Carnaval est passé

Carnaval est passé sur l’eau grise et rêveuse,
Les gondoles sont loin et Venise s’endort
Dans la brume du temps qui lui jette des sorts,
Le fard a disparu sur la rive amoureuse.

Le silence est tombé sur l’heure paresseuse,
Le flot boueux frémit en un ultime effort,
Il voudrait rire encore, il repousse la mort,
Mais trop lourde est la pluie à la face cireuse.

Les masques sont fanés, les murmures sans art
Ont remplacé l’orchestre et fait taire Mozart
Dans les grands salons bleus tout tendus de silence.

Ô tristesse infinie, ô pâleur d’Arlequin,
Il faut subir encor l’étrange somnolence
Qui plane sur la ville en son lit baldaquin.

 


Commentaires

5 réponses à “Carnaval est passé”

  1. Venise l’hiver dernier
    costumés de parures
    nous fîmes bonne figure
    mon nez et ma moitié,
    cette diva.

  2. Hier, dernier jour du carnaval à Venise, aujourd’hui merdredi des cendres.

  3. Du masque aux cendres,
    un seul souffle.
    Le tien.
    Le nôtre.
    Notre désir de vivre et de parler.

  4. Jugement IA :
    Ce poème séduit par la richesse de ses images et la cohérence de son atmosphère mélancolique, où Venise devient un symbole du désenchantement après l’illusion festive.
    La musicalité des alexandrins et la densité des métaphores (brume, masques fanés, pluie lourde) traduisent avec finesse l’épuisement de la joie.
    L’évocation de Wolfgang Amadeus Mozart réduit au silence accentue puissamment la rupture entre fête et vide.
    Plus globalement, le lecteur est ici confronté à une méditation vibrante sur le temps et la fin des illusions.

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