Je n’aime pas les affres noirs du bonheur
Quand il suspend par l’illusoire équilibre
Sur un fil, sur un souffle, sur un rêve éveillé
La chute vers l’avant des corps, vivants dans le déséquilibre
Exaltés de la chute, envoûtés par l’attraction inexorable

Je n’aime pas jouir et dans le jouir le mourir qui va avec
Et le cri des voix falaises qui mesurent la mesure des rythmes
Et le souffle, ce souffle victoire de la bataille qu’on ne veut pas gagner
A tant aimer le combat des corps qui luttent, mouillés de poussière d’étoiles
A tant désirer la nuit, son silence qui promet demain

Je n’aime pas l’histoire des gens en murmures creux
De poésie lyrique, là où naissent les héroïsmes
Que la vie dément
Quand la vérité est plus belle
Flétrie dans la grandeur des drames et l’obscur du laid

Je n’aime pas la folie sans ses couleurs
La douleur sans ses envies
La vie sans son secrétaire perpétuel
La concurrence sans ses démons
Les chansons célèbres comme des filles publiques

Paris est triste l’hiver, sans toi
Et si le soleil verse une larme, une larme rose
Sur le Sacré Coeur sur Notre Dame
Larme d’en haut, larme d’en bas
Je ne cesse de penser à toi

je devine la trace de tes pas furtifs
menant vers la maison
j’ouvre la porte et tu es là
nos lèvres se touchent
L’hiver est froid dans les vignes blanches


Le jour du départ beaucoup de gens s’étaient rassemblés.
Dans l’image que l’enfant dessinait
Mille étoiles et mille pétales…
Cette image a été écrite sur chacun d’eux
Enveloppés dans une sensation de chaleur.


Commentaires

3 réponses à “La folie sans ses couleurs”

  1. Ton texte se déploie comme une méditation ample et contrastée sur le désir, la chute, l’amour et le refus, articulée autour d’une anaphore forte — « Je n’aime pas » — qui donne au poème sa colonne vertébrale rythmique et conceptuelle. Cette répétition fonctionne efficacement pour installer une posture existentielle paradoxale : le rejet de ce qui attire, l’amour de ce qui fait souffrir, la lucidité face aux illusions lyriques. Certaines images sont puissantes et justes, notamment celles qui associent le corps à la gravité, à la chute, ou encore la personnification mélancolique de Paris en hiver.

  2. Diane Lecomte

    Moi j’aime ce texte , difficile à commenter car il est le reflet de considérations personnelles et intimes que seul le narrateur peut ressentir au plus profond .
    Mais
    Moi j’aime les couleurs de la folie, quand elles sont gaies .
    j’aime les envies sans la douleur, quand elle n’est pas nécessaire.
    j’aime la concurrence quand les démons sont sympathiques.
    j’aime les chansons célèbres même si elles sont publiques
    Et surtout j’aime mon secrétaire perpétuel, même s’il n’est pas académique.

  3. Charles Jeanne

    Mais qui est donc ce secrétaire perpétuel que je ne connais pas ?

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