Je frappe. Elle est seule. Tu ne rentreras que demain.
Je m’apprête à partir lorsqu’elle me dit : Entre !
Et nous nous asseyons, pour mieux rompre la glace,
Face à face.
Nous lançons quelques mots a bene placido
Une conversation, la première en duo
Et cherchons un sujet le plus neutre qui soit,
Nous parlerons de toi.
Quelques accords majeurs, une juste rasade,
Nous voici rassurés, plus besoin de parade,
Et pourtant dans mon cœur je sens bien que je suis
Embarrassé.
Mes yeux accompagnent le verre que je dépose
Sur la table qui me prive de ses jambes croisées
Dont ils n’avaient jamais remarqué la finesse
Et s’arrêtent,
Conquis par la puissance d’un fin carré de peau.
Un vertige me saisit. Elle remarque mon trouble,
Ses yeux embarrassés interrogent les miens,
En vain.
Je baisse les paupières pour cacher mon regard
Et mieux me concentrer sur ce festin de chair,
Puis je ferme les yeux pour en graver l’esquisse
Au fond de ma mémoire.
Elle est proche et je sens son parfum et l’inspire
Pour qu’il s’insinue au creux de ma poitrine,
Il enserre mon cœur qui s’emballe et s’affole,
— Jean-Marie !
Le désir s’agite au fond de mon abîme.
Il se hisse vers moi, il brise mes défenses.
Il renverse mes digues …
— Jean-Marie !!
J’ouvre les yeux.
Elle me sourit.
Et reprend le silence des mots pour ne rien dire.
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