Catégorie : prose

  • o rages..

    Il n’est plus délicieuse délivrance Que ces orages tonitruants  Qui nettoient les jardins et les têtes  Le ciel devient ensuite si terriblement bleu Que l’on se prend à les espérer

  • Complètement zinclés / Chicken’s pub

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    Assis sur une banquette, j’observe une poulette rousse entourée de deux coqs : l’un rasé de frais, compagnon officiel dont elle n’a plus rien à découvrir; l’autre, tout de plumes, propose des rêveries exotiques. Le premier s’absente en laissant son verre plein, promesse de retour. L’autre profite de la vacance pour déplacer ses ergots et…

  • Alléluia de la femme ménauposée !

    Le temps passe, rien de rien, je ne regrette rien. Je fornique sans crainte au gré de mes amours, sans souci du lardon qui dès le lendemain épuiserait mon sein, faisant vieillir mes jours. Le tampax, rien de rien, je ne regrette rien, Tout ce sang, chaque mois, en un compte à rebours toujours recommencé…

  • Complètement zinclés / Café du malicieux

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    — Tu sembles fatigué !— J’ai mal partout de porter des vieilleries à la déchetterie.— Des vieilleries ?— Je vide la maison de mes parents.— Ehpad ?— Morts.— Ah… désolé.— Ils m’ont laissé un bordel … y’en a partout …— Une vie quoi.— … dans la maison et le jardin …— Mon pauvre !— ……

  • Complètement zinclés / Café des partageux

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    — Alors, cocu toi aussi ?— Comme toi. Ça pique, hein !— Surtout quand ta femme c’est une affaire. T’aurais préféré qu’elle reste même cocu ?— Vaut mieux être deux sur un bon coup que seul sur un mauvais.

  • Complètement zinclés / Bar de nos chers bourgeois.

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    Il pleut des cordes sur le port.Je me réfugie dans un bar, secoue mon Cherbourg trempé. — Un vin chaud, s’il vous plaît !— Tu m’en offres un ? Me lance un visage famélique au comptoir.— On se connaît ?— Ici tout le monde se connaît, on habite sous la même averse.— Je ne suis…

  • Complètement zinclés / Oasis café

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    — Patron, un autre !— Ça fait sept.— Je fête mes quarante ans !— Pas de femme pour ça ?— Dans ma famille, on est célibataire de père en fils.

  • Complètement zinclés / Macdommage

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    Une carcasse de bois, d’alu et de verre dresse son orgueil au milieu du bitume.Phare des zones commerciales, elle guide ma route et je viens m’échouer sur l’estran de sa grève. Telles deux balises à l’entrée d’un port, un chevalet me conseille la prudence : sol glissant; un panneau me livre sa devise : la…

  • Complètement zinclés / Café de l’église.

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    La messe finie, l’abbé traverse la place, s’assoit au comptoir et commande un Muscadet. — Meilleur que ton vin de messe, hein ? Pas de réponse. — On dirait qu’il n’y a plus grand monde chez toi, le dimanche. L’abbé tourne la tête vers l’écran où des chroniqueurs écharpent un type accusé d’anti-quelque-chose. Le temps…

  • Les réseaux asociaux

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    Dans l’univers virtueloù s’additionnent les outils,se dupliquent les réseaux. Plus ils prolifèrentet se conjuguent leurs combinaisons,et moins circulent des visions nouvelles. Y prospèrent surtout redites, plagiat et copié-collé. Si la matière intellectuelle disponible,même édulcorée, même censuréeest suffisante pour nourrir,durant des décennies,des échanges stériles, lorsqu’enfin dénaturée,elle aura définitivement perdu ses couleurs,les canaux apparaîtront pour ce qu’il…

  • Complètement zinclés / Café du marché

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    Mi-août, en terrasse. Je regarde défiler les corps : la malbouffe a laissé des réserves pour l’hiver. Quelques rares silhouettes échappent au syndrome, certaines continuent même de provoquer le désir. En voici une : perche à selfie dressée comme un étendard. Filme-t-elle le marché, la mer ? Non, c’est elle le sujet, le monde son…

  • Complètement zinclés / Chez Daniel

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    Au bout du comptoir, une vieille convertit en or ses minimas sociaux. – Tu vois, Daniel, la vie c’est comme un poulet. Enfant, tes parents te réservent le blanc. Adulte, tu te bas pour la cuisse. Retraité, tu te gardes les ailes pour offrir la chair à tes enfants. Vieux, il ne te reste qu’à…