Je veux profiter encore
pendant que mes doigts bougent
du moment présent
voir la pluie valser dehors
entendre siffler
la bouche du vent
une rose rouge
aux pétales séchés
entre deux pages du temps
Je veux respirer
l’odeur câline
des pommes sucrées
et celle du thé
infusant
dans la proche cuisine
de mon excentrique voisine
de palier adorant
ses petits plats mitonner
Je veux savoir que,
chaque soir
au clair de ma lune
dans le noir,
une main douce et opportune
ferme ce volet blanc
fatigué et geignard
claquant rituellement
vers minuit moins une
Enfin, au fond de ma chaumine
bien à l’abri
je veux pouvoir
espérer que la vie ,
un jour -très tard-
sur un air de Gershwin
ne finisse sans que j’aie
mes envies et souhaits
tous assouvis
Répondre à Daniel Muller-Ferguson Annuler la réponse