amour promis dans l’pré…
Mais il n’avait pas tout prévu
l’accorte et gentille venue
ne voulait pas -telle une sole-
dev’nir meunière à la cass’role
En geste et la mettant tout’ nue
car outre ses ailes , le nord
il avait perdu : c’est alors
qu’ il voulut la manger tout’ crue
Hardiment notre paysanne
illico lui colla calotte
n’ ayant rien d’une courtisane
releva presto sa culotte
En fit grand bruit jusqu’au chemin
de noms d’oiseaux et de rapaces
traita le meunier, de gredin,
et d’autres encor plus salaces
De l’histoir’ tout le voisinage
entendit bien longtemps parler
voire même bien davantage
jusque fin du mois puis d’année
Don quichotte n’ y fut pour rien
Daudet n’ y mit ses pieds et mains
que pour entrer comme au musée
et y puiser quelques idées
Ainsi le moulin vermoulu
finit détruit, puis fut vendu
un marchand qui passait par là
n’en fit qu’un tas de petit bois …
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