Cette nuit je me suis débarrassée de lui
il le fallait, il me pourrissait trop la vie
me suis réveillée en pleine crise de rage
tout m’était devenu clairement esclavage
De toutes ses photos j’ai rempli la poubelle
tous objets qui devaient effrayer les oiselles
papiers brillants et bruyant de son atmosphère
qu’il agitait sous leur bec avec savoir-faire
Au feu, grises fringues informes et vieillottes,
pour l’habiller -il avait des goûts de chiottes-
fort éparpillées dans un placard de la chambre
il n’avait rien à voir avec un fier sicambre
Il ira se trouver un autre paradis
alors que par égard à ses impérities
la cave plutôt lui eût été indiquée
et la prison fermée bien plus appropriée
J’ai pris le cadavre – oh il n’était pas exquis –
l’ai arrosé de quatre litres de whisky
depuis tout ce temps que je l’avais sous les yeux,
c’est en chantant que j’y allumai un grand feu
Ainsi donc disparut en nuage de cendres
toute honte bue j’avoue, n’avoir su comprendre
qu’à ce frêle épouvantail meublant l’horizon
j’avais confié impossible mission
Si l’on croit que son jardin est bien protégé
il n’est rien de tel qu’un joyeux épouvantail
alors s’assurer et à bien y regarder :
le tronc principal est colonne vertébrale
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