Répit nocturne

 

Surgit d’abord le vide.

Cloque qui éclate de souvenirs arides

chevauchant un fil écarlate,

de résurgences épuisées

 qui s’accrochent, s’étirent ,

se tordent, balayées

dans un ruisseau de soupirs .

 

Et un instant de répit

le silence qui suit

et sourit.

 

 Vient la nuit qui protège .

 La nuit qui couture et abrège

 la vivace boursouflure,

 jusqu’à la prochaine incision,

c’est à ce moment précis,

là, sous perfusion,

que se diffuse l’oubli.

 

Je deviens, enfin,

une Pénélope à gorge ​bleue

 

 

Adulte - ML146228651


Commentaires

4 réponses à « Répit »

  1. Daniel Muller-Ferguson

    Au delà d’un vécu douloureux, car ce genre de poème ne s’invente pas autre part que sur le lit de l’expérience, il y a une écriture chirurgicale. Elle puise sa force poétique dans l’image expurgée du symbole, froide et nue de vérité.

  2. Heureusement, heureusement, Daniel a pour d’incultes crétins comme moi la hauteur du propos qui convient.
    Je me contenterai d’être à genoux – à mon tour – devant tant de délicatesse.

  3. Ton poème propose une poétique de la fatigue mentale et du soulagement nocturne, où la nuit apparaît comme un espace de suspension, presque thérapeutique. Il s’organise en deux mouvements clairs : montée de la tension (images de déchirure, de mémoire douloureuse), puis relâchement dans un apaisement fragile. Subtil comme toujours !

  4. Diane Lecomte

    Merci à tous trois pour vos bons soins…relevez vous, je vous en prie 🙂

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