J’arrivais, il me voit et me reconnaîtra
quelques instants plus tard, attablée au café
devant un chocolat.
Nous nous étions connus un soir sur la Volga,
moi en villégiature et lui le batelier :
je tombai dans ses bras.
Il halait une barge et subissait sa loi,
tirant la bolozane en bourlaque attelé
hé, ho hisse ! les gars.
Mais dans le même temps il chantait la Volga
dans le chœur des marins, plutôt des mariniers
dont j’adorais l’aura.
À basses que veux-tu, sa voix m’ensorcela
il n’en fallut pas moins pour enfin succomber
à un si doux fracas.
Du coup sur ma platine un vinyle tournoie
de retour à Paris rue du Moulin-des-Prés
pour un millier de fois.
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