Finale de Coupe du monde.
Visière sur l’oreille et langage de sourds-muets, des artistes nationaux assurent le spectacle d’ouverture.
Un acteur américain, rappeur de circonstance, affiche l’expression de sa bienveillance.
Pause pub.
Sorties WC.
Je commande une pression.
Pas fraîche.
Hymnes guerriers, chants patriotiques, bannières provisoires.
Un peu de nationalisme c’est bon pour la cohésion sociale,
mais dans huit jours vous remiserez vos drapeaux
pour ne pas être qualifiés de conservateurs passéistes.
Un jeune couple entre, précédé d’une poussette.
Les hurlements de bébé couvrent les cris des supporters.
Une ambulance, toute énervée, s’arrête devant le bar puis repart sirène hurlante.
Bébé a trouvé plus bruyant que lui et se tait.
Il me regarde avec curiosité.
Ma bière tiédit.
Bébé et les supporters, biberon ou chope en main, sont happés par l’écran de TV.
Les Frenchies marquent. Allllleeeezzz leeeessss bleueueusss !!!
L’ambiance est survoltée.
Les autres égalisent. Tout est à refaire.
Bébé entraine maman respirer dans la petite rue derrière
puis descend de sa poussette et revient à quatre pattes,
aspiré par la tension qui règne dans le café.
Mi-temps.
S’étirent les bras, se délient les langues.
Les prostates font la queue.
La pub inonde l’écran de nouvelles enthousiasmantes.
Ma bière pue la cervoise tiède.
Reprise.
Les culs se resserrent.
Les buts succèdes aux buts marqués par … leeeessss bleueueusss !!!
L’ambiance est survoltée.
Score : 4 à 1 pour la France, ça va le faire.
Les slips se détendent, les verres sont sales.
Fâché de ne plus être le centre du monde, Bébé s’est endormi dans sa poussette.
Maman, libérée, balance ses fesses entre les tables.
sous l’œil admiratif de son mari.
Les sexes relèvent la tête.
Sifflet.
Fin de match. Onagâgnêêêêê…
Les supporters hurlent leur amour aux … bleueueusss !!!.
Leurs adversaires tombent dans les bras des Frenchies.
Deuxièmes du monde pour un pays vingt fois moins peuplé,
ce sont eux les vainqueurs !
Les verres sont vides.
Les chaises délaissées.
Le barman fait ses comptes.
Derrière la vitre antiballes de la tribune d’honneur,
le Président se demande si ses réformes connaîtront le même succès,
lui qui aspire à devenir champion d’Europe.
Un bon bouquin m’attend à la maison.
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