Catégorie : charles – collection rouge 2025
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Les légendes boivent rarement seules
La pluie hésitait depuis une heure sans réussir à devenir sérieuse. Dans le bistrot de la mère Bœuckly, le cidre travaillait mieux que le temps. La salle sentait : le varech humide, la soupe ancienne, la laine mouillée, et cette chaleur fatiguée des auberges du Cotentin où les hommes viennent surtout vérifier qu’ils existent encore…
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Quand le manoir devint plus habitable que Mårkvar
Le Cotentin avait passé la nuit à déplacer le mauvais temps. Le crachin allait vers la mer. Le soleil hésitait dans les haies. Le noroît revenait régulièrement pour vérifier que personne n’était heureux trop longtemps. Mårkvar remontait lentement vers le manoir. Il tenait encore. Toujours penché légèrement du mauvais côté. Toujours construit avec cette confiance…
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Le jour où les pêcheurs retinrent la mauvaise version
Le Cotentin ne changeait pas. P’t’êt’ bien qu’oui … Sa pluie hésita entre deux intensités, puis choisit celle qui expliquait mieux la situation.. Le vent suivit les haies avec méthode. Même les flaques semblaient savoir où regarder. Mårkvar avançait vite. Par contrariété surtout. Derrière lui, Kåthrïn portait le sac des textes récupérés : trois feuillets…
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La mer garde ce qu’elle refuse
La mer avait rejeté quelque chose pendant la nuit. Personne ne savait quoi exactement. Le vent poussait du noroît par grandes rafales froides qui traversaient les clos, les manches, et les discussions. Le soleil apparut une minute entière. Les Aujårds commençaient à y croire quand la pluie arriva de côté pour corriger l’erreur. Mårkvar descendit…
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Le jour où l’eau prit le large
Le Cotentin s’était levé avant tout le monde. Il sentait l’eau froide avant même qu’il ne pleuve. C’était déjà suspect. Le manoir suintait légèrement par endroits utiles. Le feu fumait de travers. Quelque chose gouttait dans un seau qui n’avait rien demandé. Kåthrïn ouvrit un œil. — Il pleuvra quand ça aura décidé, dit-elle. Mårkvar…
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Le manoir recommença mal
Ils arrivèrent au manoir à l’heure humide où le Cotentin semble avoir été laissé dehors toute la nuit. Le toit tenait encore. Une fumée sortait de la cheminée, très mince, comme si le feu économisait ses convictions. Le chien descendit le premier. Il traversa la cour, s’arrêta devant l’auge renversée, la renifla longuement, puis regarda…
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Le casque
Le casque avait disparu d’une manière sérieuse. C’est-à-dire : sans témoin fiable, sans bruit. Les versions variaient légèrement selon les Aujårds, ce qui donnait immédiatement au problème une gravité raisonnable. Mårkvar fouillait la table depuis plusieurs minutes déjà. Le couteau. Le verre. Les runes. Une miche entamée. Encore le verre. Pas de casque. — Tu…
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Les runes boivent plus que les hommes
Le bistrot de la mère Bœuckly tenait debout grâce à trois choses : le cidre, le sel, et une poutre qui refusait d’admettre son état. La pluie tombait de travers. Pas beaucoup. Assez pour compliquer les fenêtres. À l’intérieur, les Aujårds buvaient avec prudence. La guerre était finie depuis plusieurs jours. Ou moins. Personne ne…
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Le refus qui tient
Au début, ce ne fut pas un refus. Ce fut moins. Un pas qui ne prit pas. Pas raté. Pas empêché. Pris ailleurs. L’Aujård avança. Ou plutôt : quelque chose avança en lui, et le sol ne suivit pas. Il posa le pied. Le terrain le rendit. Un peu à côté. Pas assez pour tomber.…
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Mårkvar aux soixante-quinze vetr.
Les dieux, là-haut perchés, ont repris la pétanque.Thor vise la Grande Ourse.— Alors, ce vieux Viking ? demande Loki narquois.— L’a troqué l’hydromel contre le jus de pomme,répond Odin moqueur en vidant son triskèle. Car Mårkvar, le gaillard, pille désormais les caves,fait des petits bâtards à ses alexandrins,du haut de son manoir, pipe au bec,…
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La Bataille prend
Elle était là depuis le début, mais elle n’avait pas encore décidé d’exister. Un Aujård se releva. Ou tenta. Son geste trouva sa position. Pas son corps. Il leva le bras. Pas haut. Pas fort. Juste assez pour que ça commence sans lui. — Non, dit-il. Mais le geste continua. Comme s’il avait été pris…
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La Bataille qui avait déjà choisi
Un Aujård leva le doigt. Il redescendit. Satisfait. — Qui a frappé ? demanda quelqu’un. Personne ne répondit. Mais un Koskvíkingar recula, touché par une hésitation très nette. Le sol absorba l’élan. Le rendit ailleurs. Le sable se tassa. Sans prévenir. Mårkvar chargea. Il arriva en avance sur un adversaire qui n’était pas encore là.…