Au commencement, la Mort régnait sur la Terre.
La Terre était stérile et de vie, point du tout.
Pas le moindre plancton pour nourrir notre mer,
et dans l’abîme froid rien qui fût un peu doux.
Alors, comme se réveillant du fond des âges,
la Mort dit à son serviteur du nom de Dieu :
je t’ordonne céans d’actualiser la page,
cette jachère qui flaire par trop le vieux !
Dieu s’exécuta, mais auprès d’un prestataire,
un simple ange déchu qu’on appelait le Diable,
qui se crut très malin, pour nous les pauvres hères
de réduire la vie en terme de comptable.
Toi, mon ami, pourquoi chercher sens à ta vie
prise en sandwich entre ces deux tranches de mort,
celle qui précéda et celle qui nous rit
au nez au bout d’un temps quand on arrive au port ?
Dieu, puis jésus, son fils, esclave lui aussi
de l’impériale Mort dirent en aparté
à l’humain en transit qu’il y aurait la vie
après la mort subie pour le réconforter.
Mais hélas ! cet humain, les mâles et femelles
prirent à mots comptés ce vœu illégitime
puisque seule la Mort ramassait à la pelle
l’humus et le compost de l’existence ultime !
Cette Bible apocryphe à moi fut révélée,
moi le barde de rien, ribaud dans sa géhenne
fors son honneur enfin de tout vous répéter
au risque, je le crains, de vous mettre à la peine.
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