Barde et histrion,
moi le thuriféraire ès poésies,
je reste mirmillon des vers
n’en déplaise à tous les sycophantes.
Vous les catéchumènes un peu naïfs,
épigones sans génie de leur maître,
ne seriez-vous pas un peu nécromants
dans l’art funéraire des lettres ?
J’en ai connu des coryphées,
des chefs de chœur patentés,
mais jamais leur posture hésychaste
ne firent d’eux des anachorètes !
Quant aux cénobites avec leur rime
les soirs de grandes embardées
— loin de tout hypocoristique —
ne s’embrochaient-ils pas à la queue leu leu
par des entrelardements couillards ?
Au glauque usé, mais à l’origine noble,
je préfère mes chausses de couleur smaragdin
quoiqu’une touche nacarat
sied à mon âme gorge-de-pigeon.
Le diacre errant, le gyrovague
— révérence gardée au bon saint Benoît —
se moque des énergumènes
qui au sommet d’une colonne
se prennent pour de fiers stylites !
Je prêche la simplicité
dans la tenue et dans les mots :
élégant comme Céladon
à la fin de l’envoi je touche !
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