Ligne de fuite


Prisonnière consentante

D’une parenthèse ouverte

J’avance sur une ligne

De points en suspension

Que je ne sais terminer

Je marche sur un fil

En équilibre instable

Dans un espace vivant

Aux fantômes insaisissables

Que je tente de retenir

Demeurant vagabonde

Sur un chemin de ronde

Sans aucun point final

Ni le moindre fanal

Quelquefois un soupir

Une onde de vent

Un éclair de plaisir

Viennent rompre et troubler

Un silence cruel et ouaté

Renonciation d’un moment

Je la vis, la respire, la bois

Les yeux grands ouverts

Comme un poison crucifiant

Au gré des souvenirs

Et tous les secrets de soie

Cachés sous les primevères

De mon jardin d’hiver

Perspective sans fin

D’une floraison réduite

A une lente ligne de fuite 


Commentaires

2 réponses à “Ligne de fuite”

  1. Daniel Muller-Ferguson

    Une ligne de fuite sans perspective? Voilà un paradoxe où le dynamisme côtoie l’incertitude dans ce poème intime et subtil. La richesse sémantique y fait du langage un jeu perpétuel.

  2. Le poème déploie avec finesse une métaphore filée de l’instabilité et de l’inachèvement, où l’existence se dit en suspens, entre souffle et renoncement. L’écriture, fluide et aérienne, épouse bien ce thème par l’usage des images de fil, de ligne et de vent, créant une cohérence formelle appréciable. Toutefois, cette douceur mélancolique tend parfois vers une abstraction un peu uniforme, qui atténue l’impact émotionnel. La force du poème réside davantage dans son climat intérieur que dans la singularité de ses images.

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