Auteur/autrice : Prune Fatôme
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Le mûrier dans ma cour
Or dans la cour de ma maison pousse un roncier aux mûres mûres quand vient la fin de la saison s’offrant en bouche et sans murmure. Confiture, tarte et alcool — marronniers obligés d’automne — en sauvagerie fruiticole inspireront des vers aux gones ! Point de ces traboules chez moi, mais des chasses dans le…
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Vision pariétale
C’est alors que j’ai vu, de mes propres yeux vu ce qu’on ne voit jamais dans le regard des gens, la lueur infernale aux pupilles de sang qui semblent aveuglées par un éclat perdu. Cette vision d’horreur entachait l’horizon bouché par le chagrin de laisser aux enfants un monde déserté quand même l’éléphant ne barrit…
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Adultère apophantique
Plus tard, je découvris que cet homme avec qui je refaisais ma vie avait bien d’autres lits où il s’ébaubissait en compagnie de laies dans un petit palais au milieu des forêts. Et pourtant il m’aimait et ça je le savais : les preuves affluaient me procurant la paix qui sied aux sentiments de ces…
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Entre la poire et le fromage
La poire et le fromage un jour se disputaient, question de préséance aurait-on dit chez nous lors que l’ordre des mets dans le temps fut défait au grand dam du fromage entaché et jaloux ! Du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle il faisait la vedette à la fin du repas lors que poire juteuse aurait dit…
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Sur un air béatique
Je m’en irai tantôt chercher un avenir et troquer le réel contre un peu d’idéal, car tous les dictateurs qui polluent mon taqdir m’empêchent de rêver — aurores boréales ! Je ne suis pas gourmande et j’aimerais céans retrouver le parfum des fleurs énigmatiques poussant à la volée quand la flûte de Pan souffle dans…
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Espérance vespérale
Je n’irai pas plus loin dans votre pré carré où je me sens si seule à force d’espérer depuis le chant du coq jusqu’au cri du hibou retrouver le bonheur des joyeux sapajous ; sapajous capucins, nous fûmes je le crois dans la joie du Seigneur, lui qui mourut en croix pour répandre l’amour sous…
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Un coin de poésie
Il est un coin de poésie où l’on peut avec ou sans rime sur les chemins de prosodie marcher sans tomber dans la frime ! La nuit, des étoiles filantes laissent leur traînée lumineuse que notre lune rutilante traite d’irrévérencieuses ! Au milieu du bordel ambiant deux vers, une petite prose suffisent à mon cœur friand de…
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Saperlipopette !
Saperlipopette ! s’écria en goguette une femme mature autant que l’on peut l’être quand on voit un jeune homme si bien de sa personne souriant sur un banc. À qui souriait-il, cet éphèbe en péril devant une cougar maquillée aux longs cils en chasse du désir pour enfin atterrir dans les bras d’un amant ? Sur le…
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La femme oiseau
La femme est un oiseau à mamelles et c’est cela qui nous rend si belles ! Lorsque nous volons à tire d’ailes, les chasseurs peuvent se rhabiller. Des hommes exhibent leurs baloches ; nous, avec notre paire de loches, ironisons sur ce qui est moche si cela pendouille au déballé. Mais voilà-t-il pas qu’un fier coquin croit…
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Les billets doux
Et je courrai le guilledou jusqu’à la fin de l’été fou ! je t’enverrai des billets doux en plis cachetés à la cire. Je t’appellerai mon loulou à cause de tes cheveux roux et pour tes bottes dans la boue, nous ne pourrons pas faire pire ! Je cuisinerai au saindoux des plats à l’andouille…
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La danseuse nue est morte
Ce soir la danseuse nue est morte de froid, son ticket de métro au pubis dégarni l’emporta sur la ligne allant au paradis : elle n’effeuille plus son petit tralala. Et le nudiste est mort d’un cancer de la peau. Sa dermato pourtant l’avait fort prévenu qu’un trop plein de soleil expose les Culs Nus…
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Le béotien
Ce profane m’énerve et quand je dis m’énerve, c’est façon de parler pour ne pas en pleurer, car le béotien, de plus en plus m’énerve. Mais personnellement, de ces béotiens, je ne connais personne si ce n’est ce brave homme : on s’accorde à penser qu’il est béotien ! Béotien n’habitant pas la Boétie, n’ayant pas…
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Penser, rire et chanter
À force de penser, de rire et de chanter, je me sens éternelle et quand toute une nuit je me prends à pleurer, je me purge du fiel. Ma petite machine est ainsi bien rodée et me fait la part belle à cette ribambelle des choses de la vie en leur petiteté. Si une mouche…
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Un matin cet oiseau chantait
Un matin cet oiseau chantait, alors je l’ai accompagné en frottant avec mon archet les cordes du Stradivarius. Au loin la mer sur ses galets roulait son rythme lancinant et un poisson dans les filets jouait à la roulette russe. De vie, de mort, moi je ne sais combien de temps je l’attendrai, son corps…
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Les grandes marées
À peine avais-je ouvert la boîte de Pandore qu’un ouragan rasa la moitié de chez nous et de l’autre moitié on se demande encore ce qui rentra au port venant d’on ne sait où. Mais après le quinze août, il n’est pas étonnant que les grandes marées apportent tout leur lot de ces vents qui…
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Zita, tueuse née
Que les petits oiseaux par respect pour Zita lèvent une patte pour saluer ma chatte qui, elle, n’a qu’un vœu : fomenter l’attentat contre la gent ailée s’ils tombent sous sa patte ! Tu conchies les chasseurs et pourtant tu admires ce félin adoré ne pensant qu’à tuer pendant que tu chantes et pinces sur ta lyre…
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S’il pleut sur le jardin
S’il pleut sur le jardin et que tout reverdit, que le soleil enfin retienne ses rayons, les fleurs retrouveront un peu de leur exquis parfum qui embaumait jusque dans mon salon. La fraîche du matin, elle me revigore ; les gouttes de rosée perlant de toute chose sur mon déshabillé me colleront au corps pour…
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La souillon magnifique
Comme un coquelicot sur un talus pierreux, soleil épanoui et sans autres atours, la souillon magnifique arborait le fiévreux rouge de sa tenue, les pieds nus dans la cour. D’une femme l’autre j’admirais qu’elle fut sans souci de l’état où la plantait sa vie à la merci de l’homme enkysté dans sa vue et s’octroyant…
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Vous ne me croiriez pas
Et si je vous disais combien de fois j’ai vu pleine lune à midi et soleil de minuit ? Vous ne me croiriez pas ! Et si je vous montrais comment le chien-assis relève ma toiture tout en étant assis ? Vous iriez me traiter ! Et sur ce chien assis si un chat se…
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La belle Abbesse
La belle Abbesse avait du côté de Barbès ouvert une maison que l’on aurait dit close où pour des gars en rut elle exhibait des roses que l’amour tarifé y célébrait la messe, car une bourgeoisie préférait que ses hommes soulagent leur désir préservant la vertu des femmes comme il faut et qui plus est…
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Même les femmes pètent !
Même les femmes pètent — et ne vous en déplaise — elles sont de la fête pour siffloter à l’aise. Au temps béni du cassoulet, et de la potée auvergnate, un vent fétide se levait du Sud Ouest jusqu’à Ouarzazate ! Vénus callipyge, dont tout le bas des reins se courbe devant l’œil des esthètes-poètes, y…
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Le batelier de la Volga
J’arrivais, il me voit et me reconnaîtra quelques instants plus tard, attablée au café devant un chocolat. Nous nous étions connus un soir sur la Volga, moi en villégiature et lui le batelier : je tombai dans ses bras. Il halait une barge et subissait sa loi, tirant la bolozane en bourlaque attelé hé, ho…
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La fente de Vénus
Perdu dans la montagne au milieu des rochers la fente de Vénus sourit au promeneur de ses lèvres rosées, rhodonite veinée de noir, précieuse, humectée de douceur. Fort délicatement comme un spéléologue du voile minéral tu marches plus avant, une galerie s’ouvre en un tendre prologue vers une cavité qui dans l’ombre t’attend. Dépose ton…
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Sororité
Dans un espace-temps qui se couvrait de honte et que l’on définit comme étant d’un ailleurs où seules des femmes subissaient une tonte, je marchais tête haute et délivrée des peurs. Quand la sororité refuse que la mort alimente le feu — sorcières au bûcher — dans ce pays Baugeois où plus d’un clocher tors…
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Léon
Et contre toute attente j’ai trouvé le temps long pour remonter la pente qui conduit à Léon. Léon est un brigand recherché de partout, mais un bien bel amant, un Géo Trouvetou. Il farfouille mon âme et parfois un peu plus, une si fine lame quand en moi il se musse. Il me fiche la…