Voici enfin venu le bout d’éternité,
Devant l’autel, dans le jardin des vanités,
Sous ma traîne déployée au fond de l’allée,
Un ange qu’effleurent mes doigts auréolés.
Sur le marbre où se conjuguent être et avoir,
Une bise soulève le voile d’un saule.
Au long d’un parterre de fleurs, mes jambes frôlent
Une chaise sur laquelle tu viens t’asseoir.
Ma vie est suite de dilemmes, de soupirs
Les flots montent et mon jardin s’en est froissé
Que même des verres teintés laissent passer
Des nacres balayées du revers d’un sourire.
De ma main ouverte s’échappe mon poignard.
Une bourre desséchée d’un vieux peuplier,
Comme une opale blanche tombée de ma tiare,
Est venu s’arrêter doucement à tes pieds.
Tes joues scintillent en silence devant moi
Devant l’autel, dans le jardin des vanités
J’ai tellement aspiré à devenir toi.
En te délaissant, je me suis assassinée,
Le goût de tes larmes encore sur la langue.
Laisser un commentaire