Barde et histrion,
moi le thuriféraire ès poésies,
je reste mirmillon des vers
n’en déplaise à tous les sycophantes.

Vous les catéchumènes un peu naïfs,
épigones sans génie de leur maître,
ne seriez-vous pas un peu nécromants
dans l’art funéraire des lettres ?

J’en ai connu des coryphées,
des chefs de chœur patentés,
mais jamais leur posture hésychaste
ne firent d’eux des anachorètes !

Quant aux cénobites avec leur rime
les soirs de grandes embardées
— loin de tout hypocoristique —
ne s’embrochaient-ils pas à la queue leu leu
par des entrelardements couillards ?

Au glauque usé, mais à l’origine noble,
je préfère mes chausses de couleur smaragdin
quoiqu’une touche nacarat
sied à mon âme gorge-de-pigeon.

Le diacre errant, le gyrovague
— révérence gardée au bon saint Benoît —
se moque des énergumènes
qui au sommet d’une colonne
se prennent pour de fiers stylites !

Je prêche la simplicité
dans la tenue et dans les mots :
élégant comme Céladon
à la fin de l’envoi je touche !


Commentaires

3 réponses à « Barde et histrion »

  1. Original par le choix de son vocabulaire et sans aucun doute amusant pour son auteur.

  2. Diane lecomte

    Constat irréfragable.
    Je ne me montrerai donc
    ni amphigourique ni encomiastique
    Un barde se pare d alacrité
    Tout comme le berger de l’Astree

  3. Daniel Muller-Ferguson

    Marc Hiver c’est l’Achille Talon de la poésie.

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