Auteur/autrice : Marc Hiver

  • Le géant, ses fleurs et le chemineau

    Et soudain le jardin se couvrit d’une fleur aux pétales soyeux, duvet qui se hérisse sous la main d’un géant saillant de sa torpeur, un monstre troglodyte, habillé de pelisse. Moi je passais par là avec mon baluchon, chemineau de la vie sans projet de fortune, au cœur des Pyrénées du côté de Luchon quand…

  • La Merveille

    À la force du vent, j’ai contourné Ouessant, aux rayons du soleil j’ai mouillé à Marseille et je ne sais plus quand j’aurais séché Fécamp avant que l’avant-veille on revît la Merveille. Et le Mont-Saint-Michel nous a fait la part belle pour admirer sa flèche et éteindre la mèche quand la marée d’icelle à hautes…

  • L’étourneau

    Je suis un étourneau devenu un corbeau qui en est fort ravi aux quatre coins d’ici. J’étais un pélican qui a fichu le camp vers une autre planète où on aime les bêtes. Je serai un tatou joyeux comme un zazou planqué en Amérique au son de la musique. Mais je ne suis qu’un homme…

  • Mitzi

    Je l’aimais de partout et quand elle est partie un matin du mois d’août, fini le coq hardi ! Je la cherche partout surtout très loin d’ici, mais tout me semble flou depuis qu’elle est partie. Et quand je dis partout, sur toute galaxie elle me rendra fou même en vélo-taxi. Je vis loin de partout…

  • Dans l’eau de la rivière

    Dans l’eau de la rivière où jouit l’écrevisse ; dans l’eau de la marée où pêcher le homard perdu en l’univers au gré de la Matrice, fluidité partout ou du moins quelque part. L’écrevisse à la main, le homard au casier bleu quand il est vivant, rouge quand il est cuit offrent des mets de…

  • Coup de gueule

    Quel animal saccage son environnement se forgeant une cage où s’enfermer vivant ? Les hommes et les femmes, qu’on dit intelligents ont provoqué le drame et s’enferrent dedans. Ligaturons les trompes vasectomons les mâles et tarissant la pompe nous tairons l’animal. Que cette intelligence qu’on dit artificielle pèse dans la balance d’une joie matricielle. Un humain…

  • Revoilà mon utopie

    Revoilà mon utopie qui m’ouvre sur l’infini du bon, du beau et du vrai — et ce malgré qu’on en ait ! Si le paradis sur Terre me semble un peu terre-à-terre, ici-bas une presqu’île me préserve comme une île. Je rêve de Tatihou dans un beau rêve si fou qu’à jamais se réveiller peu me…

  • L’humour en berne

    Au risque de paraître un tantinet troublé par ce que l’on pourrait appeler un désastre je m’en vais de ce pas protéger les pilastres soutenant les linteaux de mon âme blessée. La petite boutique au cœur de la saison qui se pensait céans à l’abri de ses pins pour nourrir tous ces gens en leur…

  • French tuck

    Comme tous les matins, attablé en terrasse devant un café crème, observant le beau sexe, ces passantes pressées qui passent et repassent, je notai un détail me laissant tout perplexe. Les plus jeunes rentraient par un effet de mode le devant de leur haut dedans le pantalon et lâchaient au dehors un arrière commode flotter…

  • Jean le Bon

    Il était bon Jean, il avait les cuisses roses Du coup on l’appelait Jambon. Alors quand il prenait la pause Tout chez cet homme-là respirait le bon ton.   Un jour qu’il allait à confesse – est-ce possible ? Il entrevit une princesse Qui tenait en ses mains la Bible Et dont le jean lui…

  • Sur la route du détroit

    Sur la route du détroit sur la route de détroit y avait un pétrolier y avait un pétrolier et qui transportait et qui transportait, des tas d’barils des tas d’barils et qui transportait des tas d’barils pour faire rouler nos automobiles. Un Pasdaran vint à passer un Pasdaran vint à passer sur un beau drone…

  • Je pars en Cotentin

    N’en déplaise aux coquins qui baignent dans leur jus, je me bouge le cul, je pars en Cotentin. Là-bas dans ma datcha je pense au Potemkine, j’écoute Jean Ferrat et je conchie Poutine ! Plage de sable fin où tous les séraphins, toutes les séraphines dégagent l’endorphine. Ne le dis à personne qu’on y vit à…

  • Les ombres portées

    Après toutes ces nuits à combattre le feu en attendant l’éclair qui dévasterait tout par sa grêle de dards, j’ai compris tout à coup que les ombres portées ne portaient plus les cieux. Sur une couche humide où baigne l’insomnie les premières lueurs d’une aube qui annonce l’aurore et son soleil qui jamais ne renonce…

  • Un paradis

    Dans la joie et la bonne humeur je pense bien mourir un jour rejoindre les ratons laveurs dont j’ai toujours aimé les tours. Je me demande cependant — et je dis cela sans malice — au paradis, le restaurant, y mange-t-on avec délice ? Quant à la musique céleste, peut-on choisir une playlist et dans…

  • My way

    Du temps de ma jeunesse, j’étais un peu rebelle et faisais la part belle au droit à la paresse. Atteignant l’âge mûr, je devins économe, car dans la vie d’un homme il faut que l’on assure. Du temps de ma vieillesse, je m’en vais à la messe et même me confesse… si Dieu bottait mes…

  • Vanité

    Dans sa papamobile, il est heureux le Pape de bénir un enfant – qui du reste s’en tape – avant le décorum où il va célébrer une messe d’enfer en un stade bondé. Le Souverain Pontife aura coiffé sa mitre pour une liturgie dont on voit que les pitres se trouveraient hors jeu si l’envie…

  • Le fils du vieux pédé

    Le fils du vieux pédé n’avait jamais été homophobe. Le père le conçut — un soir qu’il avait bu — avec la mère. Disons à sa décharge qu’il partagea la charge de son fils. Père et fils s’adoraient et le fils l’appelait papa. Elle s’ébaudissait qu’ils vécussent en paix, la mère. Cette mère bichait quand…

  • Stargate

    À peine avais-je ouvert la porte des étoiles qu’une étoile filante éblouit mon chemin. La voie lactée propice à la méditation d’une constellation fit un chant poétique. Combien de galaxies ai-je donc traversées avant que de croiser une bonne fortune ? Ce champ d’astéroïdes dont je tairai le nom pulvérisa les rimes en libérant mes…

  • La jupe

    Une jupe ultra courte, peau blanche de yoghourt, je ne suis pas pervers, du moins j’en ai pas l’air ! À la station Denfert, une chaleur d’enfer, elle grimpe par sauts l’escalier du métro. Ne semblant pas bégueule, ce qu’il a de la gueule le boxer sous la jupe qui fait de moi sa dupe.…

  • Tabou

    Il aurait bien voulu coucher avec sa mère, mais c’était interdit. La consanguinité ! lui rappela son père, la loi d’exogamie ! Sur une application il trouva le sosie — en plus jeune, bien sûr -— de sa mère adorée, de sa Vierge Marie pourtant déjà si mûre. En tout bien tout honneur il épousa…

  • Le drone de Dieu

    Alors que je nageais sur mon lit de douleur par cette canicule, j’implorai le Bon Dieu pour qu’il fît la bascule, épongeant ma sueur. Le velux grand ouvert sur un ciel suffoquant ne laissait même pas filtrer un souffle d’air soulageant ici-bas une vie à l’encan. J’étais, il faut le dire, une vraie loque humaine,…

  • Chez Goulet-Turpin

    Je me cassais la margoulette en allant chez Goulet-Turpin acheter trois litres de vin afin de m’exploser la tête ! Le Qui tache du Postillon et celui de la Bonne Treille sur ma tronche faisaient merveille et me rendaient tout à fait con. Dimanche on mangeait du poulet avec sa botte de cresson et on…

  • Contrepet

    Il faisait beau et chaud. Je dirais même plus : il faisait chaud et beau n’en déplaise à Phébus. De grossiers personnages sur notre canicule ajoutaient tout en nage en avoir plein le cul. Mais cul et canicule, cela ne rime pas alors que testicule… et voili et voilà ! Quand les Dupont Dupond répètent…

  • La Chartreuse de Parme

    Si je devais un jour par je ne sais quel charme rencontrer in quarto la Chartreuse de Parme et qu’il me soit donné de déposer les armes à ses pieds arrosés de ma joie, de mes larmes ; Quand bien même Stendhal me dirait en personne qu’il faut être un peu ivre aux hospices de…

  • Le jour se lève

    L’aube se préparait pour un nouveau soleil afin que les abeilles entament leur ballet. En sa ribauderie un ribaud émergeait — et sans même un regret — des ombres de la nuit. Plongé dans sa cambuse le marin au réveil finissait de la veille un bon coup d’arquebuse. Cet amant épuisé par les heures galantes…