Tes doigts sur le piano arpègent la résonance
D’une cage d’ivoire glacée d’oiseaux
Aux regards acérés du futile marié d’ennui
Ils chantent fauves et rauques
Les notes de toi
Tes cheveux mangeurs de lumière auréolent le vent
D’un mystère absolu rétif à l’entendement
Ils sont nimbes, immanents au désir de te vivre
Foison blonde d’herbes nées de la foi d’un peintre fou
Qui ne peindrait que toi
Le compas vertigineux de tes épaules éblouit ta stature
Du marbre dont les rois font tombeaux et les reines chapelles
J’y ai bu le miel de te prendre et la saumure de te perdre
L’amertume du regret est vivante au ventre qui pleure
Le vouloir de toi
Sur mes reins j’épanche le fantôme de tes hanches
A l’argile cilice impuissant de mémoire
Je pleure et j’implore en déchirant ma peau
La trace qui jamais ne se lasse
De te dessiner toi
Mais c’est ta voix le vent de mes jours
Mais c’est ton rire l’angélus de mes nuits
Mais c’est ton souffle vivant dans le toujours
Mais c’est ton cri la virgule de ma vie
En soie de toi
Ton absence même je la chéris en orpailleur usé
Je brûle mes yeux à te trouver dans chaque reflet
Que le temps m’accorde à tamiser mes rivières
Un parfum en reliquaire, musique eucharistique
De la foi de toi
Et toute l’ardeur de mes envies de toi me font un unisson
La symphonie inachevée renaît au désespoir infini de ce bonheur
Ce bonheur arraché au dépit, accouché dans l’écrit
Jarretelle posée sur mes souvenirs
de toi…
Laisser un commentaire