Il avait jeté une eau pure
Pour jouir, ivresse éphémère

Et pensant faire une coupure
D’une existence un peu trop floue
En oublier son doux- amer
Las le vieil alcool fut sans goût

Il n’y trouva aucun plaisir
La potion était trop fade
Lui prit une envie de vomir
Sans magie, pleine de pépins,
Désir foudroyant de noyade
Le tenta d’en finir enfin.

Une ultime soif d’eau-de-vie ,
Qu’il n’imaginait plus possible.  
Lors, lui fit retrouver l’ envie 
Inespérée, qui vint d’ailleurs
D’un bonheur cru inaccessible
Entraînant sourires et pleurs

Il suffit quelquefois d’y croire
Guidé par une bonne étoile
Près de la fontaine de vie :
Ne pas boire dans un ciboire
Dissimulé derrière une toile
Rempli du poison de l’ennui


Commentaires

3 réponses à “Alcool frelaté”

  1. Une thématique claire et cohérente

    Le poème se déploie autour d’un axe très identifié : la tentation autodestructrice, l’ivresse comme faux remède, la remontée inattendue vers un désir de vivre.
    La trajectoire est lisible, d’une ivresse amère vers une renaissance fragile mais réelle.
    Cette clarté confère au texte une solidité narrative — on comprend où il va.

    Un lexique symbolique efficace

    Les mots « eau pure », « ivresse », « potion », « eaux-de-vie », « fontaine de vie », « poison », « ciboire », « étoile » :
    le poème mobilise un ensemble de symboles classiques (vie / mort, poison / remède, profane / sacré), ce qui donne une dimension presque mythique au destin du personnage.

    Une sincérité qui affleure

    Il y a une véritable émotion, notamment dans des passages comme :

    « Une ultime soif d’eau-de-vie, / Qu’il n’imaginait plus possible »
    ou
    « Entraînant sourires et pleurs »
    On sent le vécu, l’expérience intime, peut-être l’aveu. Le texte touche parce qu’il ne singe pas la grande poésie : il parle avec simplicité d’un combat intérieur.

  2. Diane Lecomte

    L’analyse d’IEL IA est globalement assez bien vue. Merci.
    Ce récit a été en effet composé à partir d’un vécu , basé sur des confidences reçues.
    Seule la dernière strophe est une conclusion personnelle de mon cru
    incitant à une lueur d optimisme, c’est dans ma nature , signifiant en gros  » rien n’est jamais perdu »..

  3. Daniel Muller-Ferguson

    Dissimulé derrière une toile
    Rempli du poison de l’ennui

    Il faut rester éternellement attaché à celle qui, jamais, ne distille l’ennui…

Répondre à IEL IA Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *