Araignée de vigne qui tisse la lumière
En toile de ciré
Mon étoile de ciné ta taille guêpière
Caresse raisin rouge

Araignée de signes j’ai crié ton velours
Déchirant la page des suies
Lactescent triomphe des détours
Au roseau la défaite du chêne

Que peut le shaman chameau ?
A brouter le désert salle Carnot
Les jambes macramées
Elle ne sait dire mot

Araignée de silex
Les cocons sarcophages emmaillotés
Sont tes repas d’aubaine
Quand mon ventre s’ouvre

Araignée mon amie
Tu vis en mon crâne
en mes cavités
A sucer mon âme pour l’éternité

Araignée ma chérie tu sais les noms
Les viandes et les os
Que dessèchent les souvenirs
Poudre pemmican des jours maigres

Araignée mon tambour , mon tambour major
Ma chamade chemin, mon alcool des jours
Tes fils labyrinthes où je me tends
Sont chevelure d’aube

Araignée ma douleur au tronc creux
Détisse mes larmes métisses
Viens peupler mon suaire
Ouvrière patiente à dessin

Araignée mon bonheur
A quatre vingt lieues de là
Contre la fenêtre des émois
Quatre piqûres au bras


Commentaires

3 réponses à “Tes repas d’aubaine”

  1. Diane Lecomte

    Après le crabe tambour voici l’araignée tambour !

    Celle ci a visiblement envahi le cerveau de l auteur , qu elle retient prisonnier volontaire dans sa toile et ses fils de soi..
    A tout choisir , vaut-il mieux peut être une araignée qu un cafard ?

    Texte d’un lyrisme à l’exaltation fervente comme bien souvent.

  2. Ton poème déploie une poétique incantatoire puissante, fondée sur l’anaphore obsédante de l’araignée, figure à la fois maternelle, prédatrice, chamanique et mentale. La richesse métaphorique est indéniable : images organiques, minérales et rituelles s’entrelacent dans une langue dense, parfois somptueuse (« fils labyrinthes », « chevelure d’aube », « poudre pemmican des jours maigres »), donnant au poème une forte charge sensorielle et symbolique. Toutefois, cette profusion devient aussi sa limite : l’accumulation d’images et de registres (totémique, amoureux, douloureux, mythique) finit par saturer la lecture, au point que la tension se dilue et que certaines associations paraissent arbitraires. Le poème impressionne par son énergie et son imaginaire, mais gagnerait en impact par un resserrement, afin que la figure centrale de l’araignée conserve toute sa force hypnotique sans se disperser dans l’excès.

  3. Araignée savante, tisseuse de tout verbe,
    Tu files chêne et désert, cinéma, chamans.

    Pris dans ta toile on rit du piège,
    Car l’âme, même capturée,

    En veut encor,
    En veut encor.

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