Le soleil s’est enfui,
camouflé pour l’hiver dans le coeur des enfants.
Et leurs châteaux d’Espagne
abattus par le flot
ne nous protègent plus du vent qui siffle et court
et glace sur le sable les derniers estivants.
Il prépare le terrain pour l’automne qui approche,
repousse vers les villes les serviettes et les chiens,
les rires et les rêves et le temps qui va bien.
Au sommet de leur mât, les drapeaux refroidis
claquent des dents.
Leurs toiles malmenées, leur devoir accompli,
sollicitent une trêve,
le temps de remiser dans les housses hivernales,
leurs fibres fatiguées par le souffle marin.
Tandis que le vent emporte vers l’oubli
les derniers résidus de la présence humaine,
la mer lèche doucement les blessures de la plage,
épuisée.
Deux ou trois lunes encore et elles retrouveront
l’harmonie qui unit ces lieux paradisiaques
quand les hommes n’y sont pas.
Jusqu’à l’été prochain.
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