L’ami d’Ali Baba

Oui, j’ai été l’ami d’Ali Baba. Il y a longtemps à Ispahan en Perse. Je me souviens que j’aidais Ali à couper du bois dans la forêt voisine. Nous revenions à la ville pour le vendre, notre cargaison chargée sur trois ânes du Cotentin que je lui avais offerts, trois quettons comme on disait chez moi dans la Manche, en Normandie, France. Car Ali était très pauvre et j’étais heureux d’alléger un peu sa peine. D’autant que son frère Kassim vivait richement, avaricieux et sans esprit de solidarité familiale.

Je serai bref quant à l’aventure extraordinaire à laquelle il m’a été donné de participer. On excusera le caractère solennel de ma narration, mais ce fut un des temps forts de ma modeste existence.

Bien. Quarante voleurs, une grotte, un gros rocher, la formule légendaire : « Sésame, ouvre-toi ». Et le trésor caché.

J’aide Baba à remplir de grands sacs de cuir. À notre retour nous organisons une somptueuse fête. Ali, en accord avec sa première femme, se constitue un harem qu’il me fait l’honneur d’inaugurer. Soyons clair, je n’ai connu bibliquement cette nuit-là que trente des cent filles qu’il avait achetées à leurs parents.

Mon ami avait invité son frère Kassim et ce dernier devint vert de jalousie. Il manda son épouse pour cuisiner celle d’Ali.

Le lendemain, le frère maudit se présentait à l’entrée de la grotte muni du code de ce que vous appelleriez aujourd’hui une carte bancaire.

Et c’est là que ma version de l’aventure diverge avec celle des Mille et une nuits. J’étais connecté à la NSA, en tant que membre plénipotentiaire de la CIA sur la proposition de Donald Trump que j’avais alléché par la promesse d’un week-end de folie au harem. J’apprends donc que les quarante voleurs ne passeront pas ce jour-là à la grotte et j’en déduis que l’infâme Kassim pourra se goinfrer sur le dos de son frère en or et pierres précieuses.

J’y vais donc seul et, quand il prononce la phrase magique, je lui saute dessus, je l’égorge comme un porc. Aussitôt sur Internet je balance la fake news suivant laquelle Kassim a été assassiné par le chef des voleurs.

Le lendemain je revisitai le harem, du moins les soixante-dix femmes qui hululaient de désir comme les trente qui la veille avaient déjà joui par tous les pores de leur peau adoucie dans des bains de lait d’ânesse.

Je repris l’avion vers la France, le train à la gare Saint-Lazare, direction Cherbourg, racontai un bobard à ma chère amie qui n’en crut rien, mais qui me demanda de l’honorer à son tour. Du coup, après avoir aimé une fois chacune des cent femmes du harem d’Ali Baba, pour me faire pardonner, j’honorai cent fois dans la nuit l’amour de ma vie.


Commentaires

Une réponse à “L’ami d’Ali Baba”

  1. Charles Jeanne

    Voilà un conte qui manque de sommeil.
    Tu dois avoir mauvaise mine.

    À propos, qui sont les 27 visites de cette fable que tu affiches en une nuit ?
    Viendraient-elles des trente épouses d’Ali que tu as honorées la première nuit, auxquelles il aurait fallut une journée pour se reposer de tes prestations ?

    En ce cas les soixante-dix suivantes pointeront-elles le bout de leur visite la nuit prochaine ?
    Méfies-toi que comme dans « Fiancées en folie » elles ne te poursuivent de leur assiduité.
    À ta place je prendrais le large.

    Tu vois, c’est la révolution, les épouses ont pris le pouvoir, elles te harcèlent de commentaires. Prends garde, tu risques des embêtements avec Me too. Moi aussi en m’exposant à t’écrire. Par prudence je préfère te répudier. Vade retro Marcanas !

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