La rivière un peu folle charriait ses bois, débris de vie, branchages,
depuis trop longtemps . Ils s’empilaient, engorgeaient les étroites issues du barrage,
en noeuds enchevêtrés étouffants.
Eau stagnante, prisonnière d’un cercueil tremblant sous les pierres,
engorgée à ras- bord, une arcade pleurait ses fissures, inévitable lieu de noyade et de mort,
prête à s’effondrer en manque d’armature.
Un matin, elle céda, vomit son eau sale, empoisonnée elle explosa,
expulsant un reflux nauséal
Crachant ses boues ensanglantées elle s’effondra , lasse, si lasse de résister.
Le silence inonda son lit , tout fut détruit , le calme s’installa, plus aucun signe de vie.
Plus tard, elle reprit son cours, cette eau folle, par un chemin, secret, celui là ,
et débarrassée de ses entraves elle prit son envol.
Plus de tumulte,
pourtant
tout autour
plus rien
plus jamais ne s’apaisa
complètement
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