Carnaval est passé sur l’eau grise et rêveuse,
Les gondoles sont loin et Venise s’endort
Dans la brume du temps qui lui jette des sorts,
Le fard a disparu sur la rive amoureuse.
Le silence est tombé sur l’heure paresseuse,
Le flot boueux frémit en un ultime effort,
Il voudrait rire encore, il repousse la mort,
Mais trop lourde est la pluie à la face cireuse.
Les masques sont fanés, les murmures sans art
Ont remplacé l’orchestre et fait taire Mozart
Dans les grands salons bleus tout tendus de silence.
Ô tristesse infinie, ô pâleur d’Arlequin,
Il faut subir encor l’étrange somnolence
Qui plane sur la ville en son lit baldaquin.
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