J’ai rêvé cette nuit

J’ai rêvé cette nuit que j’étais admirable
et comme le lapin dont on vante le râble
je m’en vas de ce pas parchin me mettre à table
afin de vous narrer une si jolie fable.

Fourquette de Théville, une omelette au lard
avait rempli ma panse et malgré qu’il fût tard
un café arrosé fit de moi l’être à part
qui reprenant sa route avait un air hagard.

Au Hamel ès Ronches je pris l’autostoppeuse,
le visage d’un ange et nue sous sa vareuse
sans qu’il émanât d’elle une quelconque gueuse
si tant est que je fusse un bœuf, une macreuse.

Cette histoire insensée jusqu’à l’incandescence
d’un amour de folie dont le feu et l’essence,
au cœur du Cotentin où le corps se dépense,
y perdirent raison — je comprends qu’on me tance !

Ce rêve bien réel empreint de symbolique
me titille l’esprit et rend mélancolique
l’âme du pauvre hère en proie à la panique
de l’âne dans son pré reniflant le colchique.


Commentaires

3 réponses à “J’ai rêvé cette nuit”

  1. Charles Jeanne

    … dans les prés, fleurissent, fleurissent … bouhouhou, des enfantillages que tout cela,
    souvenons-nous plus sérieusement, puisque de dégustation il s’agit, de cette contine :

    Pour qu’aille l’omelette au lard, il faut que je m’épuise
    à lui battre le blanc pour qu’enfin je la cuise
    et la plonge toute chaude dans le fond de ma bouche
    et m’endorme avec elle dans le creux de ma couche.

  2. Diane Lecomte

    Ce rêve bien réel emprunt de symbolique…

    Non, il était empreint…
    Et aucune symbolique ne te l’empruntera 😉

    1. Merci pour cette « perle » digne du Canard enchaîné !

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