Auteur/autrice : Prune Fatôme
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L’ayatollah est mort
Le digne ayatollah est mort sans connaître le goût du porc. Il préfère tuer l’agneau et pendre ses enfants là-haut ! Car leurs corps au-dessus des rues à la flèche des grandes grues rappellent à tous les passants s’ils bougent ce qui les attend. Chacun rumine dans son coin contre les prédateurs quand point l’espoir…
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Les deux sémites
C’était un Maghrébin qui jouait de la flûte à Paris sur la Butte dans l’orchestre bédouin. Elle s’appelait Ruth, elle était Sépharade et chantait dans un rade pour des hommes en rut. Et donc tous deux sémites n’en déplaise aux coquins qui ne comprenaient rien au mot antisémite. Ruth et l’ami Djamel unirent sans façon…
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L’étoile filante
À peine avais-je ouvert les portes de la nuit qu’une étoile filante en frôlant mon jardin saupoudra mon sapin de mille et un sequins dont notre hérisson garde l’âme ravie. Je me souviens très bien m’être dit en moi-même la chance qui m’échut dans ce rêve éveillé d’avoir pu un instant ainsi m’émerveiller devant l’illuminé…
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Puttin’ On the Ritz
Quand le fourbe s’invite au souper des géants ; qu’il fourbit ses armes nourrissant son hubris, se croyant un héros qui va entrer en lice, il n’étale de fait que ses ressentiments. Alors moi l’Amazone ayant de son sein droit sacrifié à l’archère une pose guerrière, — son ancrage flottant, technique meurtrière — je refuse…
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Un air de bon aloi
Une brise marine embrumait le rivage et les pins maritimes floutant le paysage balançaient en leurs cimes les oiseaux de passage. Je marchais sur la grève en esquivant mes pas avec au bout des lèvres et malgré le noroît au gré de l’heure brève un air de bon aloi. Passé outre ma vie, ses souvenirs…
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L’or de la rivière
Cette rivière, dont le lit recouvert par une eau bénite, regorgeait d’or et de pépites bien assez pour toute une vie. Moi, l’orpailleuse de l’amour j’attendais que ma concession filtrât l’enjeu de ma passion à l’aune de mon cœur trop lourd. Et c’est sur la rive opposée que le gaillard, qui ratissait le même filon…
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Par la force du vent
Comme l’oiseau troublé par la force du vent sur la plus haute branche au faîte de l’ennui quand une aube transie effarouche le temps, une femme réveille un cœur endolori. La nuit fut agitée et Morphée se morfond d’avoir rêvé sa vie sans qu’il fût avéré qu’un démon personnel au feu d’un noir profond lui…
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L’appel du ukulélé
Et tout abord je n’ai pas cru Ce que mon ouïe entendait. Humour et musique apparus dans une joie s’harmonisaient. Et puis le ciel s’est coloré De mille teintes éclatantes Comme si des cordes pincées Y répondaient à mon attente. Une femme aux seins lourds chanta Accompagnée par des fantômes Que fleur à l’oreille hanta.…
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Errance
Après avoir erré sur des mers étrangères où ma voile faseye en recherchant le vent ; quand le mât de misaine aux abonnés absents m’empêche de rêver pour jamais à la terre ; j’aimerais que l’amour sur mon bateau corsaire regonfle la grand-voile et transporte ma coque parmi les goémons sans souci de l’époque qui…
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Un peu après l’aurore
Un peu après l’aurore je m’étais égarée ayant franchi le port sous la haute marée. Un soleil embrumé estompait le décor et la mer alarmée tirait sur nous des bords. Au loin l’île déserte comme un lieu de passage pour ma plume diserte enchantait le voyage. Et puis il y avait des animaux étranges postés…
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Manhattan Transfer
L’amour est éternel, du moins à ce qu’on dit, et pourtant c’est la mort qui règne sur la vie et petit à petit affirme son empire en traçant sur les corps les rides et soupirs. Heureusement la femme au sommet de sa gloire sans souci des enfants qui deviendront ses hoirs fixe toute beauté, et…
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Ce que j’aime en amour
Ce que j’aime en amour, c’est le vent du désert, le Bédouin ensablé sur son fier dromadaire, L’Atlandide rêvée, j’y suis Antinéa et toi mon Saint-Avit fuyant au Sahara. Ce que j’aime en amour dans la carte du Tendre, pays imaginaire à l’abri des Cassandre, royaume de coquetterie bien tempérée, c’est une allégorie qui m’aura…