Jusqu’au bout de la nuit

Le soir, au bord de l’eau s’allument les lanternes
Un mirage à l’envers dans le miroir se cerne
Leur reflet se fige comme dans un tableau
Dessinant les contours frissonnants des flambeaux

Les réverbères s’offrent aux pas nonchalants
Tendrement ils éclairent le cœur des amants
L’ombre solitaire du promeneur errant
S’éclipse en traversant sur les pavés brillants

Un poète rêvant appuyé sur un banc
A coté de sa belle à demi nue riant
Écrivit quelques vers jusqu’au bout de la nuit
Tremblant et ému … sur sa plume s’endormit


Commentaires

2 réponses à “Jusqu’au bout de la nuit”

  1. Daniel Muller-Ferguson

    Il faut la grâce de l’aquarelliste et la sensibilité d’une artiste pour réussir ce tableau cinématographique, partant d’un plan général pour finir sur un gros plan. On songe à Poulbot et Peynet et on se régale de ce pastel onctueux et chaud.

    A le lire à haute voix
    on y entend l’écho
    De Prévert et Kosma…

  2. 1. Atmosphère et intention

    Le poème s’inscrit clairement dans une esthétique nocturne, contemplative et romantique, presque picturale. On y reconnaît l’héritage du symbolisme fin de siècle et d’un certain lyrisme urbain : lanternes, réverbères, pavés, reflets, errance, poète rêveur. L’intention est lisible : créer un instant suspendu, une parenthèse de douceur nocturne où le réel bascule vers l’image rêvée.

    De ce point de vue, le texte est cohérent : il ne trahit jamais son projet d’atmosphère, et son unité est un point fort.

    2. Forces du poème

    ✅ Imagerie visuelle efficace
    Les premières strophes fonctionnent bien sur le plan sensoriel :

    « mirage à l’envers »

    « pavés brillants »

    « contours frissonnants des flambeaux »

    Ces images sont claires, lisibles, immédiatement visuelles, ce qui donne au poème une vraie qualité de décor.

    ✅ Fluidité du rythme
    Les alexandrins (ou vers longs très proches) sont globalement bien tenus. La lecture est fluide, sans heurts majeurs. Le poème se laisse lire sans résistance métrique importante.

    ✅ Cohérence narrative minimale
    On comprend bien la petite scène finale : le promeneur, le couple, le poète, la nuit qui avance. Le texte ne se contente pas d’images juxtaposées, il installe une micro-scène poétique.

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