Deux célèbres mi-divas mi-anges
autour d’un cake aux fruits 
petit doigt sur un thé à l’orange
bavardaient comme pies 
plutôt que sympathiques mésanges
 
Jacasser serait plus juste grammaire
tant semblaient animés 
les sujets occupant leur dessert
cherchant à s’amuser
tout en clabaudant de concert
 
Passa un ténor de leurs amis
souriant avec grâce
tout en saluant ses deux amies
qui s’en alla prendre place
aux cotés d’une chanteuse finie

Lors quelle ne fut pas sa surprise
d’entendre dans la salle 
et dès ses premières vocalises,
pluie de douces et amicales  
marques d’une assistance conquise                
 
La chanteuse lançait moult oeillades
prodiguait compliments
au héros qui sous ses roucoulades
comme un adolescent
rosissait devant la pintade

Fini le concerto,
pour ne point paraitre impoli
envers la dolce soprano
il l’encensa, mais que ce fût dit,
elle manquait de vibrato
 
Nos deux amies outrées
par tant de gracieusetés,
en restaient ahuries,
provenant du ténor, leur ami 
encourageant la médiocrité
 
C’est ainsi que naquit 
au cours d’un merveilleux opéra
l’usage tout pourri
couvrant de fleurs de piètres divas
en échange de flatteries


Commentaires

7 réponses à “Les deux pies”

  1. Un poème qui ne manque pas de piquant. Les 2 pies sont réjouissantes et on aimerait bien connaître les modèles qui ont servi à en dessiner le portrait sans complaisance. Une lecture qui m’a emballée !

    1. Diane Lecomte

      Mon indulgence naturelle m’empêche de donner davantage de détails sur les oiselles qui ont inspiré ce poème, ayant figuré précédemment en un lieu que j’ai quitté !

  2. Une espèce de fable que j’aimerais dite par Fabrice Luchini. Je me suis régalé tant par la forme que par le fond. Rien à ajouter. Et hop !

    1. Diane Lecomte

      Diantre quel compliment ! Luchini, rien que ça !
      merci, et rien d’autre à ajouter que merci

  3. Eh oui ! Luchini !

  4. Daniel Muller-Ferguson

    Mieux que Lucchini, Luchino Visconti !!

    Il faut un metteur en scène grandiose pour ces deux pintades dont la figure m’est familière et racontée ici avec brio et tout juste ce qu’il faut de mordant !!

  5. Une bien amusante mise en scène. Parole de pies.

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