Passé
Tout à commencé
Par deux yeux verts
Deux yeux verts d’oiseau moqueur
En ce temps là le passé n’avait pas d’avenir
Rien que le feux du plaisir
Tout à commencé
Et tout était à faire
A faire sans reproche et sans peur
En ce temps là les saules ne pleuraient pas
Nos larmes se perdaient dans les bois
Tout a continué bon an mal an
Au gré des griffes et du vent
En a-t-on mangé du soleil… ?
Présent
Étrenne des noëls vengés
« Tu » as toujours été
Quelle que soit la saison mon plus bel été
Et le temps immobile se fige dans un marbre
Gravé de la profondeur de nos rides
J’ai eu une étoile dans mon épuisette
Sera mon épitaphe, écrit en lettre de cendres
Cendres conjuguées de fumée de blonde
J’ai cousu ton prénom au revers de mon cœur
Point de croix et de calvaire
Tu habites dans le velours de mon saxo
Tu es l’ombre attachée à mes pas
Même quand tu n’es pas là
Futur
J’ai le blues de demain, des futurs antérieurs
Quand on bois trop pour oublier
Qu’on n’y arrive pas
J’ai un horizon de papier
De papier à musique
J’apprendrai à danser avec toi
Même quand tu n’es pas là
Veuf des aventures de toi
Tu m’as donné assez de souvenirs pour mille ans
Pour mille chants, pour mille dessins
Vivante, même sertie de silence
Vivante à défier la science
Vivante à en crever
Imparfait
Je n’ai jamais été grand
Je n’ai jamais été fort
Je n’ai jamais été noble
Avec mon canif à contrat j’ai le confetti fugace
Renard à poulailler de conte médiéval
J’aurais voulu, tant voulu
T’épargner mes griffures
Il est bien temps, mon temps des regrets
Celui là il est mort, il est mort dans tes bras
Fusillé de tes mots moqueurs
Et je reste désemparé, séparé de mes moitiés
A chantonner le bon vieux temps
Le bon vieux temps où tout ne faisait qu’un
Plus-que-parfait
Ce temps là on l’a créé pour toi
C’est l’hommage de Malherbe
Au beau brin de fille
Il s’en est penché des muses sur ton berceau
A faire conjuguer comme en fable, esprit et corps beau
Car il t’en a fallu, du courage, à défier les dieux
Qui jouent avec le cœur des humains
En prenant leurs humeurs pour du Destin
Je me suis penché sur tes ruisseaux
A m’abreuver d’ivresse
Et je n’ai pas épuisé l’infini de tes mots
Mais j’ai fini de t’infliger des maux
On finit dans l’adagio d’une tendresse
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