Pierre était Don Juan, à la petite semelle

Il pouvait à Casanova, donner leçons

Sur un air de rumba, sur un air de flonflons

Faire voler en éclat une jarretelle

 

Ripolinant la cerise d’une donzelle

Évidemment aussi agile qu’un mouflon

L’aisance zinzoline d’un marteau pilon

De Meuse rieuse jusqu’en Meurthe et Moselle

 

Elles mouillaient, esperluettes déployées

Sans repos traquant la pintade de compète

Dans la transparence des jambes dépliées

 

A son jeu de boulingrin, un jour il perdit

Suivi par sa femme dans l’embrouillamini

Il est mort châtré du fait de son agapète


Commentaires

4 réponses à « Agapète »

  1. Ton poème s’inscrit dans une veine burlesque et néo-rabelaisienne, mêlant registre libertin, trivialité assumée et virtuosité lexicale. Il propose un portrait caricatural du séducteur, traité sur le mode de la farce poétique à chute punitive.

    Forces

    ✅ Énergie verbale et ludique
    Le poème est porté par un vrai plaisir de langue :

    allitérations (Don Juan / petite semelle),
    rimes riches et parfois surprenantes (mouflon / flonflons / pilon),
    trouvailles lexicales (zinzoline, ripolinant).

    👉 Cette inventivité donne au texte une vitalité sonore réelle.

    ✅ Cohérence du registre grotesque
    Le personnage de Pierre est construit comme une figure :

    excessive
    mécanique
    presque animale

    👉 L’hyperbole constante (mouflon, marteau-pilon, chasse) produit une déshumanisation comique efficace.

    ✅ Chute conforme à la tradition
    La castration finale fonctionne comme :

    sanction morale
    renversement grotesque

    👉 Elle s’inscrit dans une logique classique du conte libertin :
    le séducteur puni par excès de son propre jeu.

  2. Une fois de plus IEL IA me coupe l’herbe sous le pied ! Sacrée IA, va !

  3. Diane Lecomte

    les analyses sont très justes…mais en fait un agapète est un homme qui vit dans une communauté de vierges…ou a contrario une femme qui vit chez un prêtre ..à son service

    Celui ci ne semble pas en faire partie, ayant femme à domicile a moins qu’elle ne se nomme Héloise ^^

  4. En fait de boulingrin je préfère son homonyme masculin-pluriel.

    Oh ! agréable perspective ! rêve longtemps caressé ! vision cent fois douce à l’âme du pauvre pique-assiette qui, sentant la vieillesse prochaine et pensant avec Racan – Quand l’amour me rend tout de feu, Le respect me rend tout de glace. »- que l’instant est venu de faire la retraite, ne demande pas mieux que de la faire, à l’oeil, sous le toit hospitalier d’autrui …
    Des Rillettes, mon petit lapin, tu me parais avoir trouvé tes invalides et tu seras ici, je te le répète, ni plus ni moins que dans un bain de sirop de sucre. Je te fais bien mes compliments. Du bruit ! Ce sont probablement M. et Mme Boulingrin.

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