Avec mon baluchon d’amour et d’idéal
j’avais repris la route escarpée et sauvage
qui mènerait tout droit au pays de santal
où le parfum se mêle à un tendre ramage.
Au loin, crêpés de blanc, des sommets de vertu
semblaient trop éloignés pour un être fugace,
mais moi je devinai — à ce qu’il m’apparut —
que c’était à portée de mon esprit sagace !
Le soleil se coucha et je vis mille étoiles
harmoniser leur feu afin que l’on saisît
que fait de chair et d’os il y va de la moelle
dont on crée l’humain libre en sa pure utopie.
Je revivais alors une folle genèse
faite de sentiments d’une âme sans contrainte
et pourtant solitaire et même mal à l’aise,
car je sentais en moi le début d’une plainte.
Lors, un petit bonhomme en sa rondeur exquise
sortant de nulle part, offerte aux quatre vents,
chanta sa mélopée digne d’un Heurtebise,
cet ange si propice à tout rapprochement.
La fusion totale y dura mille jours.
De nos corps en émoi jaillissaient tant de faim !
Du moins on y a cru jusque dans les faubourgs
de la Jérusalem céleste à toute fin.
Voilà, tu l’as compris, je devenais plus femme
dans une parousie à l’acmé de l’instant
suspendu au son clair d’une harpe où se pâme
l’innocence torride accrochée aux amants.
Depuis nous honorons pour repeupler la terre
la vive effervescence engendrant, infini,
l’ailleurs sans frontières et vesprée du tonnerre
transportant le midi au-delà de minuit.
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