Avez-vous bien remarqué, chers poètes, mes bons amis
Combien nous applaudissons , de nos jours et même de nuit
Tout , quelle que soit l’occasion , pas seuls nos médaillés
Au grand jamais l’on n’aura tant claqué dans nos menottes
Me dis- je en mon for intérieur – oui c’est une marotte –
Regardant tout autour de moi et sur mon téléviseur
Jadis on applaudissait sans ambages un beau spectacle
Les artistes saluant . aujourd’hui on bruit sans embâcle
Aux mariages, ou lors des plus tristes enterrements
Les mariés comme stars de cinéma sont adulés
Le défunt ovationné, Bebel des jeunes années
Ou le grand Pavarotti sur la scène de la Scala
On les remercia -merci merci – depuis nos balcons
Dévouées infirmières et politicards au perron
Eux-mêmes s applaudissant, finale de Wimbledon
J’avoue, chers amis poètes , je trouve parfois déplacées
Et un brin bébêtes voire pleines d’incongruité
Ces marques de reconnaissances , en toutes circonstances
Quelle vieille toupie dépassée à présent ne suis je
Ne sachant plus apprécier ces mouvements de voltige
Hélas , plus de mon âge et interrogeant mon paysage
Non merci…ne m’applaudissez pas !

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