Assis sur une banquette,
j’observe une poulette rousse entourée de deux coqs :
l’un rasé de frais, compagnon officiel dont elle n’a plus rien à découvrir;
l’autre, tout de plumes, propose des rêveries exotiques.
Le premier s’absente en laissant son verre plein, promesse de retour.
L’autre profite de la vacance pour déplacer ses ergots et la serrer de près.
Un rapace, en embuscade, les rejoint.
Poulette glousse.
Passent des figurants qui viennent exprimer leur considération.
Poulette folâtre. Et s’assure qu’aucune rivale n’approche.
Le caquetage des courtisans épuisé, elle cherche d’autres admirateurs et remarque mon attention flegmatique.
Par défi, la géline tourne négligemment ses genoux dans ma direction et fortuitement
écarte les cuisses un instant.
Puis les serre de plaisir.
Enivrée, elle se lève et se dirige vers un consommateur plus jeune, plus beau.
Plus ténébreux.
Se penche devant lui et jabote.
Tentative avortée par un téléphone importun. Le bellâtre se détourne.
Dépitée, Poulette fait volte-face et me tourne un dos accusateur.
Retour du compagnon.
Se calment les empressements.
Chacun reprend sa place.
Et revient le babil des verbes d’état.
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