Catégorie : Collection bleue
-
Il m’allume
Il s’allume et je m’anime de ce doux frisson intime qui apaisera mes vœux nous ne sommes que lumières qui s’appellent, ou se croisent, s’éblouissent sans barrières même en refermant les yeux Conversations clair de lune la nuit à chacun sa chacune raccommode le décousu je ne regarde que le mien le sentiment…
-
La rivière perdue
La rivière un peu folle charriait ses bois, débris de vie, branchages, depuis trop longtemps . Ils s’empilaient, engorgeaient les étroites issues du barrage, en noeuds enchevêtrés étouffants. Eau stagnante, prisonnière d’un cercueil tremblant sous les pierres, engorgée à ras- bord, une arcade pleurait ses fissures, inévitable lieu de noyade et de mort, prête…
-
Mon haltère ego
Elle est ma voisine , ma complice Je lui raconte n’importe quoi Des anecdotes , et tous mes vices Et elle s’en régale avec moi On parle, on rit, pire l’on jacasse Comme deux trop vieilles pies bavardes Pour ainsi dire vraiment bécasses De vive voix . Ou bien l’on clavarde Tout y est…
-
Prosodie in blue
Prosodie in blue Je pianote a tempo quelques notes de prosodie une montée un glissando entendezs-vous cette mélodie je la martèle crescendo Je voudrais que ma plume souffle mes voeux dans le vent et que volent jusqu’à vous en écume des triolets triomphants virevoltant dans la brume Je voudrais être l’héroïne onde diaphane…
-
Equinoxe
Dans l’étroitesse de son écorce l’arbre sec achève de brûler bombe désespérément le torse sanglote sa force emprisonnée La sève suinte et gonfle son bois injecté de marbrures nouées comme prisonnière d’un carquois cruel, qui la retiendrait figée Quelques feuilles privées de couleur vacillent ruisselantes, sans charme trop éclaboussées d’une langueur que l’orée de…
-
Fantaisie Québécoise
J’aime les chanteuses et chanteurs québécois les Dufresne, les Tell et puis les Charlebois toutes ces Diane qui ont – oui – de la voix et autres gens qui s’aiment , susurre Lavoie J’aime leur joie et leur bel amour de la vie de la langue française et de ses mots choisis de leur musique…
-
Grisaille
Un portail de brume Se referme sur un cri d’hirondelle. C’est jour de pluie Des morceaux de ciel Se décalquent sur le bitume. La grille du jardin et la clématite blonde S’embrassent sans pudeur sous les nuages. L’été s’accroche encore à la terrasse Il partira demain en voyage A l’autre bout du monde.…
-
Juste à gauche, sous la blouse
Tous ces adieux , que nous nous refusons à faire aux êtres à jamais envolés de nos vies, marques douloureuses au fer sur notre chair ces adieux agonisent sans fin en esprit Il faut, pourtant et encore, suivre la route seuls, irrémédiablement, avec nos peines et tous nos souvenirs encrés au compte-goutte qui…
-
Ombre chinoise
Ombre chinoise J’ai trempé ma plume paresseuse et un peu fatiguée dans l’encrier creusé de mon pain quotidien Elle glisse en arobase sur mes incrédulités, effleurant les paupières murées d’une ombre chinoise Une image s’impose, brise-lame obsédante écume, illusion d’un songe en évasion qui submerge mon âme L’empreinte est là, telle un…
-
Au matin chiffonné
Au matin chiffonné J’ai vu danser les vagues séraphines de ruisseaux libérés au milieu des collines J’ai vu se dessiner des méandres d’étoiles filantes ou aigues-marines aux rives d’aubes fatiguées J’ai vu pleurer des fleurs si jolies si graciles mourir le temps d’un été devenues trop faciles Un coquelicot avait survécu usant de ses…
-
Les étés finissent toujours
La pluie fine tiède du soir tapisse les rues de silence à l’heure plus chienne que louve où tous les souvenirs vont boire jusqu’à en assécher les douves mordant leur âme en somnolence Sur le tableau noir de l’école un chiffon , non son insistance a oublié craie et bâtons mouillés de pleurs en…
-
Nuit d’Août
Nuit d’août , nuit attendue C’est chaleur et topless Une étoile tire un trait Dans le ciel de ma rue C’était jour de paresse J’attends le souffle d’air Qui tournera ma page, Clore enfin les volets Sans ce trop plein d’images Sera mon atmosphère La lampe mandarine, Eteinte…
-
Fin d’été
C’est une courte nuit d’été. Le chat, l’araignée et les chenilles, engribouillés de chatouillis parfumés, s’entortillent dans la charmille, et c’est la fable de l’été, déjà prête à s’effacer. Le soleil, ensanglanté d’amour, colère cramoisie aux abords …
-
Thème astral
La lune et le soleil peuplaient ma galaxie ils se croisaient parfois au dessus de mon front astres blanc-bleu vermeil en toute orthodoxie coiffant mon toit de tendres révolutions Un mercredi , la lune à jamais s’est éteinte fatiguée de briller, disparue de mon ciel me laissa pour toujours ses…
-
Nancy au mois d’août
Nancy au mois d août En attendant qu’été se passe Sous son soleil tonitruant Suis confinée dans mon impasse À l’ombre de mes sentiments Les amis partis en vacances Je suis libre de mes soirées Et de n’importe quelle errance Pourvu qu’elle soit bien cachée Je lis, j’écris, je téléphone À des…
-
La force des choses
La force des choses* Ne m’apparait pas nécessaire afin de me sentir l’égale de l’homme ce grand animal que l’on m’ajoute un e en fin de chaque terme masculin J’oserais dire le contraire cet artifice de langage est mascarade et maquillage d’un statut qui n’a nul besoin de lettre de plus pour adjoint…
-
[la Galerie de Diane] portrait N°6 Le fier à bras
J’ai un très vieil ami qui me fait ,en confiance, souvent part de ses confidences, Ignorant que je connais bien, et c’est cocasse sa naïve maîtresse, ma voisine d’en face Qui, et c’est mon humble avis, subit trop asservie de ce triste sire les moultes duperies le bavard , se mettant en outre…
-
Evening at Tiffany’s
Evening at Tiffany’s Il se fait tard, sans que je m’en sois aperçue L’ombre du soir Habille peu à peu la rue J ‘écris, penchée dessous ma lampe Tiffany Des mots teintés A la couleur rouge rubis …
-
Duo de chameaux
Pensée du jour Vivre sans amour C’est traverser un désert Sans emporter d’eau Seuls les chameaux sont capables De tenter un tel pari
-
Je ne suis pas puritaine
En hommage à Marie-Paule Belle pour laquelle j’avais une grande tendresse, je remets ici un ancien texte.. Je ne suis pas puritaine quelle aubaine mais ça m’gêne car je ne supporte pas qu’en public on déballât ce qui est vulgarité au propre et au figuré Je ne suis pas très…
-
Sensations
Il n’est nulle tristesse qui ne s’évapore dessous un ciel si bleu que le soleil dévore entre les bras câlins des arbres centenaires là-bas, au diable vauvert, au pied du calvaire Il faut alors prêter garde aux petites voix et puis lever la tête bien haut sur la croix respirer le…
-
Rêve interdit
Je rêve quelquefois de pouvoir trop serrer un souple et fin cordon sous le col quarant’deux de quelque zébulon au menton dédaigneux Je rêve quelquefois de métamorphoser tous ces faux apollons un poil trop grisallleux en tendres papillons simplement amoureux Je rêve quelquefois que vienne se poser un baiser vagabond sur mon…
-
Volupté
Avant de s’enlacer tous les deux face à face Collés l’un à l’autre, le ventre en koala Peau crème cernant des yeux vert acacia On se respire dans une même interface Moelleusement emboitées, deux tendres facettes S’étalent sur lit blanc , d’où se dégage alors Tenace, embaumant jusque dans le corridor Une…
-
Fanfaronnade sans bravade
Je n’ai pas besoin que l’on me prête humour et fantaisie J’en suis bien nantie Je n’ai pas besoin que l’on voie que j’aime les anaphores Je dis oui d’accord Je n’ai pas besoin que l’on me prête quelque confiance J’en ai conscience Je n’ai pas besoin que l’on…
-
J’ai perdu mon réverbère
Hier soir mon cher réverbère À pris en plein cœur une pierre Sa vitre a volé en éclat Laissant au plus bas son état Hier soir mon cher réverbère À privé ma rue de lumière Plongeant ma maison dans le noir Et mes nuits dans le désespoir Hier soir mon cher réverbère S’est…