Complètement zinclés / Macdommage

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Une carcasse de bois, d’alu et de verre dresse son orgueil au milieu du bitume.
Phare des zones commerciales, elle guide ma route et je viens m’échouer sur l’estran de sa grève.

Telles deux balises à l’entrée d’un port, un chevalet me conseille la prudence : sol glissant; un panneau me livre sa devise : la propreté d’abord .

Je poursuis jusqu’aux caisses. Un employé vêtu en chirurgien trie des emballages.
Tandis qu’il communique avec son boss par kit mains-libres, il m’indique du menton une borne interactive.
Après avoir payé par carte – l’argent c’est sale – je m’assieds devant une table rutilante
où j’attends mon maxi-best-of.

Déjà mon repas est posé devant moi : couleurs, carton, plastique sur plateau porté par des mains hygiéniquement gantées.

Tandis qu’au Bangladesh, Bodrul Alam nourrit ses mille vaches de soja transgénique, qu’à Dublin, Walter Scott estampille européens les quartiers de boeuf arrivés par bateau, qu’à Londres Harold Loyd vend en bourse des tonnes de minerai composé d’un peu de chair et de bien d’autres choses, je mords à belles dents le haché chaussé d’un pain brioché.

Mon repas terminé, je recycle cartons et plastiques, me lave les mains en observant avec intérêt la liste des heures de nettoyage.

Je reprends mon véhicule hybride.
La radio m’informe de la destruction d’un bastion de résistance dans une lointaine contrée.
Au centre de ma bourgade le dernier restaurant à la française appose sur sa vitrine : bail à vendre.

La merde propre avance.


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