Oui, toute la journée il avait fait grand frais ;
si glaciale la nuit quand je me réveillai.
La lune et la gelée irradiaient le jardin ;
le givre couvrirait les vitres au matin.
Le chat me rejoignit sur le tard sous les draps
me gratifiant déjà de ses tours d’apparat
comme seul un félin déploie ses sortilèges
en toutes les saisons, qu’il pleuve, vente ou neige.
Un feu triste dans la cheminée se mourrait
et, malgré ma robe de chambre, je pelais
de froid au risque, certes, je le sentais bien
de rejoindre la mort qui rôdait dans le coin.
Comme je souhaitais revivre le printemps
quand le corps se délie et que d’un cœur battant
une sève nouvelle a pénètré le bas,
mais aussi par le haut au hasard des frimas !
Le corbeau, imprégné dès sa sortie de l’œuf,
de ses pattes menues calligraphiait de neuf
sur la terre blanchie ses rêveries d’oiseau
et moi je commençais à jouer des appeaux.
L’armée des ombres fuit aux premières lueurs
D’une aube dissipant des ténèbres la peur ;
et alors en mon être une voix s’éleva
afin de lui donner, au poème, le la.
La brouette grinçait en rapportant le bois
qui sécha tout l’été au gré fou du noroît
dessous son appentis et, qu’aujourd’hui enfin,
des braises bienvenues voueraient à son destin.
C’est un ange qui passe et lors je me demande
si le côté obscur de ma vie se débande
au profit d’une joie qui glorifie mes sens
et surjoue en mon for poétique naissance.
Je marche sur les mains et d’un salto arrière,
lâche prise en mon douar, cette intime clairière
où je peux folâtrer à l’abri des regards
en attendant l’amour que j’espère gaillard !
Je veux le vent qui souffle, toujours, encor’ plus fort,
qu’il assène la pluie aux cris des mandragores !
Je veux de la tempête et geindre de plaisir
bien au chaud dans tes bras retrouvés où gésir.
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