Dans la tiédeur du jardin aux lilas

s’évaporent des parfums malicieux

un vent subtil les emporte

en habille de tendres et vaporeux  

sillages de falbalas.

 

La brise imprègne tous les alinéas

par virgules,  soupirs ã chaque étage

odeur voluptueusement blanche 

des fleurs perlées dans le feuillage

de mon cher et vieux seringa.

 

J’aime deviner et cajoler nos ombres

courir en fripons abordages

liés enroulés encordés

encroisés de branchages

étroitement  tressés par la pénombre

 

J’aime sentir les étoiles à ma porte

cognant joyeusement la chamade

riant aux éclats d’éclairer 

l’impudique amoureuse effeuillade

à travers l’obscurité nous suivant en escorte

 

Les astres attacheront notre halte

dénouant les jupons de la lune

sur son ciel septième perchée

elle voilera  notre couche opportune

d’or de nuit et de bleu cobalt

 

C’est pourquoi vous comprendrez 

que je prie Dieu souvent 

qu’ Il fît du vent…


Commentaires

2 réponses à « Qu’il fit du vent »

  1. Daniel Muller-Ferguson

    Le vent ici joue un double rôle dans ce poème aussi subtil qu’une estampe japonaise…

    Il est à la fois en apparence, un élément du décor, et une trainée magique qui entraîne tous les évènements.

    Il est aussi le pinceau qui sert au poète à créer son poème.

    Ce poème là a la souplesse, le plein et le délié d’un pinceau japonais.

  2. Le jeu dut plaire à l’ingénue
    Car à la fontaine, souvent
    Elle s’alla baigner toute nue
    En priant Dieu qu’il fît du vent
    Qu’il fît du vent.

    Ah ! Ce cher vieux Georges
    qui sut toujours parler des femmes –
    à défaut de les vivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

The maximum upload file size: 8 Mo. You can upload: image, audio, video, document, spreadsheet, interactive, text, archive, code, other. Links to YouTube, Facebook, Twitter and other services inserted in the comment text will be automatically embedded. Drop file here