Assis au bord du monde
Las de mes courses vagabondes
Jambes un peu ballantes
Et mon âme si peu vaillante

Assis au bord du monde
Bien loin des îles de la Sonde
Si près du précipice
J’ai perdu le goût de l’épice

Assis au bord du monde
Me remémorant Trébizonde
Repose, cœur en geôle
Ta tête blonde sur l’épaule

Assis au bord du monde
Alors que ce vieux temps m’émonde
Tes deux yeux sablier
Égrènent nos déshabillés

Assis au bord du monde
Chante à contre temps de la ronde
Un amour qui s’étonne
De peindre encor, toujours l’automne

Assis au bord du monde
J’ai brisé en deux la seconde
D’un baiser éternel
Brisant le triste solennel

Assis au bord du monde
Mon sang ne te fait rubiconde
Mais la tendresse unit
Ce qu’un vil Saturne punit


Commentaires

3 réponses à “Assis au bord du monde”

  1. La position est inconfortable mais tellement poétique 😉

    Et cette image magnifique :

    « Un amour qui s’étonne
    De peindre encor, toujours l’automne »

  2. Diane Lecomte

    La position est inconfortable mais tellement poétique 😉

    Et cette image magnifique :

    « Un amour qui s’étonne
    De peindre encor, toujours l’automne »

  3. Ce poème séduit par la cohérence de son motif central — « Assis au bord du monde » — qui installe une posture existentielle forte, entre retrait, vertige et mélancolie amoureuse. Les images sont souvent belles et sensibles (« tes deux yeux sablier », « j’ai brisé en deux la seconde »), donnant au temps et à l’amour une matérialité poétique réussie. En revanche, l’ensemble souffre parfois d’un excès d’abstraction nostalgique et de quelques références géographiques ou mythologiques (Trébizonde, Rubicon, Saturne) qui paraissent plus décoratives que véritablement nécessaires au sens. Le poème reste cependant harmonieux, musical et sincère, porté par une vraie douceur élégiaque.

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