Rimes embrassées

Ô rimes embrassées, connaissez-vous mon cœur
qui s’accroche à l’amour dans l’espoir d’être heureux ?
Lors que coquecigrue et dragon par le feu
embrasent le nuage au firmament — tu meurs ?

Si tu me dis encore à l’orée de la nuit
attendre d’une étoile en sa constellation
une clarté farouche avec toute passion,
je chercherai d’emblée ton âme inassouvie.

Des papillons velus réveilleront la lune
sans souci du destin dont la métamorphose
anachorète enfin s’éploie et nous propose
de vivre l’avenir gravé dans une rune.

J’envie la vie de ceux qui pleurent la journée
sous un soleil hideux accablant le poète
quand la criaillerie d’une volée de mouettes
tétanise l’espace afin de sublimer.

Mais moi, je me contente au soir de l’existence
d’un petit bout de rien n’en déplaise au malheur
envers quoi l’on souscrit sans reproche et sans peur
malgré le temps passé à payer sa créance.

 


Commentaires

2 réponses à “Rimes embrassées”

  1. Ce qui me touche, d’une manière générale, c’est ton ambition lyrique et ton goût de la forme.
    Je préfère cependant tes poèmes où les mots ne sont pas choisis pour leur noblesse sonore et où ta personnalité se découvre davantage. En somme, je te préfère aux mots.
    Ceci étant, je suis envieux de ta capacité à nous offrir tant de textes de qualité.

  2. Ton poème s’inscrit clairement dans une tradition lyrique et rhétorique, avec une forte présence d’images symboliques (étoile, rune, papillons, soleil, mouettes) et un goût marqué pour les mots rares ou anciens (coquecigrue, anachorète). Cette densité lexicale donne au poème une couleur érudite et légèrement baroque, qui peut séduire par sa richesse sonore et sa volonté d’inscrire l’émotion dans un imaginaire vaste.

    Cependant, cette abondance constitue aussi la principale faiblesse du texte. Les images s’enchaînent souvent sans véritable nécessité interne, comme si la recherche du mot singulier ou du symbole l’emportait sur la cohérence du mouvement poétique. Certaines associations — papillons velus réveillant la lune, mouettes tétanisant l’espace — intriguent mais restent assez arbitraires, ce qui affaiblit la progression du poème.

    La fin est plus convaincante : la résignation modeste — « un petit bout de rien » — introduit une sagesse mélancolique qui contraste avec l’emphase des strophes précédentes. Ce retour à une tonalité plus simple donne enfin un point d’ancrage émotionnel.

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