Quelle chaleur dans ma datcha
quand ce matin et tout à trac
il a gelé sur la toundra
comme le temps devenait braque.
Dans ma datcha en Sibérie
la neige recouvrit le toit
et je vis sous les appentis
les réfugiés aux abois.
Mon fier chameau prenait des airs
et l’éléphant en restait coi ;
quant aux mésanges de misère,
elles craignaient un hiver froid.
Bien sûr un vieux rhinocéros
partageait sa philosophie,
ce qui réduirait jusqu’à l’os
le gros de son anatomie.
Des gnous qui n’auraient jamais dû
se trouver dans cette contrée
racontaient à l’ami zébu
une histoire un peu réchauffée.
Alors moi je me retirais
devant les bortsch et samovar
en savourant qu’il fît si frais
et que je fusse enfin peinard !
Comme le Docteur Jivago
en compagnie de ma Zita
qui ronronne fort tout de go
Je ponds des vers sous ma chapka.
Elle est loin cette canicule
sidérant les cellules grises,
vous serrant en ses tentacules
et empêchant de lâcher prise !
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