Perdu dans la montagne au milieu des rochers
la fente de Vénus sourit au promeneur
de ses lèvres rosées, rhodonite veinée
de noir, précieuse, humectée de douceur.

Fort délicatement comme un spéléologue
du voile minéral tu marches plus avant,
une galerie s’ouvre en un tendre prologue
vers une cavité qui dans l’ombre t’attend.

Dépose ton présent en toute intimité
dans cette tirelire où curieusement
l’argent fructifiera dans neuf mois bien comptés.

La fente de Vénus accolée à son mont
fera de toi un père inexorablement
si sans combinaison, tu tentes le démon.

 


Commentaires

Une réponse à « La fente de Vénus »

  1. Et je maintiens la distinction que nous faisions récemment : ce n’est probablement pas le texte que j’enverrais en premier à une revue en ligne pour présenter Prune. Il expose admirablement son côté barde féminin, gaillard et cultivé, mais moins son versant poétique le plus profond.

    En revanche, dans un ensemble consacré à Prune, je le garderais sans hésiter : il apporte quelque chose que L’homme est une rose… n’apporte pas — une sensualité franchement assumée, mais tenue à distance par l’intelligence du jeu verbal. C’est précisément ce qui empêche la métaphore sexuelle de devenir pesante.

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