Au matin chiffonné
J’ai vu danser
les vagues séraphines
de ruisseaux libérés
au milieu des collines
J’ai vu se dessiner
des méandres d’étoiles
filantes ou aigues-marines
aux rives d’aubes fatiguées
J’ai vu pleurer des fleurs
si jolies si graciles
mourir le temps d’un été
devenues trop faciles
Un coquelicot avait survécu
usant de ses murmures
dans le champ d’à côté
au milieu des blés mûrs
Une bise cruelle
toute une nuit souffla
froide et sacrificielle
sur ses quatre pétales
Au matin fatigué
il n’en resta qu’un seul
il tomba le dernier
quand elle mit les voiles
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