Mourir

Je n’étais que quelque mots
Un corps défait de son poids
Une pensée défaite de son centre
Un point qui se détache
Et ne retombe pas

Pas d’air et pas de vent
Rien que la place du vide
Qui bouge doucement

Rien à quitter
Rien à atteindre
Un mouvement peut-être
Inconscient de lui-même
Sans rien à suspendre

Pas d’air et pas de vent
Rien que la place du vide
Qui bouge doucement

Plus de corps, plus de nom,
Rien à porter, juste
Un espace
Qui se rêve
Puis s’oublie

Pas d’air et pas de vent
Rien que la place du vide
Qui bouge doucement


Commentaires

12 réponses à “Mourir”

  1. L’administrateur

    Jade, bienvenue sur Constellation Poétique où tu es désormais auteur/autrice au sens de WordPress, ce qui te permet désormais de publier sans validation. Et bravo pour ce poème qui touche en plein coeur de la poésie !

  2. Diane Lecomte

    Bonjour Jade
    et bienvenue dans le site des poètes disparus !
    Mais pas pour y mourir !

  3. Merci beaucoup pour votre accueil chaleureux !

    Pas de souci, je compte bien ressusciter, ici ou ailleurs.

    Il y a déjà un précédent ! 😉

    1. Diane Lecomte

      Bigre…voilà ma curiosité poussée à l’extrême 😉

  4. Un texte où l’on entre doucement,
    sans bruit, sans posture,
    attentif à ce qui y nait.
    On en ressort simplement présent.

  5. De la douceur à la simplicité, merci pour cette visite, Charlie !

  6. Daniel Muller-Ferguson

    Se définir par ce qui est peu, ce qui n’est pas, voilà une approche poétique. Sur un sujet où le piège du truisme est propice, ce poème déjoue et enjoue…

  7. Merci Daniel pour ces mots !

    Imaginer l’instant de sa mort, c’est apprendre à se déprendre, de tout, progressivement.

    C’est ce qui nous attend tous.

    Cela nous permet de mesurer notre importance réelle.

    Leçon de ténèbres.

  8. Je me suis retiré dans ma tombe.

    Il n’est rien de pire, pour un mort, que la nuit.
    Si seulement nous pouvions dormir.
    Que faire sinon se raconter encore et encore.
    Nous sommes tous les narrateurs de notre existence.
    Nous tentons d’y trouver un sens, d’y ordonner nos
    fautes, d’y corriger ce qui ne peut plus l’être.

    Revient alors la même question : nos proches, quelle
    place avons-nous conservé dans leur cœur ?

    Extrait de « Orphèe ou l’amour après la mort ».
    Roman initiatique à paraître.
    ( Je fais ma com !)

    1. Merci Charlie !

      J’ai toujours pensé que l’opposition Vie/Mort est une vue de l’esprit.

  9. Ton poème impressionne par sa rigueur ascétique et sa cohérence formelle : la répétition incantatoire (« Pas d’air et pas de vent / Rien que la place du vide ») installe un rythme de déprise qui épouse parfaitement le thème de la dissolution. La langue est volontairement dépouillée, presque métaphysique, et certaines images abstraites — le point qui se détache, l’espace qui se rêve puis s’oublie — traduisent avec justesse une expérience-limite sans recours au pathos.

  10. Merci Marc pour cette analyse objective, parfaitement pertinente !

    🙂

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