Tu es là !

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Endormie.
Seule dans cette grande demeure.
Couchée en chien de fusil face à ma place inoccupée.

J’ai hâte de te rejoindre mais quelque chose me retient. 

Ce n’est pas de l’hésitation mais un émerveillement 
silencieux, douloureux et doux,
comme celui d’un homme qui revient enfin 
là où il aurait toujours dû être.

Doucement je me glisse dans l’espace désœuvré. 
Moi aussi en chien de fusil.

Ma dernière image ce sera toi.

Extrait d’Orphée ou l’amour après la mort.


Commentaires

2 réponses à “Tu es là !”

  1. Ton texte frappe par sa sobriété maîtrisée et son intensité contenue : phrases courtes, blancs, répétitions minimales installent un climat d’intimité grave, presque cérémoniel. L’image du « chien de fusil » fonctionne efficacement comme motif de vulnérabilité et de symétrie amoureuse, tandis que l’émerveillement retenu — plus que l’élan — donne au désir une profondeur existentielle. En revanche, cette épure frôle parfois l’évidence émotionnelle : certaines formulations (« mon cœur explose », « ma dernière image ») disent frontalement ce que le dispositif suggère déjà, réduisant l’ambiguïté. L’ensemble demeure toutefois juste, touchant et cohérent, gagnant sa force de ce qu’il choisit de taire presque autant que de ce qu’il énonce.

  2. Daniel Muller-Ferguson

    Esquisse fantomatique d’un éternel retour ?

    Ce texte a des allures de Cocteau…

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