Dans la pénombre, je connais la vallée, c’est un effondrement, il y a cette clôture en fil barbelé qui n’a pas bougé, cette autre un peu plus loin que la futaie a brisé près de la rivière, cette vieille cabane de planches qui se remplit d’eau l’hiver, en contrebas, j’ai glissé, si brusquement, ma main n’a pas touché les racines ou les branches, dans la pénombre, une hauteur impressionnante, des sons qui ne remontent pas, je m’installe au premier rang, des couleurs se mettent à danser, j’ai marché dessus, des chevaux s’empilent, des acrobates se tiennent en équilibre et cet éléphant, ce visage en profil qui semble ne vouloir jamais tomber, je connais la vallée, elle est souterraine, elle a gardé les traces d’une géologie, des géodes bleues, blanches et rouges qui remontent à la surface avec les plis de la Terre, j’ai marché sur celle qui ouvre son ventre, je reste au premier rang encore un peu puis je remonte, dans la pénombre, la vallée n’est plus la même et je regarde tout alentour, tout est différent mais, je n’ai pas peur, la nouvelle année respire le merveilleux.
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