Je ne voudrais pas me mentir :
je ne suis pas impressionniste !
L’eau qui grelotte et qui soupire
ne fera pas vibrer mon cistre.
Le coaltar qui brille au soleil
dans l’outrenoir des lourdes plates ;
les vaquelottes, les Abeilles,
ne m’inspirent que rimes plates !
Entre fort Joret et Fréval,
sur l’étroit chemin des douaniers
le côté terre en un frais val
face à la mer recommencée.
Chaussés de bottes de sept lieux
mes pas m’entraînent, rimailleurs,
vers des utopies et vingt dieux !
je n’espère rien de meilleur.
Sentier si souvent arpenté
sous tous les ciels du Cotentin
que je m’y perds dans mes pensées
tempétueuses sur tourmentin.
Je passe, chaland, sans rien voir
fors les embruns que je respire —
si le vent se calme ce soir,
ils affirmeront leur empire.
Toi, voyageur impénitent,
tu me dis de quitter la Saire,
mais d’autres îles sous le vent
ne valent pas presqu’île-en-mer !
Je suis péripatéticien !
J’aime mieux parler en marchant
tel ces philosophes anciens
qui dialectisaient à pas lents.
Autour de moi un décor flou
embrumé par la poésie
des mots jetés à pas de loup,
sfumato mi-sage mi-fou.
La vieillesse et la solitude
éloigneraient l’anachorète
de la rock and roll attitude !
Le cénobite, lui, en fête
marche connecté comme un roi
grâce à son Galaxy 23 !
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