Mi-août, en terrasse.
Je regarde défiler les corps : la malbouffe a laissé des réserves pour l’hiver.
Quelques rares silhouettes échappent au syndrome, certaines continuent même
de provoquer le désir.
En voici une : perche à selfie dressée comme un étendard.
Filme-t-elle le marché, la mer ?
Non, c’est elle le sujet, le monde son décor.
Son image, multipliée, sacrée, intouchable, offerte aux réseaux pour exister
au-dessus du commun, jouir d’égo.
Mon café a refroidi. La fille à la perche a disparu.
Je termine mon atterrissage lorsqu’une paire de jambes qui arpente la rue
comme un compas m’adresse un regard encourageant.
Je jette quelques pièces sur la table et lui emboîte le pas.
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